« Féminine » : quand elle était soldate

couverture-livre-feminineEmma Linarès est insatisfaite de son quotidien et décide de s’engager dans l’armée pour vivre l’aventure. Mais quelque chose cloche et la jeune femme se demande peu à peu si elle ne s’est pas trompée de voie…

On ne peut pas dire que le sujet de ce livre fasse vraiment partie de mes thèmes de prédilection, mais quand je l’ai gagné lors d’un pique-nique organisé par Babelio, j’ai été plutôt contente. En effet, connaissant une amie qui souhaitait s’engager, cela m’intéressait de lire un témoignage de la vie d’une femme dans l’armée. En réalité le livre est présenté comme un roman, mais sachant que son auteur a elle-même effectué plus d’un an sous les drapeaux, j’ai eu l’impression de lire une version romancée de son expérience plus qu’une œuvre de fiction.

Je ne sais pas à quoi je m’attendais en débutant ce livre mais j’ai été rapidement assez déçue par le récit. En fait, j’ai trouvé l’ensemble très répétitif, ce qui n’est pas très étonnant vu le sujet. Le quotidien des aspirants soldats est plus ou moins le même qu’il s’agisse de préparation militaire, de cursus à l’école de Saint Cyr ou bien du quotidien de la jeune lieutenant dans son régiment d’affectation. Toujours les mêmes épreuves physiques (de la course, de la marche, avec des gros sacs, dans des conditions difficiles, du tir, des mises en situation dans de faux villages ou de vrais marécages), les mêmes heures de théorie où des soldats expérimentés délivrent leur savoir sous forme d’interminables laïus, les mêmes rituels comme le déjeuner à l’ordonnance.

J’imagine que la façon de raconter ce quotidien redondant contribue à faire sentir au lecteur le décalage entre les rêves d’Emma, qui pensait aventure, voyage, adrénaline, et la réalité à laquelle elle se confronte : l’ennui, les taches abrutissantes, l’épuisement. Mais le lecteur aussi s’ennuie face à ces descriptions, en dépit de passages plus intéressants de réflexion sur les raisons qui poussent un homme (ou une femme !) à accepter de donner sa vie pour sa patrie, par exemple.

Dès le départ, on se doute de la façon dont cette expérience va se terminer. Si la « féminine » Linarès se demande à plusieurs reprises si elle sera à la hauteur de ce que l’institution attend d’elle, on a plutôt envie de lui crier, vu les taches qui lui sont attribuées et le portrait qu’elle fait de ses collègues masculins, qu’elle vaut mieux que cela. En tout cas on sent en elle des capacités de réflexion et des dispositions intellectuelles différentes des qualités requises pour être militaire.

Je reste donc sur ma faim avec ce livre qui ne m’a pas appris grand chose de l’institution que je ne sache déjà, qui narrativement ne m’a aucunement surprise, et qui n’a pas fait évoluer d’un pouce mes représentations sur le milieu militaire. Pour tout dire, je me suis même demandée si j’allais achever ma lecture…

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« The Lobster » : métaphore de la pression sociale

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affiche-film-the-lobsterLorsque sa femme le quitte, David est conduit à l’Hôtel où sont envoyés tous les célibataires, une condition interdite dans sa ville. Il a 45 jours pour trouver une partenaire, sans quoi il sera changé en animal de son choix. Il opte pour le homard…

Movie challenge 2017 : un film avec une actrice que je déteste

Pour cette catégorie du Movie challenge, je suis allée piocher dans la filmographie de Léa Seydoux, une actrice que j’ai toujours trouvée totalement insupportable, à la fois dans ses films et dans ses déclarations. J’avais d’abord opté pour The Grand Budapest Hotel, mais comme elle n’y faisait qu’une très brève apparition, j’ai considéré que ce n’était pas du jeu.

Je me suis donc infligé le film de Yórgos Lánthimos, que je voulais voir depuis que j’étais tombée sur sa bande-annonce. À première vue, j’imaginais un film un peu glauque mais très drôle. Pour faire court, je m’étais trompée dans les proportions, c’est plutôt un peu drôle et très glauque.

Je ne peux donc pas dire que j’ai passé un bon moment en visionnant ce film, et pourtant loin de moi l’idée de le juger mauvais. Je comprends d’ailleurs tout à fait qu’il ait été récompensé du Prix du jury à Cannes en 2015.

Le postulat de cette dystopie est très intéressant et donne à réfléchir, comme c’est le propre du genre, à notre société. Et en cela je trouve le propos vraiment pertinent. En effet, David subit les événements plus qu’il ne les produit, et il se retrouve à vivre dans des communautés aux règles absurdes et malsaines. L’Hôtel est régi par tout un tas de lois cruelles, comme l’interdiction de se masturber (avec comme punition les doigts dans le grille-pain) ou l’obligation de chasser les Solitaires qui peuplent la forêt pour gagner des jours d’humanité supplémentaires. Tout est fait pour inciter les célibataires à se mettre en couple, dans un vrai phénomène de lavage de cerveau. Les gens en viennent à former un couple sur la base d’un point commun le plus souvent dérisoire (par exemple le fait de saigner du nez souvent).

Mais le film va plus loin en montrant ensuite le point de vue des Solitaires, chez qui il est, à l’inverse de l’Hôtel, interdit de tomber amoureux et d’avoir des relations sentimentales et sexuelles (sous peine de châtiments corporels atroces). Bien au delà de la maxime populaire « l’amour rend aveugle » qui a beaucoup été retenue pour analyser ce film, je pense qu’il s’agit d’une métaphore de la pression sociale et de ses ravages. David se sent obligé de se conformer aux injonctions, et, lorsqu’il décide de désobéir, il n’en a pas moins intégré à son insu une partie des codes qui lui ont été rabâchés, et en particulier la nécessité absolue d’avoir un point commun avec sa compagne… quitte à commettre un acte irréparable.

Bien interprété (Léa Seydoux joue un personnage distant et inexpressif, donc je dois dire qu’elle remplit assez bien sa fonction), le film de Yórgos Lánthimos réussit à mettre le spectateur très mal à l’aise, sans avoir besoin de montrer explicitement toutes les horreurs qu’il laisse deviner. Ça a le mérite d’être intellectuellement stimulant.

Tag Associations littéraires

On ne m’arrête plus ! Après le récent tag « Fais-moi peur ! » pour Halloween, j’ai eu l’idée de celui-ci, grâce à un article de Romanesquement VôtreRomanesquement Vôtre sur les personnes auxquelles on pense en lisant certains livres. Et donc, c’est parti pour une série d’associations entre des livres et… plein d’autres choses ! 

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Un livre qui te rappelles un moment triste

La Consolante est un des premiers romans que j’ai chroniqués sur le blog. Et je l’ai lu à un moment pas très facile. Je me souviens précisément de ce que j’ai ressenti durant ma lecture, cette impression que puisque ce livre existait, rien n’était perdu, en dépit de la tristesse.

 

Un livre qui te rappelles un moment joyeux 

Si je vous dis L’Éthique de Spinoza, vous me prenez pour une folle ? Déjà, j’ai de chouettes souvenirs de l’étude de ce livre, des heures passées dans la cour avec mes amis à potasser, en faisant des pauses pour dessiner les coccinelles des massifs dans les marges. Et puis ce livre signifie aussi des choses plus personnelles, et a joué un rôle dans une rencontre importante.

 

Un livre qui te ramène en adolescence

Il y en a plein car ado, je dévorais déjà les romans. Mais l’un d’eux est resté un de mes livres préférés : Vive la République de Marie-Aude Murail. Ce livre a tout, de l’émotion, de l’humour, de l’amour, de l’engagement sur des problématiques capitales et des personnages hyper attachants. J’en sais des passages entiers par cœur.

Un livre qui te fait penser à un de tes (anciens) profs

J’ai plutôt des bons souvenirs des livres étudiés en classe, enfin tout dépend avec quel(le) enseignant(e)… Je vais choisir Candide, parce que je ne pensais pas que je pourrais autant rire avec un classique et que j’ai adoré l’étudier avec ma super prof de français du lycée (Amélie, si tu me lis, des bises !).

 

Un livre qui te fait penser à une personne disparue…

Les Fables de La Fontaine. Parce que mon Papi m’en apprenait quand j’étais toute petite, et que j’aime à croire que « La Cigale et la Fourmi » et « Le Corbeau et le Renard » ne sont pas pour rien dans ma passion des livres et des mots.

 

Un livre que tu associes à quelqu’un… qui ne l’a pas lu !  

Parfois, il y a une vraie similitude entre les valeurs portées par un roman et celles qu’on trouve en quelqu’un. Pour l’amour et le respect de la nature, Que ma joie demeure est à mes yeux LE livre qui correspond à mon amoureux.

 

Un livre qui t’évoque une saison 

L’hiver scandinave dans L’Exception. Le roman ne m’a pas vraiment marqué, sauf pour ses descriptions enneigées !

 

Un livre qui t’évoque une couleur

Récemment, Le Camp des autres m’a semblé très vert. Le vert de l’espérance qui porte Gaspard, et le vert mousse de la forêt où se cache l’enfant.

 

Un livre qui t’évoque une denrée

Lors de notre Swap d’anniversaire, ma copinaute Tina m’a offert des calissons avec Bord cadre de Jean Teulé. Et je trouve que le mélange sucre-agrumes de la confiserie se marie bien avec ce récit doux-amer.

 

Un livre que tu associes à un animal              

Facile : La Baleine thébaïde de Pierre Raufast, elle est dans le titre !

 

Un livre que tu associes à une chanson (ou un album)

J’écoute régulièrement de la musique en lisant, sans que cela me marque. Pourtant je me souviens d’un trajet en train où j’avais vécu une sorte d’épiphanie en découvrant Ça commence par la fin avec dans les oreilles l’album LØVE. Les mots de Michael Cohen et ceux de Julien Doré explorant tous deux une histoire d’amour par-delà la rupture… c’était si beau !

 

Un livre que tu associes à un réalisateur qui pourrait l’adapter

Ce n’est pas moi qui ai eu cette idée, mais depuis que l’éditeur de Pas trop saignant a comparé ce livre à Petit Paysan, je rêve d’une adaptation du roman de Guillaume Siaudeau par Hubert Charuel !

 

Un livre que tu associes à… un livre d’un autre auteur !

J’ai terminé il y a peu Jungle de Monica Sabolo, et ce livre m’a énormément rappelé Treize d’Aurore Bègue dans sa si juste compréhension des désordres de l’adolescence, le tout sous un soleil écrasant. Deux pépites !

Voilà, j’espère que ça vous a plu ! Les nommés sont…

Ibidouu, Popcorn&Gibberish, Pause Earl Grey, Déjeuner sous la pluie, Folavril et Topobiblioteca. Et bien sûr qui le souhaite peut reprendre ce tag !

« Compte tes blessures » : père indigne

compte-tes-blessuresVincent est chanteur dans un groupe de rock hardcore, ce qui lui permet d’exprimer ses émotions : le chagrin causé par la mort de sa mère, l’impossible communication avec son père, et la colère lorsque celui-ci se remet en couple… 

Ce qui m’a donné envie de voir ce film, que j’avais repéré dans mon fil Twitter lors de sa sortie, c’est avant tout la présence au casting de Kévin Azaïs. Depuis Les Combattants, un film qui m’avait séduit par son originalité, je trouve que l’acteur se construit patiemment une filmographie très intéressante, ne choisissant que des projets de qualité (L’Année prochaine, La Belle Saison, Le Sens de la fête). Et puis quand j’ai su que Morgan Simon, le réalisateur, avait fait la Fémis, je me suis dit que c’était une raison supplémentaire. J’en profite pour faire un petit aparté sur cet extraordinaire renouveau du cinéma français que nous apportent les générations de cinéastes récemment sorties de cette grande école : Paul Calori et Kostia Testut, Marie Madinier, Rose Philippon, Thomas Cailley, Julia Ducournau (qui a d’ailleurs participé au scénario de Compte tes blessures), Léa Mysius, Hubert Charuel

Le film de Morgan Simon contribue à cette vague qui explore le mélange des genres, ici entre comédie et drame. En effet, je ne m’y attendais pas mais le film comporte des moments assez drôles apportés par la bande d’amis de Vincent, avec leurs tatouages rocambolesques, leur groupe de musique, leurs après-midis passés à traîner dehors en disant des bêtises. En dépit de l’allure qu’ils cherchent à se donner, on voit bien que ces jeunes gens un peu paumés sont inoffensifs.

Le côté drame surgit dans la relation entre Vincent et son père (Nathan Willcocks, antipathique à souhait). Alors que le jeune homme tente maladroitement de prouver son attachement (il se fait tatouer le visage de ses parents dans le cou au début du film), le père passe son temps à le repousser, le dénigrer, le rabaisser. Cette relation toxique n’existe qu’en creux, dans l’absence de tout ce qu’une relation père-fils est supposée être. Pas de paroles d’affection, de réconfort ou de soutien. On comprend peu à peu que le décès de la mère de Vincent n’a pas constitué une cassure irrémédiable, mais que le lien entre les deux hommes n’a en fait jamais vraiment existé. C’est certainement l’aspect le plus prenant et le plus bouleversant du film. Toute tentative de rapprochement est avortée, toute conversation tourne au vinaigre. Et pour le spectateur, assister à ce manque flagrant de complicité est désolant.

Partant de ce constat, le jeu trouble de Vincent auprès de la nouvelle compagne de son père, Julia, n’est pas très surprenant. À l’animosité du début succède une sympathie croissante qui se mue en un désir que la caméra capte avec délicatesse en s’attardant sur une mèche de cheveux dans le cou de la jeune femme, au détour d’une conversation. J’ai bien aimé la subtilité qui nimbe les prémices de la catastrophe. Et puis j’ai trouvé nettement moins subtile la scène où tout bascule. Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler la chute du film mais j’ai trouvé vraiment dommage le traitement de la fin, qui m’a sortie du film, car pour moi c’était too much. Dommage, car tout avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices !

« Réparer les vivants » : digne mais lisse

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reparer-les-vivantsSimon Limbres revient d’une séance de surf matinale lorsqu’il est victime d’un accident de voiture. En état de mort cérébrale, le jeune homme est un donneur d’organes potentiel…

Movie challenge 2017 : un film adapté d’un livre que j’ai lu

« Ce qu’est le cœur de Simon Limbres… », les premiers mots du roman de Maylis de Kerangal font partie des incipits que je n’oublierai jamais. Marquée par ce roman bouleversant, j’appréhendais de le voir adapté autant que j’en avais hâte.

Je ne connaissais pas Katell Quillevéré jusqu’à ce film mais je lui reconnais d’emblée une grande qualité : celle d’avoir réalisé, sur un sujet extrêmement délicat, un film très digne. Sa façon de filmer le jeune Simon, qu’il soit actif ou inanimé, est empreinte d’une pudeur respectueuse qui colle bien au propos du roman. Globalement j’ai retrouvé la trame narrative, et l’atmosphère du livre, quelque chose d’assez solennel et propice au recueillement, entrecoupé d’élans de vie. Les comédiens sont assez bien choisis dans l’ensemble et plutôt bons. J’ai en particulier apprécié les personnages qu’on voit assez peu dans le livre comme Claire (Anne Dorval) et ses enfants (c’est toujours un plaisir de voir Alice Taglioni). L’une des prestations les plus surprenantes est celle de Tahar Rahim, que j’ai à peine reconnu sans son habituel sourire de gosse, et qui fait preuve ici d’une sobriété de bon aloi.

Cela dit, il m’a manqué quelque chose par rapport au roman. Le souffle si particulier de l’écriture pulsée, les ascenseurs émotionnels que ne parvient pas totalement à retranscrire le film, en dépit de moments touchants, et de quelques très belles trouvailles visuelles. La scène de l’accident est à mes yeux la plus réussie, dans laquelle la vague semble engloutir la route puis le véhicule. C’est clairement le genre d’effet original que j’aurais aimé retrouver davantage dans le film, car il me semble que c’était une bonne façon de rendre compte de la tonalité singulière de l’œuvre.

Surtout, j’ai été frustrée de voir si peu la plupart des personnages. J’ai beau avoir lu le roman il y a près de quatre ans, je me souvenais de certains détails qui caractérisent chacun des personnages qui vont accompagner d’une façon ou d’une autre le corps et le cœur de Simon. Les oiseaux du docteur Rémige, résumés ici à une vidéo de chardonneret, la mèche blanche singulière des Harfang, sauf que la pauvre Alice est réduite à la portion congrue alors que c’est un vrai beau personnage du livre… C’est la diversité des points de vue, l’entrelacement des vies autour du mort qui donne sa puissance au livre, et qui se dilue ici. Chacun n’est plus qu’une silhouette manquant d’épaisseur pour qu’on s’y attache, et cette déconvenue repose encore une fois la question de la possibilité d’adapter vraiment une œuvre littéraire.

Car je doute qu’il ait été possible de faire vraiment mieux, sauf à réaliser un film de 10 heures. Ce qui me fait songer qu’un format série façon 24 heures chrono eût peut-être été davantage adapté à ce sujet fort et complexe.

CONCOURS de NOËL 2017

concoursnoel

Comme l’an dernier, l’approche des fêtes de fin d’année me donne envie de vous gâter ! Mais cette fois-ci, les conditions du concours seront un peu différentes car j’ai surtout eu envie de récompenser la fidélité de mes abonnés ! C’est pourquoi ce concours vous est exclusivement réservé, à vous qui êtes abonné au blog, à sa page Facebook ou à son compte Twitter.

À gagner

Afin d’être sûre de vous faire plaisir, je mets en jeu… le livre de votre choix au format poche, d’une valeur de 10 euros maximum, sous réserve de disponibilité dans mes librairies habituelles (ne vous en faites pas, elles sont bien achalandées). Le livre que vous aurez choisi sera accompagné de petites surprises !

Conditions de participation

Comme précisé plus haut, pour participer, il faut :

– faire partie des abonnés WordPress/Facebook ou Twitter du blog à la date du 3 décembre 2017.

– laisser un commentaire sous cet article précisant le titre que vous souhaitez recevoir, et m’expliquant pourquoi ce livre vous fait envie.

– et c’est tout ! 🙂

Pour des raisons de frais d’envoi, le concours est réservé aux personnes pouvant justifier d’une adresse de réception en France métropolitaine.

Attribution des lots

Le concours est ouvert jusqu’au lundi 11 décembre minuit. La proclamation du/de la gagnant/e aura lieu sur le blog le mercredi 13 décembre, ainsi que sur les réseaux sociaux.

Le/la gagnant/e sera désigné/e par le hasard du tirage au sort parmi les participations conformes. Le/la gagnant/e aura jusqu’au vendredi 15 décembre pour me communiquer ses coordonnées postales par message privé.

Je décline toute responsabilité au cas où la Poste égarerait ou détériorerait le colis.

À vous de jouer ! 😉

CONCOURS TERMINÉ  ! Résultats mercredi ! 

« Le syndrome de la vitre étoilée » : « pour être toute neuve

couverture-livre-le-syndrome-de-la-vitre-etoileeStéphanie est en couple avec Guillaume depuis environ dix ans, et comme toutes ses copines, elle veut un enfant. Mais voilà, alors que les ventres s’arrondissent, Stéphanie découvre que son chemin vers la maternité sera plus compliqué…

J’avais vu passer ce roman sur la blogosphère et j’avais été intriguée par son titre, même si le sujet ne me parlait pas plus que ça. Mais j’étais curieuse de découvrir la plume de Sophie Adriansen, dont j’avais entendu parler par plusieurs connaissances. Donc lorsqu’une amie m’a donné ce livre, j’ai pensé que cela tombait très bien !

J’ai été surprise d’accrocher tout de suite à cette lecture. Découpé en chapitres très courts, parfois juste quelques lignes, le roman se dévore avec gourmandise. J’ai trouvé le style très vivant, même si j’ai été un peu déroutée par les chapitres « Maintenant » qui en fait ne se déroulent pas tous à la même époque.

Alors que la thématique du désir d’enfant et de la difficulté à tomber enceinte ne me parlait pas, j’ai pourtant adhéré au parcours de Stéphanie car j’ai rapidement compris que ce sujet était davantage qu’autre chose le prétexte à l’exploration d’une relation amoureuse sur son déclin. Je n’ai jamais caché mon penchant pour les récits qui explorent les relations humaines et celle entre Stéphanie et Guillaume est décryptée avec acuité. Bien sûr, il y a des évidences un peu grosses dans le parcours de la jeune fille qui souffre d’un manque d’amour paternel et s’enferre dans une relation avec un homme bien plus âgé, sans se rendre compte qu’elle ne l’aime pas vraiment. Mais le livre comporte des fulgurances, des pages qui m’ont semblé très justes et bien écrites en termes d’analyse des sentiments.

Par contre j’ai été nettement moins conquise par la suite du récit, dès lors que Stéphanie reprend sa vie en main. Toute la partie sur les bienfaits du yoga sonne pour moi comme un poncif (la preuve, on l’a encore vu au cinéma récemment dans Jalouse). De même, les amours de Stéphanie ne m’ont pas trop enthousiasmée. J’ai trouvé très problématique de la faire flasher sur un homme qui lui a fait du pied de façon très lourde malgré sa gêne palpable, ce qui s’apparente pour moi à du harcèlement. Je n’y vois qu’une preuve de plus que Stéphanie ne s’aime pas.

Sans dévoiler la fin, je dirai que ce n’a pas été ma partie préférée du livre, même si je conçois qu’il pouvait difficilement terminer autrement. J’aurais préféré quelque chose d’un peu plus audacieux quant aux capacités d’une femme à se réaliser en tant que personne humaine.

Cela dit, ce livre m’a vraiment tenue éveillée tard le soir car j’avais du mal à le lâcher et certaines pages, plutôt vers le milieu, m’ont émue. Une lecture qui ne m’a pas laissée indifférente, donc, même si j’aurais sans doute voulu la voir évoluer autrement.

« Fargo » : quand ça veut pas…

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affiche-film-fargoPour extorquer de l’argent à son beau-père, Jerry embauche deux malfrats pour kidnapper sa femme Jean. Mais rien ne se passe comme prévu et les morts s’accumulent, pendant que Marge Gunderson et sa brigade mènent l’enquête. 

Movie challenge 2017 : un film qui a inspiré une série

Dans ma (très longue) liste de séries à commencer un jour (alors que je n’ai pas le temps de suivre celles que j’ai entamées…), se trouve depuis plusieurs années Fargo. Une série policière dans un décor enneigé, qui a de bonnes critiques et avec un casting alléchant, pourquoi pas ?

Mais je comptais d’abord découvrir le film, afin de comprendre les origines de la série, et cette catégorie du Movie challenge m’offrait l’occasion d’enfin me décider à le regarder, depuis le temps que je l’évoque. Je n’étais tout de même pas sans une petite appréhension, car il s’agit d’un film des frères Coen. La plupart de leurs films ne m’ont jamais tentés, et le seul que j’ai vu jusqu’ici, Intolérable cruauté, m’avait semblé extrêmement mauvais.

Malgré toute ma bonne volonté, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire de Fargo. Déjà, le film m’a fait l’effet d’avoir très mal vieilli : couleurs ternes, looks vintage, décors dans des tons bruns gris, rien de très enthousiasmant pour l’œil. Pourquoi pas, cela dit, et finalement, cela colle assez bien au propos du film.

Plus qu’un polar, car finalement suivre l’enquête se révèle assez peu passionnant, j’ai l’impression qu’il s’agit d’un film sur la médiocrité. Jerry est un homme de peu d’envergure, qui ne semble attaché à aucun membre de sa famille et passe son temps à magouiller pour essayer de récupérer de l’argent, et en particulier d’en extorquer à son beau-père. Celui-ci est un indécrottable avare qui préférerait presque risquer la mort de sa fille que de verser une rançon. Quant aux malfaiteurs, ils sont totalement stupides. Carl se prend pour un cerveau mais n’est qu’un incapable et Gaear est du genre brute épaisse. À partir du scénario de l’enlèvement envisagé par Jerry, tout va se dérouler de travers, ce qui était à prévoir, et causer un bain de sang, donnant au film un caractère absurde avec la violence des meurtres gratuits qui s’accumulent.

Parmi tous ces personnages de minables, la seule un peu sympathique est Margie (Frances McDormand), la policière qui enquête sur les meurtres et s’en sort plutôt bien, quasiment seule. J’ai apprécié l’idée qu’une femme enceinte puisse à elle seule remonter la piste des criminels. Cela dit, elle doit ses succès essentiellement à la chance et à de bonnes intuitions, plus qu’à une intelligence développée.

J’imagine qu’à l’époque de la sortie du film, la médiocrité même des personnages, la façon de présenter des malfrats qui ne soient pas supérieurement intelligents et des flics correspondant aux Américains moyens avait quelque chose de novateur. Mais depuis, le réalisme dans les polars est devenu très répandu. Et quitte à voir un polar social avec une enquêtrice, je préfère largement la série Happy Valley. Car je n’ai jamais vraiment adhéré à Fargo, devant lequel, je dois le dire, je me suis copieusement ennuyée. J’ai trouvé le film lent, répétitif, sans surprise et sans grand intérêt scénaristique. Ce qui est peut-être un parti-pris en soi mais ne m’a pas convaincue.

Finalement l’intérêt principal de ce visionnage aura été de me faire retirer la série de ma liste à voir. C’est toujours ça de gagné.

« Coco », la musique dans les os

affiche-film-cocoMiguel, 12 ans, rêve de devenir chanteur comme la star de sa ville, Ernesto de la Cruz. Mais sa famille déteste la musique, à cause d’un ancêtre qui a abandonné sa femme et son bébé pour partir en tournée sans jamais revenir…

J’avais vraiment hâte de découvrir ce nouveau Disney-Pixar de Noël, et d’autant plus en ayant aperçu quelques images de la bande-annonce il y a plusieurs mois (sur un écran de télé dans une Fnac, oui oui). Depuis je m’étais efforcée d’en voir et d’en savoir le moins possible afin de préserver la magie de la surprise.

J’ai eu la chance de pouvoir découvrir ce film en avant-première et en espagnol sous-titré. Première info : j’ai beau ne pas avoir fait d’espagnol depuis 10 ans, j’ai presque tout compris sans les sous-titres. Donc n’hésitez pas à aller voir le film dans une version autre que française, ça ne devrait pas vous empêcher de l’apprécier.

J’étais vraiment très enthousiaste à la sortie du film et ce pour plusieurs raisons. Je trouve en tout cas que Disney-Pixar fait beaucoup d’efforts ces dernières années pour présenter des films originaux, variés et proposant des messages appropriés aux enfants et à notre époque. Je m’explique.

D’un point de vue de pure expérience cinématographique, Coco est, sans surprise, très coloré, soigné, dynamique, avec des décors de dingue. J’ai retrouvé l’impression vertigineuse face aux décors de la ville imaginaire des morts, qui m’avait déjà saisie en découvrant Zootopie. C’est si beau ! Mais la qualité technique et graphique des studios Disney-Pixar n’est plus à prouver et n’a jamais été le point faible du géant de l’animation.

En revanche, côté scénario et développement des personnages autour de valeurs directrices, je trouve qu’on assiste à une évolution tout à fait bienvenue. Enfin un film d’animation où le jeune héros n’est pas directement confronté à une situation romantique. À l’opposé de Ballerina, qui ne se contentait pas de la passion pour la danse de son héroïne, Coco est centré sur le désir de Miguel de s’exprimer par la musique. En découle une intrigue sur la nécessité de faire des sacrifices pour accomplir ses rêves : Miguel va-t-il devoir choisir entre sa famille butée sur des vieux principes et la passion qui l’anime ? El día de los muertos est aussi l’occasion d’évoquer les ancêtres, la filiation, le souvenir et bien sûr la disparition des êtres chers.

Et sur un sujet si délicat, je trouve que le propos est vraiment bien dosé. Il m’a semblé que la représentation de la mort et du vieillissement était sensible sans être oppressante pour les enfants. Le film peut être l’occasion d’aborder ces sujets compliqués avec les petits. Par contre, en tant qu’adulte, difficile de ne pas pleurer ! Car à l’instar de Rebelle, qui m’avait frappé par son histoire très adulte, Coco est extrêmement émouvant, et la bande-son n’y est pas pour rien (la reprise par Mama Imelda de La LLorona, chanson traditionnelle mexicaine que j’avais découverte grâce à Natalia Doco, m’a collé des frissons). Un très très beau Disney de Noël, donc !