April Birthday Swap

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April-Birthday-SwapLe principe d’un swap est un échange de colis remplis de cadeaux entre blogueurs !

Avec ma copinaute Tinalakiller, aka ma dopplegänger du net, nous avons eu à peu près la même idée en même temps (nous ne sommes pas dopplegängers pour rien) : réaliser notre premier swap ensemble. Et quand on s’est rendu compte que nous étions toutes deux nées en avril, le thème est devenu évident : nous allions faire un swap d’anniversaire !

Pour ce premier essai, nous avons fixé des règles assez simples ; chacune devait envoyer à l’autre un ensemble de cadeaux pour un budget de 35 euros environ, comprenant :

  • un film en DVD
  • un roman en poche
  • quelque chose à boire ou à manger
  • un petit gadget complémentaire.

Après nous être envoyé des listes et des photos de nos bibliothèques respectives afin de ne pas risquer le doublon, j’ai concocté mon petit paquet pour Tina et j’ai attendu le sien avec impatience !

Lorsqu’il est arrivé j’étais comme une gamine à Noël ! Je précise que Tina avait joliment emballé ses paquets dans un papier cadeau à motifs de pellicule de cinéma, ce que j’ai trouvé extrêmement bien trouvé.

Et voici ce que contenait le paquet !

En bonne gourmande que je suis, j’ai commencé par déballer ce qui se mange. Tadaaa !calissons

Eh oui, des calissons, car Tina vient d’Aix ! J’ai particulièrement apprécié qu’elle me fasse goûter une spécialité de sa région. Bien sûr, le paquet était plus rempli au départ, mais entre le déballage et le moment où j’ai pris la photo, hum, il s’est mystérieusement vidé…

 

 

J’ai ensuite déballé le gadget surprise. Le voici !

marque-pages

Mignon, non ? Ce petit marque-pages aux grands pieds me fait particulièrement rigoler, imaginez-moi en train de faire marcher mes bouquins avec ! J’ai déjà commencé à l’emporter partout avec moi, je ne vous dis pas la tête des gens dans le métro !

 

 

Ensuite est venue l’heure du livre :

couverture-bord-cadre

Encore un très bon choix, car j’ai adoré Le Magasin des suicides mais n’avais pas eu l’occasion jusqu’ici de découvrir davantage les œuvres de Jean Teulé. En plus le roman raconte l’histoire d’un écrivain, un sujet qui m’attire toujours en littérature.

Je vous en ferai la chronique dès que je l’aurai lu !

 

 

Et enfin, le film ! J’avais une petite idée de ce que Tina pouvait avoir choisi, car le cinéma est l’un de nos sujets de conversation favoris.

DVD-Smashed

Et bingo ! C’est Smashed, un long-métrage de James Ponsoldt, le réalisateur deThe Spectacular Now, une de mes découvertes récentes les plus marquantes. Au casting, on retrouve Mary Elizabeth Winstead (déjà aperçue dans The Spectacular Now) et Aaron Paul (plus connu sous le nom de Jesse Pinkman dans Breaking Bad). La jaquette du film évoque « Une comédie dramatique réaliste, sensible et émouvante », soit à peu près tout ce que j’aime au cinéma ! J’ai hâte de le découvrir !

Un grand merci à ma copinaute qui m’a gâtée avec tous ces cadeaux ! Et pour savoir ce que j’ai moi-même choisi d’expédier à Tina, rendez-vous sur son blog !

« Bande de filles » : « shine bright like a diamond »

affiche-film-bande-de-fillesLe jour où Marieme apprend qu’elle ne passera pas en seconde générale, elle est abordée par trois filles qui lui proposent de se joindre à leur bande pour aller faire les boutiques au centre commercial des Halles… 

J’avais repéré Bandes de filles avant même sa sortie. Il faut dire qu’en 2011, Tomboy avait été une de mes découvertes cinéma préférées. J’avais beaucoup aimé la façon de filmer l’enfance de la réalisatrice, le jeu extrêmement naturel des jeunes acteurs et le côté ultra réaliste ,presque documentaire, du film.

Je n’ai pas pu voir le troisième film de Céline Sciamma au cinéma, et j’ai par la suite entendu beaucoup de critiques mitigées voire négatives qui ont un peu refroidi ma curiosité. Lors de la sortie de Divines, la comparaison entre les deux a souvent été évoquée, relançant ma volonté de me faire ma propre opinion. Merci donc à arte qui a choisi de diffuser ce film dans le cadre de sa programmation spéciale Cannes (le film avait ouvert la Quinzaine des réalisateurs en 2014).

Si la scène d’ouverture (un match de football américain féminin) m’a laissée perplexe, j’ai ensuite suivi avec plaisir les pérégrinations de Marieme, incarnée par la jeune et inconnue Karidja Touré (inconnue, elle ne l’est plus, on la verra bientôt dans le nouveau film de Cédric Klapisch). J’ai trouvé le personnage bien construit, touchant dans son évolution. J’ai beaucoup aimé ses relations féminines, la proximité avec ses sœurs, en particulier Bébé, puis avec ses amies, après une phase d’intégration progressive au groupe. Comme avec Tomboy, la réalisatrice a su capter avec justesse l’adolescence, le mélange d’audace et de timidité, d’assurance et de questionnements propre à cet âge de tous les possibles. Marieme est attachante car on sent bien qu’elle ne pense jamais à mal. Ce qu’elle veut, c’est tantôt faire plaisir à ses proches, en se conformant aux attentes, tantôt s’en émanciper pour vivre sa vie comme elle l’entend, et tout le film repose sur le tiraillement entre ces deux options.

Certes, la bienveillance de Céline Sciamma envers ses héroïnes a tendance à lisser le film, qui manque du mordant, du sens du tragique et de l’exubérance de Divines. Même lorsqu’elles sont provocantes, vulgaires, violentes, Marieme et ses amies ne nous font pas peur. Même lorsqu’elles sont confrontées à la violence et à la délinquance, on sent bien qu’elles s’en sortiront.

Il n’empêche, le film est peut-être plus réaliste puisque moins extrême, et met tout de même en lumière des problèmes prégnants dans le quotidien des jeunes des cités : l’absence de repères parentaux, l’enfermement dans un statut social, l’autorité abusive des aînés, le culte de la loi du plus fort, les trafics, le manque de perspective d’avenir… Mais ce qui reste en tête, à la fin du film, ce n’est pas la situation précaire de Marieme, c’est plutôt l’élan de solidarité qui unit ces filles face à l’adversité d’un monde dominé par le patriarcat. Et puis leur joie de vivre, leur soif de devenir des héroïnes, l’irrépressible espoir, tels qu’ils s’expriment dans la scène devenue culte où les jeunes filles chantent le tube de Rihanna, Diamonds. Si le film a des défauts, il ne mérite toutefois pas le procès d’intention que je lui ai parfois vu dressé.

« Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier » : passé retrouvé

couverture-livre-pour-que-tu-ne-te-perdes-pas-dans-le-quartierJean reçoit un jour un coup de fil étrange : un homme lui annonce qu’il a retrouvé son carnet d’adresses et se propose de le lui rapporter. Mais bientôt, il précise qu’il a feuilleté le carnet et souhaiterait en savoir plus sur un nom y figurant, un certain Torstel…

Honte à moi, j’ai mis longtemps à ouvrir ce fameux opus de Modiano, sorti au moment de son prix Nobel (2014, donc). On me l’avait pourtant offert à un moment où il me tentait vraiment, et puis je me suis laissée embarquer dans d’autres lectures et il est resté en souffrance.

Il faut dire qu’entre temps j’avais lu des critiques reprochant à l’auteur sa façon de mener le lecteur en bateau dans une enquête dont il ne ressortait pas grand chose, ce qui m’avait un peu refroidie.

Finalement, j’ai été rapidement happée par le mystère qui plane autour de Jean comme un charognard. Modiano est vraiment le champion pour instaurer cette atmosphère à la fois de flou et d’oppression, dans laquelle les coups de fil ressemblent à des menaces et les souvenirs à des trahisons. J’avais déjà éprouvé cette sensation avec Un cirque passe, le seul des romans de l’auteur que j’avais lu précédemment, et j’ai apprécié de me sentir à nouveau plongée dans une énigme.

Celle-ci s’incarne d’abord sous la forme de Gilles Ottolini, l’homme qui a trouvé le carnet d’adresses et qui semble vaguement menaçant, puis sous celle de sa comparse, Chantal-Joséphine. Peu à peu, d’autres figures jaillissent des souvenirs de Jean, et toutes semblent liées au même secret. Et si, finalement, la clé de l’énigme était l’enfant de cet agrandissement photographique trouvé dans les archives de la police ?

Je dois tout de même vous prévenir : pour apprécier pleinement la lecture des œuvres de Modiano, il faut préférer les questions aux réponses. Le plaisir de l’incertitude, le cheminement mental du narrateur, doivent importer davantage que la résolution du mystère. Car au fond, il ne se passe pas tant d’événements que de bouleversements intimes liés à des détails : une rencontre, un prénom, le nom d’une rue qui font émerger des souvenirs manifestement refoulés.

Et puis il y a cette ambiance désuète dans les rues de Paris, ce va-et-vient entre les époques dans lequel le lecteur se perd, qui donne à l’ensemble une couleur sépia séduisante. Un roman de Modiano a toujours l’air, quelque part, de se passer dans les années 50. Pourtant, non, il est bien question de téléphone portable et autres réalités contemporaines, mais de façon si discrète et si subordonnée à l’intrigue qu’on n’en retient que l’essence délicieusement surannée qui fait paraître ces objets anachroniques.

Et je repensais à cette chanson de Vincent Delerm, qui évoque la silhouette de Modiano, aperçue sous la pluie dans une rue de Paris. Il y a dans ce texte et cette mélodie nostalgiques quelque chose de parfaitement concordant avec ce roman qui cristallise le souvenir d’une enfance particulière. Atmosphère, atmosphère…

« Victoria » : nuit de folie

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affiche-film-victoriaVictoria, jeune madrilène fraîchement installée à Berlin, rencontre un groupe de jeunes hommes à la sortie d’une boîte de nuit. Ils lui proposent de lui faire visiter la ville telle qu’elle ne l’a jamais vue et l’entraîne dans un périple nocturne…

 Movie challenge 2017 : un film avec un prénom dans le titre

Je n’avais pas forcément ce film en tête pour cette catégorie, mais lorsqu’il est passé sur arte, une de mes sources officielles de rattrapage de films, je me suis souvenue qu’il m’avait intriguée lors de sa sortie au cinéma. Il faut dire que depuis Birdman, je me suis prise d’un intérêt particulier pour les plans-séquences. Je trouve cette façon de filmer particulièrement immersive et impressionnante de dextérité. Même si, dans les faits, beaucoup de ces fabuleux plans-séquences sont des faux, avec des coupes cachées (c’est le cas à certains moments dans Birdman, mais aussi de l’ouverture de La La Land, entre autres).

Or Victoria a la particularité d’être un vrai plan-séquence. Autrement dit, les 138 minutes de film sont tournées en une seule fois. Une prouesse que je devais absolument visionner. Et finalement, passées les premières minutes, j’ai peu à peu oublié la technique. Car le film sait nous plonger dans une atmosphère qui embarque le spectateur au point de ne plus prêter attention au mouvement de la caméra qui, fluide, suit les personnages dans leur errance. Sombre dans l’ensemble, l’ambiance est par instants électrique, et crée une tension chez le spectateur. En tout cas pour ma part, j’ai craint dès le début que les jeunes hommes ne causent du tort à Victoria, et l’absence de méfiance de la jeune fille m’a étonnée. Je m’attendais presque à une scène de viol. Mais peu à peu, j’en suis venue à penser que Sonne (Frederick Lau) et sa bande étaient plus immatures et saouls que méchants. Et pourtant une forme de tension perdure jusqu’au petit matin, lorsque l’intrigue se met réellement en place. Vers le milieu, le film souffre de quelques longueurs, une fois que l’inquiétude première s’est dissipée et qu’on se contente d’assister aux pérégrinations du petit groupe sur les toits de la capitale allemande. Mais le film bascule ensuite dans un thriller énergique et glauque qu’on avait vu venir mais qu’on pensait s’être éloigné.

Cette construction un peu étrange qui part de l’angoisse pour nous y replonger, après un centre mou (excepté la très jolie scène où Victoria joue du piano, sans doute la plus touchante du film), est compensée par la vitalité des acteurs. J’ai été ravie de retrouver une partie du casting de La Vague (Frederick Lau et Max Mauff, aussi vu dans Sense8), et c’est sans doute la présence de ces acteurs qui m’a fait songer que l’histoire risquait de mal tourner. Si son interprète a pris quelques années, on retrouve en Sonne quelque chose de Tim, le jeune maladroit prêt à commettre toutes les folies pour prouver sa valeur. Laia Costa, surtout, crève l’écran, dans ce personnage de jeune fille téméraire jusqu’à l’absurde, prête à tout sacrifier pour des gens qu’elle vient de rencontrer, désireuse de fêter encore et encore l’adrénaline nocturne, comme pour rattraper ces années d’entraînements musicaux si sérieuses.

Qu’importe si l’ensemble a quelques faiblesses, et si j’ai vu venir la fin, il y a dans ce film un sentiment d’urgence et des fulgurances intéressantes, qui font oublier que Sebastian Schipper réalise là un tour de force technique.

« Dire au revoir » : comment te dire adieu ?

couverture-livre-dire-au-revoirDire au revoir à un amour qu’on aurait pu vivre, à une famille qu’on aurait pu connaître, ou plus couramment, à un malade qui va s’éteindre, à ses collègues en partant à la retraite, au conjoint dont on se sépare. Pas facile le temps des adieux…

Entre Gaël Faye et Raphaël Haroche, tous deux couronnés de prix pour leurs débuts en littérature, cette année semble être placée sous le signe de la croisée entre musique et œuvres littéraires. Quant à moi, c’est le recueil de nouvelles de Gaëtan Roussel, la voix de Louise Attaque, qui m’a tentée lors de sa sortie.

Déjà, je tiens à souligner le travail graphique de Flammarion, qui a opté pour un format plus petit que pour ses titres ordinaires, agrémenté de dessins très élégants de Charles Berberian sur la couverture. Tout de suite, l’ombre-oiseau de cette fille pieds nus qui dégageait un certain mystère, ça m’a donné envie d’entrer dans le recueil

Les textes sont courts et pourtant, en quelques pages, en quelques lignes, l’auteur prend le temps d’installer son style. Un style musical, on s’y serait attendu, qui fait la part belle aux jeux d’échos et de reprises. Souvent, la répétition permet la variation, et on se croirait presque dans le poème de Verlaine « Mon rêve familier » : « Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre »… Les phrases de Gaëtan Roussel sont comme les femmes aimées du poète, elles composent un réseau de glissements sémantiques qui peu à peu dévoilent le sens de la séparation présentée en quelques lignes, l’état d’esprit du narrateur

Certes, le procédé est un peu répétitif au fil des textes, mais les histoires qu’ils esquissent, malgré leur thème commun, sont suffisamment variées pour surprendre le lecteur, le faire voyager dans des ambiances différentes et lui faire ressentir des émotions diverses. L’ensemble est dominé par une grande élégance et une certaine nostalgie, rien de violent, car c’est ce qui m’a frappée chez ces personnages confrontés à des adieux parfois définitifs, parfois à sens unique, parfois imposés : jamais de colère, juste de la résignation. Comme si dire au revoir, c’était toujours plus ou moins accepter la perte, la séparation, la nécessité que la vie continue quand même.

Parmi ces textes il y en a heureusement quelques-uns d’un peu plus légers, j’ai bien aimé notamment le retraité qui écrit son discours d’adieu multilingue en espérant être définitivement débarrassé de ses collègues.

J’ai lu ce petit recueil presque d’une traite, dans un avion, en quittant une ville que j’avais eu trois jours pour découvrir et qui m’a beaucoup marquée. C’était sans doute le lieu et le moment idéal pour rencontrer les mots de Gaëtan Roussel, et la rencontre a eu lieu. À se demander si tous les voyageurs ne devraient pas glisser Dire au revoir dans leurs bagages…

Tag : Je suis une fangirl

Le principe du tag est basique : répondre aux questions et nommer d’autres blogueuses (ben oui, qui dit fangirl dit forcément rédactrice féminine).  

i-m-a-fangirl-and-i-can-t-keep-calm-14Je ne sais pas si je dois vraiment remercier June qui vient de dévoiler au monde, par cette nomination, que sous les dehors rationnels et argumentés de mes avis se cachait un vrai potentiel de fangirling. Ok, j’avoue, moi aussi, je suis (parfois) une fangirl !

  • Si tu avais la possibilité de correspondre avec un personnage de roman, lequel choisirais-tu ?

Pour une correspondance, mieux vaut miser sur un personnage qui écrit bien, histoire que ce soit agréable de le/la lire. J’opterais donc pour Zoé (dans le roman éponyme d’Alain Cadéo), ou pour Oscar (dans Le Complexe d’Eden Bellwether).

  • Tu peux inviter un auteur à l’apéro, de qui s’agit-il ?

La possibilité la plus probable, Aude Cenga (une fois qu’on aura enfin réussi à s’organiser pour se voir). Dans le domaine de l’irréel, j’aurais adoré avoir Diderot et Voltaire à ma table.

  • Si tu devais écrire une fanfiction (une histoire imaginée par un fan, tirée d’un livre déjà existant), de quelle œuvre serait-elle tirée ?

Le concept même de la fanfiction me pose problème. S’approprier les personnages des autres pour les détourner, j’ai un problème quasi éthique avec ça. Je trouve que quand on veut écrire, on n’a qu’à inventer ses propres personnages plutôt que de piquer ceux des autres. Na !

  • Un de tes livres préférés va être adapté au cinéma (imaginons !), on te propose d’y jouer un rôle, quel personnage choisirais-tu d’interpréter ?

Sans hésiter, Lily Bart dans The House of Mirth. Ce roman c’est mon coup de cœur absolu de la littérature américaine, et cette héroïne fait déjà un peu partie de moi puisque je lui ai emprunté son identité sur le net.

  • Un de tes livres préférés a été adapté au cinéma (réellement), néanmoins tu n’es pas d’accord avec le choix de l’acteur/actrice pour jouer un des personnages, de quel personnage s’agit-il et quel(le) acteur/actrice verrais-tu à la place ?

Il y a plusieurs cas. Particulièrement dans les adaptations des livres d’Anna Gavalda. Pour Je l’aimais, je remplacerais Florence Loiret-Caille en Chloé par un personnage plus séduisant et moins pleurnichard, parce que là vu son comportement on excuserait presque son mari d’être parti. J’aurais bien mis Virginie Ledoyen ou Mélanie Bernier à sa place.

Et je referais aussi Ensemble c’est tout en remplaçant le couple Audrey Tautou (qui ne colle pas au physique du personnage de Camille)-Guillaume Canet. Pourquoi pas tenter Anaïs Demoustier-Kévin Azaïs ?

  • Une de tes séries préférées est terminée mais tu souhaiterais voire une suite publiée. De quelle série s’agit-il ?

Je ne lis pas de séries. La dernière en date devait être Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire et au bout de 13 tomes, j’avais mon compte.

  • Voudrais-tu réécrire la fin d’un livre que tu as lu ? Si oui, de quel livre s’agit-il ?

J’aurais bien aimé que Stendhal ait eu le temps de ne pas bâcler la fin du Rouge et le Noir (je me permets car il l’a dit lui-même).

  • Constitue ta famille « livresque » idéale : père, mère, frère et sœur. Choisis bien !

Voilà une question difficile ! Étant fille unique et heureuse de l’être, pas facile de m’inventer des frères et sœurs à la hauteur… Disons des sœurs intelligentes, sensibles et généreuses, avec qui je pourrais parler bouquins : Hermione Granger et Cécile (dans Vive la République), un frère sur qui on pourrait toujours compter : Gabriel Oak (Loin de la foule déchaînée) et un autre rigolo mais flic, ça peut servir : Max des Enquêtes de Logicielle. En plus sa copine pourrait me dépanner en cas de souci informatique, c’est bien pratique !

Encore plus dur de m’imaginer des parents livresques. Les miens me conviennent bien, merci ! S’il faut vraiment jouer le jeu, je dirais Florin (dans La variante chilienne) parce que c’est un pro pour raconter les histoires du soir, et Julia Jarmond (dans Elle s’appelait Sarah) pour son côté déterminé (et surtout parce que dans le film c’est Kristin Scott Thomas, alors si je pouvais hériter de sa classe !).

  • Pour quelle édition collector dépenserais-tu sans hésiter la moitié de ton salaire ?

Aucune, je ne suis pas très intéressée par le côté « bel objet », je préfère un bouquin de poche maniable que je peux emporter partout (dit la fille qui lit actuellement un pavé de 800 pages en grand format…).

Et maintenant c’est l’heure des nominations ! Tremblez, fangirls… Je refile la patate chaude au Tanuki, au Petit Pingouin Vert, à Petite Plume, à Beyond the Lines et à Pause Earl Grey. À vous les studios !

 

Prends garde à ce « Boomerang »

affiche fim boomerangAntoine, 40 ans, traverse une mauvaise période : sa femme l’a quitté, et son psy lui conseille de parler avec son père de la mort de sa mère, noyée lorsqu’il avait 10 ans. Persuadé que le tabou qui pèse sur ce drame cache quelque chose, Antoine tente d’entraîner sa sœur dans sa quête de vérité.

La bande-annonce de ce film m’avait plutôt donné envie, mais pas au point d’aller le voir au cinéma. Pourtant j’avais bien aimé Elle s’appelait Sarah, adapté d’un autre roman de Tatiana de Rosnay. Mais étant dans une veine « cinéma original », j’avais peur que le long-métrage de François Favrat ne soit un peu trop classique à mon goût.

Et de fait, nous sommes dans un film très traditionnel, sans effets extravagants, avec une intrigue linéaire autour d’un secret de famille. Famille, secret, mort non élucidée, cadre idyllique de bord de mer (l’île de Noirmoutier), autant d’éléments qui m’ont fait penser à un genre souvent décrié : la saga de l’été. Moi qui ai suivi avec passion tout ce que la télé a produit d’estival au début des années 2000, je ne considère pas cette ressemblance comme un défaut.

Si on est loin du chef d’œuvre du septième art, l’histoire est plutôt bien menée et donne envie de connaître la clé du mystère. Tout le film est porté par Laurent Laffite, avec lequel je commence à me réconcilier depuis le disjoncté Papa et maman, et qui offre ici une prestation assez touchante dans le rôle de l’homme qui n’a jamais réussi à faire le deuil de sa mère. À force d’entendre les proches de la défunte se justifier (le père, la grand-mère, les anciens domestiques…), on finit par se demander si Antoine a raison de s’acharner ou s’il ne s’invente pas toute une histoire. C’est quand le doute point dans l’esprit du spectateur que le film devient bon.

J’ai retrouvé avec plaisir Mélanie Laurent, qui, en dépit de tout ce qu’on a pu dire sur elle, reste pour moi la révélation du magnifique Je vais bien, ne t’en fais pas, même si son rôle manque un peu de consistance dans Boomerang. Audrey Dana, quant à elle, apporte une touche d’humour avec son personnage très franc de thanatopractrice.

J’ai été un peu étonnée par les révélations qui finissent par émerger au sujet de la mère d’Antoine et d’Agathe. J’ai trouvé l’idée plutôt bienvenue mais l’enchaînement des événements ne m’a guère convaincue, de même que le fait que le silence ait pu perdurer sur cette affaire durant trente ans. Quand on finit par apercevoir une coupure de journal au sujet de la mort de Clarisse, on se dit que son fils n’avait tout de même pas effectué beaucoup de recherches, pour quelqu’un d’obsédé par le drame !

De bonne facture, agréable à suivre sans être absolument prenant, le film de François Favrat fait le job pour nous tenir jusqu’à la fin, sans être très marquant pour autant. Et je cherche encore l’explication du titre…

« Une présence idéale » : histoires de fins

couverture-livre-une-presence-idealeInfirmières, aides-soignantes, médecins, psychologues, bénévoles se relaient auprès des patients de l’unité de soins palliatifs du CHU de Rouen. Ils racontent leur quotidien à un écrivain venu découvrir l’unité… 

Quand j’ai reçu Une présence idéale (merci Flammarion), j’étais ravie, parce qu’à première vue, c’est tout à fait le style de livre que j’aime : assez court, composé de textes brefs comme des nouvelles, entre une et cinq pages, réaliste, bref, une lecture idéale pour mes trajets en métro. Et ça me changeait de Jane Eyre, que j’ai trimballé dans mon sac pendant trois semaines !

Sans surprise, j’ai très vite dévoré le livre d’Eduardo Berti. Pour un premier livre rédigé en français, l’auteur argentin fait preuve d’une maîtrise impressionnante du français et de ses nuances. Chacun de ses textes sonne juste, vrai, comme si l’on avait directement retranscrit à l’écrit un témoignage enregistré. Ce qui est d’autant plus difficile à réaliser que chaque texte est raconté par un personnage différent au sein de l’hôpital. Il y a de jeunes internes et la dernière infirmière arrivée, et puis celle qui va prendre sa retraite bientôt après toute une carrière passée dans le service. Il y a des bénévoles qui ne passent que quelques heures par semaine à l’hôpital, et cette infirmière qui après son service se rhabille en civil et reste encore deux heures auprès d’un parent hospitalité dans l’unité. Il y a les médecins mobiles qui se déplacent à domicile, et la maquilleuse qui vient apporter du sourire.

L’ensemble, est, paradoxalement pour une unité médicale qui connaît des décès réguliers, assez vivant. Les récits courts sont dynamiques et s’attachent à raconter une situation, une anecdote, ou à livrer un sentiment, toujours de manière assez « brute de décoffrage », avec franchise, sans enrobage. Il ne s’agit pas d’embellir la réalité. Les patients meurent, il faut s’y faire, et la vie du service continue.

J’ai beaucoup aimé ses anecdotes, ses portraits de patients mais aussi, en creux, de soignants, et j’ai ressenti une réelle admiration pour ces personnes dévouées qui ont choisi pour métier de s’occuper avec une infinie patiente de personnes souffrantes et généralement apeurées. Leur rendre hommage dans un livre est une vraie bonne idée.

Bien sûr, certaines pages sont tristes, mais parfois même si la fin de l’histoire est inéluctable on se surprend à sourire aux requêtes étranges des patients ou de leur famille, et parfois un certain suspense s’établit en quelques pages, preuve du talent narratif de l’auteur. Cette ambiance douce-amère, qui confronte l’extraordinaire soif de vivre au quotidien et la capacité à profiter des petits bonheurs à la conscience aiguë de la déréliction du corps m’a rappelé Patients, le film de Grand Corps Malade vu récemment, qui s’emparait également d’un sujet médical difficile et réussissait à y injecter de la légèreté. Une façon de rappeler que la maladie, la mort, font partie de l’expérience humaine et qu’elles doivent être acceptées et vécues pleinement comme telles.

« Même la pluie » : la guerre de l’eau

affiche-film-même-la-pluieSebastián, réalisateur, et Costa, producteur, arrivent à Cochabamba, Bolivie, pour tourner un film sur la découverte du Nouveau Monde. Mais ils ignorent qu’un important conflit social opposent les habitants au pouvoir qui entend privatiser l’eau et en augmenter le prix de 300%… 

C’est sur les rayons de la médiathèque de mon enfance, dans laquelle je me rends toujours avec plaisir, que j’ai trouvé ce film un peu par hasard. J’avais décidé d’emprunter des DVD pour les vacances, de préférence des films sortant de mes habitudes histoire de faire des découvertes. Connaissant très mal le cinéma espagnol, je me suis décidé pour ce long-métrage d’Icíar Bollaín (à qui on doit également le très beau L’Olivier).

J’avais été séduite par la mise en abyme présente dans le film : en effet, on suit le parcours d’une équipe en plein tournage d’un film. Moi qui suis toujours intéressée par les coulisses de tournage, les bonus et anecdotes et qui rêve d’assister à un tournage de A à Z, j’ai vraiment apprécié cet aspect documentaire sur la façon de recruter les figurants, de choisir dans quel ordre tourner les plans, de réaliser des décors…

Mais peu à peu, l’intrigue du film sur Christophe Colomb est reléguée au second plan au fur et à mesure que prend de l’importance la crise sociale qui secoue la communauté des natifs. Emmenés par Daniel (Carlos Aduviri, impressionnant), les habitants se révoltent et réclament l’accès à l’eau pour leurs familles. On bascule alors du côté du film social, ce qui rebat les cartes entre les membres de l’équipe de tournage et permet à chacun de se révéler sous un nouveau jour. Faut-il tenter de finir le film à tout prix dans un contexte d’émeutes ? Comment continuer à tourner alors que Daniel, acteur phare du film, est en première ligne des manifestations ? Pour tous, il s’agit de hiérarchiser les priorités.

J’ai particulièrement apprécié l’évolution du personnage de Costa (Luis Tosar) et de ses rapports avec la famille de Daniel. D’abord fermé et égoïste, l’homme va petit à petit se remettre en question et se révéler courageux et altruiste. J’ai aussi aimé les acteurs qui s’interrogent sur leurs rôles dans le film tourné par Sebastián (Gael García Bernal, inoubliable Che Guevara dans Carnets de voyage) et se laissent parfois contaminer par leur personnage dans la vraie vie. Mention spéciale à Karra Elejalde (Christophe Colomb alcoolique et désabusé mais généreux) et à Raúl Arévalo (obsédé par une réplique de son personnage, ce qui amène un peu de drôlerie au film, par ailleurs plutôt sérieux).

Icíar Bollaín et son équipe ont réalisé un travail impressionnant, cumulant la reconstitution historique pour les scènes du film sur Christophe Colomb, avec des passages épiques (la fameuse « scène de la croix ») et l’aspect social plus documentaire, ce qui exige des façons de filmer totalement différentes. En résulte un film hybride fort, qui fait naître la réflexion grâce à la confrontation de ces différents niveaux de lecture. J’ai juste regretté que certains personnages ne soient pas un peu plus développés comme l’assistante réalisatrice, et que Sebastián perde un peu en consistance alors que Costa gagne en épaisseur.

Un film dépaysant et plein d’espoir qui donne soif d’égalité et de justice.

« Peut-être une histoire d’amour » ou l’effet de déjà-lu

couverture-livre-peut-etre-une-histoire-damourVirgile, trentenaire à la vie amoureuse désastreuse, découvre un soir sur son répondeur un message d’une inconnue : « C’est Clara, je te quitte ». Cet événement vient perturber le cours de sa vie bien réglée…

Je suis tombée sur ce livre en bout de gondole à la bibliothèque (comme quoi, le rôle prescripteur des bibliothécaires…). J’ai d’abord été victime d’une méprise, croyant qu’il s’agissait d’un roman anglo-saxon, trompée par le nom de l’auteur (un mix entre Martin Parr et Ellen Page dans mon inconscient, sans doute). J’ai rapidement compris qu’il s’agissait au contraire d’un des purs produits de la littérature française contemporaine.

Ce qui est à la fois un atout et un inconvénient. J’aime beaucoup la littérature française contemporaine, qui fournit au moins les trois quarts de mes lectures. Cependant, j’ai assez vite reconnu en Virgile et en ses amis des personnages qu’il me semble avoir croisés un nombre incalculable de fois dans la littérature des quinze dernières années. Si je dis : héros trentenaire anxieux qui cherche un sens à sa vie, dont les tentatives de couple restent des échecs, qui n’a pas de problèmes graves (ni maladie, ni manque d’argent, ni drames personnels) et s’en crée à tire-larigot, vivant à Paris dans un milieu bobo (il travaille dans la pub), entouré d’amies toutes « belles et intelligentes », habillées de soie et d’organza mettant en valeur leurs corps longilignes… Vous me dites : déjà lu. Je ne sais pas vraiment à qui faire remonter le début de cette veine littéraire dans laquelle je classerais volontiers Florian Zeller, Frédéric Beigbeder, et peut-être même Michel Schneider et Nathalie Poitout. Et quelque part, cela m’ennuie de m’apercevoir qu’une partie de la littérature contemporaine est si parisiano-centrée, si bobo-centrée (oserai-je dire si futile ?).

Je ne nie pas être pourtant dans la cible, en bonne amoureuse de Paris, épargnée par la vie et évoluant dans le milieu culturel. Et d’ailleurs, j’ai pris un certain plaisir à suivre les pérégrinations de Virgile, qui, s’il n’est pas très sympathique, est plutôt amusant dans ses crises d’hypocondrie. D’autant que l’auteur entretient le suspens jusqu’au bout : verra-t-on ou non apparaître la fameuse Clara ? Y aura-t-il une histoire d’amour… ou pas ? La conduite de l’intrigue est habile, et on se laisse facilement emporter après cette situation de départ si bien trouvée. D’ailleurs, quand j’avais lu la quatrième de couverture, j’étais on ne peut plus enthousiaste, trouvant déjà que cette idée de message de rupture d’une inconnue pourrait donner lieu à un excellent film. Au final, si j’ai trouvé l’ensemble malin, j’ai quand même été déçue par rapport à la promesse initiale.

Ce que j’ai le plus aimé, dans ce roman, c’est la capacité du narrateur à énoncer des vérités qui ne sont pas toujours bonnes à dire, sans complexe. Se sentir autorisé sous sa plume à considérer Paris comme l’oasis culturelle de la France, à détester les enfants ou à égoïstement ne pas se réjouir du succès de ses amis s’ils nous éloignent, c’est quelque part assez salutaire. Et c’est sans doute ce qui fait le succès de cette veine littéraire qui m’agace même si je m’y laisse parfois séduire.