« J’aime regarder les filles » : ah si j’étais riche

affiche-film-j-aime-regarder-les-fillesPrimo, fils d’un fleuriste de province, s’infiltre dans une soirée de jeunes héritiers et y a le coup de foudre pour Gabrielle. Au lieu de réviser son bac, il alterne petits boulots avec son voisin de gauche et dîners avec ses nouveaux amis de droite…

Movie Challenge 2020 : un film dont le titre est issu d’une chanson

J’étais très contente de cette nouvelle catégorie pour le Movie Challenge, mais quand il a fallu trouver un film qui y corresponde, je me suis rendu compte que ceux que je n’avais pas vus n’étaient pas si nombreux (je vous glisse quelques idées au passage de films que j’aime bien : Il y a longtemps que je t’aime, Toute première fois, Thunder Road, Les bêtises, Elle l’adore, Le premier jour du reste de ta vie…).

J’ai donc choisi J’aime regarder les filles, du titre d’un morceau de Patrick Coutin de 1981 (dont on entend un extrait dans le film). J’avais déjà repéré il y a quelques années l’unique long-métrage de Frédéric Louf, qui se place dans la filmographie de Pierre Niney entre son très chouette petit numéro de barman dans Les Neiges du Kilimandjaro et son rôle plus marquant dans Comme des frères (le film qui me l’a rendu plus sympathique).

Ici, le jeune acteur (22 ans à l’époque) incarne un lycéen qui s’apprête à repasser son bac mais semble, bien que passionné de littérature, surtout intéressé par la découverte de la vie d’adulte. Classique coming of age dans son sujet principal, les relations amoureuses tumultueuses du jeune homme entre Gabrielle (Lou de Laage, qui a un faux air de Léa Seydoux dans ce film) et Delphine (Audrey Bastien, jolie confirmation après son apparition dans Simon Werner a disparu), le film joue d’une humeur assez rimbaldienne ; « on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans », avec toute l’ironie que cela comporte. Autrement dit, si Primo n’est pas très sérieux dans ses études, il prend très à cœur ses histoires romantiques.

Surtout, la rencontre avec Gabrielle et ses amis, d’une part, et avec le voisin Malik (Ali Marhyar) d’autre part, est l’occasion pour Primo de prendre conscience de son statut social et de tenter de s’en dépêtrer. Tiraillé entre une famille plutôt à droite et modeste, des nouveaux amis très riches et très à droite, et son voisin de gauche issu de l’immigration, Primo tente tant bien que mal de trouver sa place sur l’échiquier politique. La retranscription de l’élection de Mitterrand rappelle Des lendemains qui chantent dans la jolie reconstitution d’une époque où l’on croyait que l’élection d’un président socialiste pouvait tout changer. Mais ici on est tout de même moins dans l’analyse collective que dans un parcours individuel, qui s’appuie sur les élans inopinés de son protagoniste pour nous surprendre et tenir le rythme.

Le résultat est un film hybride entre chronique d’entrée dans la vie d’adulte, romance référencée (On ne badine pas avec l’amour) et critique sociale, qui créé quelques années plus tard aurait sans doute davantage creusé la question des modèles de masculinité à la façon d’un Mes jours de gloire. Sans prétention comme la chanson qui l’inspire, ce film m’aura fait passer un bon moment grâce à son charme juvénile.

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3 commentaires sur “« J’aime regarder les filles » : ah si j’étais riche

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