« La fille de Brest » : du courage

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affiche-film-la-fille-de-brestIrène Frachon, pneumologue à Brest, découvre que plusieurs de ses patients qui ont pris du Médiator souffrent d’une même pathologie des valves cardiaques. Elle alerte l’unité de recherche de l’hôpital et les autorités sanitaires… 

Movie challenge 2017 : un film réalisé par une femme

 Au départ, j’ai hésité à aller voir ce film au cinéma, parce que les histoires vraies, ce n’est jamais trop mon truc. Et pourtant, je savais que je finirais par le voir, ne serait-ce que pour Sidse Babett Knudsen, dont j’explore peu à peu la filmographie avec délice et des surprises renouvelées. J’avais cru qu’avec les trois saisons de Borgen puis en jouant en français dans L’Hermine, l’actrice danoise nous avait montré tout ce dont elle était capable. Que nenni !

Franchement, je ne m’y attendais pas, mais j’ai vraiment beaucoup aimé cette Fille de Brest. Je tire mon chapeau à Emmanuelle Bercot pour avoir réussi à filmer un sujet pas forcément très palpitant (de la recherche médicale et des commissions pour décider ou non de l’interdiction d’un médicament), ni très simple (un certain nombre de concepts médicaux tout de même), de façon extrêmement vivante. C’était le premier film que je voyais de cette réalisatrice, dont les choix en tant qu’actrice me laissent plutôt dubitative, mais je vais sans doute m’intéresser de plus près à sa filmographie.

Certes, pour aboutir à ce scénario suffisamment romanesque, les scénaristes se sont autorisés quelques entorses à la réalité en composant une Irène Frachon plus « grande gueule » et un professeur Le Bihan au contraire moins courageux et plus fragile que l’homme dont il est inspiré. Mais l’ensemble fonctionne très bien d’un point de vue cinématographique.

L’histoire emporte le spectateur et le tient en haleine : on adhère au combat d’Irène, à son souci- pour les malades, et on a vraiment envie de la voir réussir. Bien sûr cela ne va pas sans une certaine caricature des dirigeants du laboratoire Servier, absolument révoltants de cynisme. Mais cela fait du bien de voir une femme se battre pour des convictions humanistes, contre les préjugés, les habitudes et l’argent. Le film m’a fait passer par toutes les émotions, la colère, la tristesse, la révolte, mais aussi la détermination, l’optimisme, et même le rire ! Je ne m’attendais pas à m’amuser devant ce sujet grave, et pourtant !

Il faut dire que le long-métrage doit énormément à la fabuleuse prestation de Sidse Babett Knudsen. Je n’en reviens pas qu’elle n’ait pas été primée pour ce rôle, à vrai dire. Elle réussit à incarner un personnage extrêmement attachant, à la fois très sérieuse et empathique dans son travail, déterminée et audacieuse, mais aussi parfois faillible (la scène avec son mari dans la cuisine est très touchante) et dotée d’un fort caractère parfois déluré voire hilarant. J’ai adoré voir l’élégante Sidse (vous ne m’en voudrez pas de l’appeler par son petit nom) faire le pitre, grimacer, crier, danser, proférer des insultes et se mettre à parler toute seule en danois. Elle révèle ici un potentiel comique plus important que je ne lui avais soupçonné.

Un film à voir à la fois en hommage au combat admirable de la réelle Irène Frachon et pour passer un bon moment ! Attention quand même à deux scènes d’opération pour les âmes sensibles.

Tag : Quand j’étais ado…

Un tag au principe tout simple : allumez la machine à remonter le temps, retournez à vos années lycée et répondez aux questions, puis nommez les passagers du prochain retour en adolescence !

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J’ai été doublement nommée pour ce tag par Lisa aka Petit Pingouin Vert et par Nolwenn aka Ibidouu. Je sens donc un certain frémissement d’impatience quant aux anecdotes de ma glorieuse adolescence. Merci les filles pour avoir enclenché la machine à souvenirs !

  • Étant ado, quelle était ta gourmandise préférée ?

Je crois que le truc le plus marquant à ce niveau-là, ça a été ma période Kiss Cool. N’étant pas fan des chewing-gums qui perdent leur goût en moins de temps qu’il n’en faut pour mâchouiller, j’avais opté pour les Kiss Cool à la pomme. En seconde, c’était même ma monnaie d’échange pour obtenir ce que je voulais de mes camarades (par exemple qu’on me fasse ma vaisselle en TP. Oui oui.).

 

  • Étant ado, quelle était la série que tu regardais ?

Ça dépend à quel âge. Au début du collège, je regardais surtout les jumelles Olsen, Léa Parker et 7 à la maison. Puis j’ai eu une période séries françaises avec tous les trucs que je regardais en famille comme Avocats et associés, Le juge est une femme, Les Bleus, Merci les enfants vont bien… Ensuite au lycée j’étais super fan de Desperate Houseviwes !

 

  • Quel était le plat que tu mangeais le plus à la cantine ?

Aucun, en fait, vu que je ne mangeais pas à la cantine. L’avantage d’habiter en centre-ville…

 

  • Quel était ton style vestimentaire ?

Je n’avais pas de style très déterminé. J’ai eu une période tee-shirts à message Cache-cache, avec des trucs comme « Tous différents » ou « Demain j’arrête » écrits dessus. J’ai aussi eu une vague inspiration gothique mais pas vraiment assumée (tellement peu assumée que pas grand monde ne s’en est rendu compte !).

 

  • As-tu été punie au collège où tu étais ?

Non. J’étais sage comme une image !

 

  • Si tu avais des posters ou affiches dans ta chambre, lesquels étaient-ils ?

J’ai gardé depuis l’enfance un poster avec des labradors au-dessus de mon lit. Sinon j’ai eu des affiches de films comme Narnia ou Pirates des Caraïbes, et une splendide affiche Nightwish offerte par une amie qui date de ma période métal symphonique.

 

  • De quel groupe étais-tu fan ?

Nightwish, donc, en première. Avant c’était plutôt Vincent Delerm, Norah Jones. Et après The Wriggles et AaRON. Éclectique, donc.

 

  • Quelle boisson buvais-tu le plus souvent aux fêtes organisées ? 

Du jus de fruit ? Je n’aimais pas le Coca, et j’ai bu ma première bière après le bac.

 

  • Où te regroupais-tu avec tes copines le samedi après-midi ?

Au collège, chez l’une ou l’autre. Au lycée, on avait deux ou trois QG dans le centre-ville : le Madison Nuggets et toutes les bricoles avec lesquelles on prenait des photos délirantes, la librairie où on se fournissait en bouquins et la Mie Câline pour le goûter !

 

  • Quelle activité extrascolaire faisais-tu ?

Alors, du solfège jusqu’en 3e, et jusqu’au bac du piano, de la danse modern-jazz et du théâtre.

 

  • Comment faisaient les garçons pour aborder les filles ?

Je ne sais pas trop, n’ayant moi-même jamais abordé ni été abordée à cet âge. Je crois que des rencontres se sont faites aux arrêts de cars scolaires mais je n’en sais pas plus.

 

  • Quelle émission TV (jeu télévisé) regardais-tu le soir à la maison avec tes parents ?

On ne regardait pas tellement de jeux avec mes parents, plutôt des séries avec ma mère et des films avec mon père. Et des télé-crochets, mais c’est venu assez tard chez moi. Ah si, j’étais fan de « N’Oubliez pas les paroles ». Sinon avec ma grand-mère on regardait le « Bigdil » !

 

  • Quelle étaient les règles strictes de ton lycée ? 

Je crois que ce qui nous semblait le plus strict c’était l’interdiction des portables.

 

  • Raconte nous une anecdote croustillante ou une honte que tu aies vécu pendant ton adolescence.

Là comme ça, je n’ai pas grand chose qui me vient, alors on va partir sur un truc rigolo. Un jour en TP de physique, on avait fait une expérience avec l’agitateur magnétique, et la prof a fait passer dans les rangs une tige aimantée pour récupérer ledit agitateur dans la solution. Pour amuser ma binôme, j’ai pris la tige comme une baguette magique et j’ai fait « Wingardium Levioooosa ». Et là ma copine explose de rire. Je me dis « Quand même, c’est pas SI drôle ! » et je me retourne : la prof était juste derrière moi et se marrait.

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Voilà, retour à l’âge adulte pour nominer… AnaVerbania, GirlKissedbyFire, Charlitdeslivres, Folavril et Tinalakiller. Bien sûr si vous n’êtes pas dans la liste et que vous appréciez ce tag, sentez-vous libre de le reprendre !

Lecture commune : « Jane Eyre »

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couverture-livre-jane-eyreJane n’a pas connu ses parents, et a pour premiers souvenirs la vie auprès d’une riche tante qui la considère comme un fardeau. Placée dans une institution, elle apprend à devenir gouvernante et à dompter son tempérament impulsif…

Comme Les Hauts de Hurlevent ou Orgueil et préjugés, Jane Eyre faisait partie de ces « classiques-qu’il-faudrait-que-je-lise-un-jour ». Chaque année j’essaye de lire une œuvre majeure de la littérature anglo-saxonne en VO. L’an dernier je m’étais attaquée à Far from the madding crowd, cette année le Club de lecture du Pingouin Vert a choisi pour moi Jane Eyre. Ayant un peu sous-estimé la taille du pavé (400 pages écrites en tout petit), je viens juste d’achever cette lecture… du mois de mars.

Forcément, sur 400 pages, il ne faut pas s’attendre à une intrigue ultra dynamique. Jane nous conte ses souvenirs depuis l’enfance et s’attarde sur les périodes qui l’ont particulièrement marquées : les années douloureuses chez Mrs Reed, à subir le brimades de ses cousins, l’arrivée à l’institut Lowood où elle fera toute sa scolarité, puis sa première place de gouvernante auprès de la petite Adèle, au service de Mr Rochester.

Mais je crois que, comme moi, tout le monde connaissait déjà plus ou moins l’histoire du roman de Charlotte Brontë, adapté pas moins de 13 fois au cinéma. Pour ma part j’avais vu la version récente avec Mia Wasikowska et Michael Fassbender, et le film m’avait beaucoup plu (même si je n’en ai gardé que très peu de souvenirs). En ayant lu le livre, je ne peux que tiquer sur le choix des acteurs. Jane Eyre, sa silhouette si chétive, son visage si commun que nul ne la trouve belle hormis Mr Rochester… (pauvre Mia Wasikowska, on ne peut pas dire qu’elle soit laide !), et Mr Rochester justement, ses traits grossiers, ses gros sourcils et ses immenses yeux noirs brillants… ah non, Michael Fassbender a les yeux bien bleus. Je blague, mais la description physique des personnages dans le livre m’a marquée, car les deux héros sont présentés comme relativement laids, ce que je trouve assez rare pour être souligné. Pour ma part cela a un peu réfréné l’attachement que je pouvais éprouver pour eux, car en plus de sa laideur apparente, Mr Rochester n’a pas un caractère facile, et j’ai finalement du mal à comprendre ce que lui trouve Jane. D’où mon désarroi face à des scènes de déclaration tout de même très à l’eau de rose. Si j’attendais, comme tout le monde je pense, le rapprochement entre les personnages, j’ai été déçue que Charlotte Brontë cède à un romantisme facile et à une exaltation qui sonne très surannée pour le lecteur contemporain.

Heureusement la dernière partie du livre, lorsque Jane rencontre de nouveaux amis, m’a davantage enthousiasmée. Les personnages de Mary, Diana et St John sont bienvenus avec leurs caractères beaucoup plus placides et raisonnables (quoique) que ceux de Jane et Mr Rochester. Cela dit je comprends l’intérêt de dépeindre un personnage capable d’emportements et de franchise comme Jane Eyre, car j’imagine qu’à l’époque peu de femmes s’exprimaient autant. Je suis d’ailleurs frappée du nombre de personnages célèbres de « femmes de caractère » dans la littérature victorienne et même avant, d’Elizabeth Bennett à Bathsheba Everdene en passant par Jane Eyre.

J’ai donc passé un moment de lecture plutôt agréable, en dépit de quelques longueurs et d’un côté un peu trop fleur bleue à mon goût, mais par comparaison, j’ai nettement préféré le style de Thomas Hardy et les personnages de Far from the madding crowd.

« Orpheline » : quatre vies en une

120x160_Orpheline_01_03_MDLa vie de Renée, directrice d’école enceinte de son premier enfant, bascule lorsque ressurgit Tara, une vieille connaissance qui sort de prison. À l’époque où elles se sont connues, Renée se faisait appeler Sandra et se prétendait orpheline…

 Movie challenge 2017 : un film français

Tout d’abord, je tiens à remercier Le Pacte, car ce film marque ma première collaboration avec ce distributeur prestigieux, un partenariat dont je suis très heureuse (et un peu fière aussi).

J’avais repéré Orpheline parmi les sorties du printemps grâce au casting exceptionnel du nouveau film d’Arnaud des Pallières. Un casting essentiellement féminin, ce qui n’était pas pour me déplaire. J’avais hâte de voir Adèle Haenel (Les Combattants), Gemma Arterton (The Voices) ou encore Solène Rigot (17 filles) se confronter à l’univers particulier du réalisateur de Michael Kohlhaas. De ce film j’avais gardé en mémoire un cinéma qui passe beaucoup plus par l’image que par les dialogues, qui ne donne pas toutes les clés de compréhension au spectateur et s’appuie sur l’intensité de ses interprètes.

J’ai retrouvé chez Orpheline une partie de ces caractéristiques. Certes, le film est pourvu de plus de scènes parlées, et pour autant, on peut dire qu’il n’est pas bavard. L’héroïne, à travers les différents âges de sa vie, utilise la parole comme une arme pour obtenir ce qu’elle veut, bien plus que pour exprimer ce qu’elle ressent. Car que pense vraiment Karine, qu’elle se fasse appeler Sandra ou Renée ? Bien malin celui ou celle qui devinerait l’intériorité de cette fille sauvage qui se donne corps sans âme et ne se laisse jamais vraiment cerner. De manière symptomatique, elle n’a pas même dévoilé son passé à l’homme qui partage sa vie et dont elle attend un enfant, tant sa confiance est impossible à gagner vraiment.

Pour jouer ce personnage peu ordinaire, le réalisateur a su choisir des actrices qui, en dépit d’une ressemblance physique peu frappante (et encore, une fois dans la peau du personnage, j’ai trouvé que leurs points communs ressortaient), apportent toutes la même intensité à Karine à travers les âges. J’aurais même tendance à dire que, plus le film avance, plus les performances des actrices sont remarquables. J’ai été en particulier très admirative du jeu de Solène Rigot, crédible dans un rôle de dix ans de moins qu’elle, et de la jeune Vera Cuzytek.

Bien sûr, ce portrait par ellipses est un peu frustrant pour le spectateur qui aurait aimé en savoir plus sur la vie de Karine dans les intervalles passés sous silence, mais c’est sans doute ce qui contribue à la force du personnage, l’impression de mystère qui ne s’éclaircit pas. On cherchera en vain l’élément déclencheur, le moment de bascule qui aura fait de Karine non pas vraiment une orpheline mais une éternelle fugueuse, toujours désireuse de liberté, de rébellion, d’une vie au-delà du monde clos que lui promettait l’enfance, entre la rivière et la casse automobile. Le film semble se moquer de donner une réponse, préférant livrer en bloc la complexité d’un portrait féminin audacieux, complexe et décomplexé. La caméra d’Arnaud des Pallières n’a peur d’affronter aucune des grandes questions de la vie humaine, ni la violence ni le sexe, ni la naissance ni la mort, sans complaisance.

Série, c’est fini ! « Flesh and bone »

affiche-serie-flesh-and-boneClaire Robbins quitte précipitamment Pittsburgh pour auditionner dans une grande compagnie de ballet new-yorkaise. Elle est reçue et fait très forte impression à Paul Grayson, le directeur artistique, qui voit en elle sa nouvelle étoile…

L’idée

La créatrice de la série, Moira Walley-Beckett, est aussi l’une des scénaristes de Breaking Bad, à qui l’on doit l’épisode particulièrement réputé « Seul au monde » (Ozymandias). Elle s’attaque ici au monde de la danse classique dans ce qu’elle voulait être une sorte d’anti-Black Swan… en théorie, car on pourra noter certaines ressemblances entre la série et ce film.

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Claire et le corps de ballet

Scénario

Initialement prévue pour être une série, Flesh and bone a été réduite par la chaîne Starz à une mini-série, en raison de son coût exhorbitant. Le scénario a donc été condensé, et le résultat est assez convaincant. Si la fin peut apparaître comme une bonne façon de boucler la série, certaines pistes apparaissant au cours des épisodes semblent avoir été préparées pour évoluer dans une suite qui ne verra pas le jour. La série suit le personnage de Claire, dans sa découverte du fonctionnement de la compagnie de ballet mais aussi dans son cheminement personnel. On suit également le destin de quelques autres danseurs et danseuses ainsi que des dirigeants de la compagnie, Paul et Jessica.

Tonalités et thèmes 

Dès le premier épisode, la série apparaît comme sombre et tourmentée, à l’image de son héroïne, qui a pourtant également un côté lumineux qui transparaît dans les scènes de danse. Les caméras proposent une vision très réaliste du monde du ballet, avec des scènes de vestiaires, d’échauffements et de répétitions filmées sous plusieurs angles, dans une volonté de faire « vrai » plus que « joli ». Néanmoins les divers troubles psychologiques qui agitent les danseurs et danseuses donnent parfois lieu à des scènes plus étranges, presque fantastiques, de même que le personnage de Roméo, qui vit sur le toit de l’immeuble de Claire et apparaît peu à peu comme un prophète.

La vie personnelle de Claire est aussi l’occasion d’une succession de phases de dépendance et de libération, dans l’ensemble assez prenante mais glauque. Plus on en apprend sur le personnage, plus la part sombre ressort en elle pour anéantir peu à peu l’image de « Bambi », la jeune fille timide et naïve à laquelle Paul croyait avoir affaire initialement.

Personnellement j’ai beaucoup plus adhéré au traitement de la vie du ballet qu’à celui de la vie intime de l’héroïne, car j’ai trouvé que celle-ci était vraiment chargée pour un seul personnage, et son évolution pas toujours aisée à comprendre. La série se surpasse lorsqu’il s’agit d’interroger la vision du corps des danseurs, à la fois outil de travail, allié et ennemi dès qu’il faiblit. Bien entendu on n’évite pas quelques poncifs comme les troubles alimentaires, le surmenage ou le recours à la drogue, de même qu’une vision de la sexualité sans trop de surprises (homosexualité masculine, sexe comme monnaie d’échange, etc.).

Personnages

 

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Bryan parlant à Roméo

La série est très centrée sur Claire (Sarah Hay), personnage troublant et magnétique, parfois un peu trop. Au début, j’ai vraiment adhéré au mystère porté par cette héroïne sensible, et par la suite j’ai trouvé audacieux le renversement de perspective qui nous la révèle plus complice que simplement victime du secret familial qui la hante. Malheureusement la fin de la série tend à revenir au schéma initial identifiant la gentille et le méchant de l’histoire, ce qui m’a déçue, notamment pour le personnage de Bryan (Josh Helman), qui gagnait à n’être pas seulement effrayant tel qu’il peut apparaître d’emblée.

Concernant les membres du corps de ballet, ils ont chacun forces et faiblesses mais aucun ne peut incarner une ligne éthique tant la rivalité et la mégalomanie font rage. J’ai cependant eu une préférence dès le début (qui ne s’est pas démentie) pour Daphné (Raychel Diane Weiner). Très à l’aise dans son corps et assumant son statut de gosse de riche, la jeune femme fait office de bonne camarade dans la troupe, dénotant par sa franchise. Et si elle intrigue elle aussi pour obtenir une promotion, elle finit par prouver par son travail qu’elle l’a méritée.

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Daphné et Claire

À voir après…

Le monde des séries n’est pas très riche concernant la danse classique. Qui dit « danse » dit, pour ma génération, Un, dos, tres (que je n’ai jamais regardée). Côté classique, pour rester dans l’univers de Flesh and bone, il faudra plutôt chercher au cinéma pour trouver des films comme Billy Elliot (pour l’origine sociale et les auditions) ou Black Swan (pour la rivalité et les troubles psychologiques).

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Avez-vous vu Flesh and bone ? Qu’en avez-vous pensé ?

« Summer in February » : déraison et sentiments

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affiche-film-summer-in-februaryAu début du XXesiècle, en Cornouailles, Lamorna est le lieu où se rassemble une communauté d’artistes bohèmes qui peignent des nus sur la plage et des chevaux dans la campagne. Lorsqu’arrive Florence, AJ Munnings et son ami le capitaine Evans rivalisent pour la séduire…

Movie challenge 2017 : un film avec un mariage

 Comme c’est assez souvent le cas chez moi, c’est le superbe casting de ce film qui m’a alléchée, bien plus que la perspective d’une histoire basée sur des faits réels dans le milieu de la peinture du début du XXe siècle.

En effet, pour son troisième film, Christopher Menaul (plus connu comme réalisateur pour le petit écran), a réuni la moitié du casting de l’adaptation de Raison et sentiments par la BBC (j’en profite pour signaler que cette adaptation est largement meilleure que celle avec Hugh Grant). Je me réjouissais donc à l’idée de retrouver Dominic Cooper (connu pour son rôle dans Preacher), Dan Stevens et Hattie Morahan (tous deux vus récemment dans La Belle et la Bête). Je n’ai par ailleurs pas du tout reconnu Emily Browning (Florence), que j’avais pourtant déjà vue dans Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire (le film, pas la série Netflix).

Le film commençait bien, avec un gros plan intrigant sur le regard de Florence, puis des scènes de peinture au bord de la mer, et de soirées à réciter des poèmes entre artistes. J’aime toujours bien l’ambiance assez feutrée et élégante des films en costumes anglais, et je me suis donc sentie à mon aise dans celui-ci. Rapidement, on comprend ce qui se trame autour de la jeune femme qui a échappé à la volonté paternelle pour venir rejoindre son frère Joey et s’adonner à la peinture. J’aurais d’ailleurs bien aimé que cet aspect frondeur de la personnalité de Florence, très présent au début du film aussi bien lorsqu’elle raconte avoir refusé un prétendant que dans les piques qu’elle peut envoyer à AJ Munnings, ne se dilue pas totalement dans la suite du récit.

Car Florence, courtisée à la fois par le doux et raisonnable Gilbert Evans et par l’impétueux et autoritaire AJ Munnings, va semble-t-il perdre tout sens de la raison et se jeter à la tête du premier à lui faire sa demande, en dépit d’un évident penchant pour l’autre. À partir de la scène du mariage, le film devient assez mélodramatique et prévisible, sur fond de passion impossible et de tentatives de suicide. Comme toujours avec les biopics, j’ai été déçue de la tournure prise par les événements. Il m’a semblé que les personnages en venaient à manquer de cohérence, à perdre leurs qualités initiales et à agir de façon absurde. C’est tout le problème des êtres humains qui ne sont pas aussi « pensés » que les personnages purement fictifs, et donc pas aussi logiques dans leurs comportements (ni parfois aussi romanesques, mais ici ce n’est pas le problème).

En dépit d’un bon début, le film n’a pas su me tenir en haleine et s’est essoufflé à partir de son milieu, en tombant du côté mélo, un peu façon Bright Star. Mais on ne pourra pas lui reprocher d’avoir manqué de fidélité à la réalité.

Tag Liebster Award 3

Le Liebster Award est un tag permettant de mettre en lumière des blogueurs qui méritent d’être découverts. Le but ? Raconter 11 choses sur soi, répondre aux 11 questions du blogueur qui vous a nominé, et poser à son tour 11 questions à 11 autres blogueurs.

Liebster

Suite à ma deuxième participation au Liebster Award en février, voici que ce tag, tel un facétieux boomerang, me revient à la figure après quelques ricochets. Merci donc à Justine du blog Mon Univers en Séries et en Livres pour ce retour de bâton sympathique (si, sympathique, parce que j’aime bien ses questions). J’en profite pour signaler que Justine recherche un job dans le secteur culturel, donc n’hésitez pas à la contacter !

Mais d’abord voici 11 nouvelles choses sur moi. Pour ce 3e Liebster, j’ai décidé de me référer au sens du mot pour vous parler de choses que j’aime ou que j’aimerais :

  • J’aimerais passer un été dans une maison donnant sur la plage en Suède depuis que j’ai regardé Meurtres à Sandhamm. Notez bien que le côté morbide de la série ne m’a pas rebutée.
  • J’aimerais faire un tour en montgolfière une fois dans ma vie.
  • Et j’aimerais aussi faire une balade en traîneau à chiens. De préférence en Laponie.
  • Même si j’aime avoir bien chaud et que je gèle en-dessous de 10 degrés. Par contre à 35 je suis parfaitement à l’aise.
  • J’aimerais apprendre à jouer de la guitare. J’en ai une mais actuellement mon répertoire se limite à trois morceaux joués au ralenti (Les Bords de mer, Glenn Close, Talk to me).
  • J’aimerais savoir chanter aussi (j’adore chanter), mais hélas, même si je prenais des cours, ma voix est absolument inintéressante.
  • J’aimerais rencontrer Kristin Scott Thomas, même si je serais probablement pétrifiée d’admiration au point de ne pas savoir aligner trois mots.
  • J’aimerais réussir à publier un roman (ok, ça je vous l’ai déjà dit), mais aussi en écrire l’adaptation cinéma.
  • J’aimerais participer à l’écriture d’une série ou d’un film, notamment comme dialoguiste.
  • Car j’aime particulièrement les dialogues, que ce soit dans les romans ou dans les films et séries. Je trouve que de bons dialogues sont la clé pour une œuvre qui sonne juste.
  • J’aimerais me débrouiller suffisamment en graphisme pour créer des tee-shirts inspirés de mes séries et films préférés.

Passons donc aux onze questions de Justine :

  • Quelles sont tes chansons du moment ?

En ce moment j’écoute très souvent la bande originale de La La Land. J’ai toujours plus ou moins l’une des chansons dans la tête. J’aime bien aussi le nouvel album d’H-Burns. Et les nouvelles chansons de London Grammar, d’une beauté !

  • Y a-t-il une œuvre dont tu préfères l’adaptation à son matériel d’origine ?

Il y en a, plusieurs même. Je me demande si je n’en ai pas déjà parlé dans un tag. L’exemple qui me vient toujours en premier est Un heureux événement. J’adore ce film mais je n’ai pas du tout adhéré au livre.

  • Quelle fin de série as-tu adorée ?

Je n’aime pas trop les fins, en général. Soit elles m’énervent, soit je les oublie. Mais celle de Breaking Bad était assez cool, même si je donnerais cher pour avoir des nouvelles des personnages après !

  • Y a-t-il une fin de série que tu détestes ?

Celle de Falco m’a vraiment énervée, car je n’ai pas du tout apprécié l’introduction d’un nouveau personnage, comme si celui qui donnait son nom à la série pouvait être remplacé. Très mauvaise stratégie selon moi.

  • Quel livre recommanderais-tu à tout le monde ?

Probablement les Propos sur le bonheur d’Alain. Il fait relativiser pas mal de choses et a été très important pour moi.

  • Quel personnage de série, de cinéma et/ou de roman aurais-tu voulu être ?

Je suis déjà plus ou moins tous les personnages de mes propres textes, et je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle ! Sinon j’aurais bien aimé vivre dans un film d’Emmanuel Mouret, où l’on discute beaucoup de sentiments entre gens de bonne compagnie, et où on rit pas mal. Oh et bien sûr, j’adorerais être une sensate ! Être connecté à un cluster a l’air absolument formidable !

  • Si tu pouvais voyager, quelle serait ta première destination ?

Copenhague, et j’y vais bientôt ! 😀

  • Quelle série et quel film attends-tu avec impatience ?

La suite de Sense8 et celle de Mr.Robot. Le prochain film d’Emmanuel Mouret, qui adapte une partie de Jacques le Fataliste.

  • Quel est ton genre de films favori ?

Une amie m’a dit un jour « toi tu aimes les films sur les gens ». Je crois qu’on ne peut pas dire mieux. Parce que sinon je vais répondre « comédie dramatique », et c’est un peu fourre-tout.

  • Y a-t-il un roman que tu voudrais voir adapté en film ou en série ?

Oui, plusieurs même ! Le Complexe d’Eden Bellwether, Treize, Les règles d’usage, Repose-toi sur moi

  • Si tu devais être figurant(e) dans une série, laquelle ce serait ?

Sense8, forcément, j’adorerais. Plus réaliste, une série française, par exemple les prochaines d’arte dans la veine de Trepalium. Ou alors Dix pour cent, ça, ce serait vraiment top !

Et donc il faut que je me creuse la tête pour trouver onze nouvelles questions à poser… Je sens que je vais faire très original ! ^^

Si tu étais un poème…

Si tu étais un roman…

Si tu étais une chanson…

Si tu étais un instrument de musique…

Si tu étais un site internet…

Si tu étais un personnage historique…

Si tu étais un auteur…

Si tu étais un personnage secondaire…

Si tu étais une morale de fable…

Si tu étais un dessert…

Si tu étais un mot en langue étrangère…

Et c’est l’heure des nominations ! Promis j’essaye de ne pas nommer les mêmes que la dernière fois ! Allez, c’est parti avec SeriesdeFilms, CritiksMoviz, Kiwi Voyageur, Le Tanuki, Julie Juz, Ma Lecturothèque, Un bouquin dans la tasse, Le Brocoli de Merlin, Le Savoir-Lire, The Cosmic Sam et… Tinalakiller (avoue tu as cru que tu y échapperais !).

« Un amour de jeunesse » : « les amours qui suivent sont moins involontaires »

affiche-film-un-amour-de-jeunesseCamille, quinze ans, aime passionnément Sullivan. Mais celui-ci décide d’abandonner ses études pour partir en voyage en Amérique du Sud. Peu à peu, les lettres s’espacent et il rompt avec la jeune fille. Après un deuil douloureux de cet amour, Camille entame des études d’architecture…

J’avais depuis longtemps envie de découvrir les œuvres de la réalisatrice Mia Hansen-Løve, sans doute intriguée par son ascendance philosophique (ses deux parents ont enseigné la philo). Si je lorgnais sur L’avenir, j’ai finalement eu d’abord l’occasion de voir Un amour de jeunesse, dont le sujet m’intéressait également.

J’ai trouvé les portraits d’adolescents d’emblée assez justes, avec des postures et des expressions crédibles pour de jeunes gens, sans tomber non plus dans l’exagération ou la caricature. Souvent agacée par l’attitude et le langage que l’on prête aux ados dans les représentations populaires, j’ai assez apprécié de trouver en Camille et Sullivan des jeunes gens bien élevés, éloquents et d’une certaine élégance. On est typiquement dans un cinéma d’auteur qui préfère miser sur l’universalité des sentiments que sur un ancrage profond dans une époque (on voit très peu d’objets technologiques dans le film et les vêtements sont assez intemporels), ce qui me convient très bien. Si Camille et Sullivan (Lola Creton et Sebastian Urzendowsky) sonnent vrai, leurs personnages n’en sont pas pour autant forcément sympathiques. Lui, indécis et égoïste, tenant trop à sa liberté pour s’engager réellement, multiplie pourtant les déclarations enflammées, avec une certaine inconséquence. Elle, passionnée et entière, semble chercher en l’autre une raison d’exister au point de l’étouffer. Ils forment donc un couple dysfonctionnel qui ne semble pouvoir vivre ni ensemble ni séparément.

Le montage du film un peu particulier accumule des séquences courtes sans transition, des moments de vie saisis sur le vif qui participent d’une impression de réalisme mais aussi d’un manque de narration, peut-être, qui peut laisser le spectateur assez extérieur à l’histoire. De plus, les ellipses importantes, qui ne s’accompagnent pas de grands changements physiques des acteurs (c’est l’éternel problème des films qui s’étalent dans le temps), contribuent à un certain effet de confusion.

J’ai trouvé assez intéressante la plongée dans l’univers des études d’architecture, même si, pour connaître un peu ce milieu, j’ai repéré quelques simplifications et embellissements de la réalité : les jeunes produisent de magnifiques maquettes en matériaux onéreux, trouvent facilement des postes importants dans des cabinets renommés à peine leurs études achevées… Le personnage de Lorenz, tout en retenue, est interprété avec élégance et presque trop de sobriété par Magne-Håvard Brekke, facilement éclipsé par la présence de Lola Creton. C’est dommage, on aurait aimé comprendre davantage cet homme qui s’éprend d’une étudiante qui pourrait être sa fille, ses motivations et sa vision à long terme de leur couple. Une fois encore, on a l’impression que c’est la femme qui désire et décide, et l’homme qui n’a qu’à accepter ou fuir cet amour imposant.

Forcément, on s’attend depuis le début à voir resurgir Sullivan dans la vie de la jeune fille, on l’espère même, tant l’amour entier qu’elle lui portait paraissait plus beau, voire finalement presque plus adulte que sa relation avec son professeur. À mes yeux le film accrédite la théorie de La Bruyère selon laquelle, « l’on n’aime bien qu’une seule fois, la première ». J’ai été un peu désappointée par la fin du film qui n’apporte pas vraiment de réponse et ne clôt pas le dilemme de Camille. On pourrait même y voir un certain aveu d’échec assez triste, même si j’imagine que ce n’est pas le sens que la réalisatrice voulait donner à la symbolique du chapeau, objet central du film.

Tout au long du film, j’ai beaucoup apprécié la bande-son très élégante qui confère de la force à un parcours de vie somme toute assez banal, celui d’une jeune fille qui n’oublie pas vraiment son premier amour. J’aurais eu envie d’éprouver plus d’émotions face à cette histoire, mais la partie après l’ellipse a été trop sage pour vraiment m’emporter dans l’évolution de Camille. Un joli film tout de même.

« Tous en scène » : chante oui chante !

affiche-film-tous-en-scèneAlors que son théâtre est au bord de la faillite, Buster Moon, koala passionné par le spectacle, décide de lancer un grand concours de chant ouvert à tous les animaux de la ville. Suite à une erreur de son assistante, la récompense annoncée est de 100 000 dollars…

Dans l’ensemble, je trouve que, bien que pléthorique, la production de films d’animation récente reste de très bonne qualité. Grande fan de Moi, moche et méchantMoi, moche et méchant et des Minions, je suis avec intérêt les productions des studios Illumination Entertainment. Un peu moins attirée par Comme des bêtes, que je n’ai toujours pas vu, je me suis laissée tenter par Tous en scène (Sing), qui avait tout pour me plaire.

D’une part, une galerie d’animaux anthropomorphes comme personnages, dans un monde où les humains n’existent pas. Ça vous rappelle Zootopie ? Moi aussi, et comme j’avais adoré la petite lapine et le renard filou de Disney, je m’attendais également à découvrir des personnages adorables et attachants. De ce côté, j’avoue que j’ai été un peu moins convaincue. Les personnages sont convaincants, ils ont chacun un caractère identifié et des particularités mais je n’ai pas ressenti d’attachement particulier à leur égard et je ne les ai pas trouvés particulièrement « chou ». Par contre, certains d’entre eux sont très drôles ! Je me suis vraiment bien amusée en regardant le film, et les gags aussi gros que l’œil de Miss Crawly ont vraiment fonctionné avec moi. On est dans une vraie comédie conçue pour faire marrer petits et grands et ça marche.

Visuellement, il y a aussi quelques trouvailles sympathiques (les poulpes lumineux par exemple), toujours au service de l’histoire, ce qui est appréciable. Car le film développe une vraie intrigue qui se tient, avec des moments plus rocambolesques. On retrouve bien le style de Moi, moche et méchant qui allie intrigue menée tambour battant, parfois même avec des enjeux assez adultes (ici des questions d’argent qui risquent de faire perdre son théâtre à Buster Moon), et des moments de loufoquerie totale.

Mais ce qui me tentait vraiment dans ce film, c’est sa thématique musicale. Avec son télé-crochet animalier, Tous en scène est une sorte de pastiche de The Voice ou Incroyable talent. Et ça, j’achète ! (On me dit dans l’oreillette que je me trompe d’émission.) Les scènes chantées sont un peu le clou du spectacle, avec un casting vocal particulièrement soigné : Reese Witherspoon, Scarlett Johansson, Taron Egerton, Jennifer Hudson… En français, bizarrement, ont été choisis des chanteurs pour… faire uniquement les voix parlées, les chansons restant en anglais. Je trouve ça vraiment dommage qu’on ne puisse pas profiter de la voix d’Élodie Martelet pour les chansons d’Ash, en particulier. Du coup je suis bien contente d’avoir opté pour la VO. Les chansons sont sympathiques, et les performances parfois assez impressionnantes, mais je n’ai pas été plus transportée que ça par le choix des morceaux.

Et côté message, ça dit quoi ? Eh bien là encore, c’est assez convenu mais sympathique, avec l’idée que le talent peut se cacher partout, que tout le monde a le droit de vivre ses rêves (oui, même maman cochon avec ses 25 porcelets), que si on suit son cœur tout le monde reconnaîtra qu’on a fait le bon choix, et qu’il ne faut pas avoir peur de faire ce dont on a envie (mention spéciale à Meena).

Si j’ai vraiment passé un bon moment de divertissement, je trouve que le film est loin des précédentes créations d’Illumination en termes de potentiel culte. Néanmoins je ne dirai pas non pour une suite !

J’ai touché le fond de « La Piscine »/« A Bigger Splash »

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affiche-film-la-piscineMarianne et Paul, couple riche et amoureux, profite des vacances au soleil dans une villa avec piscine. Mais leur intimité est troublée par l’irruption de leur vieil ami Harry et de sa fille, la jeune Penelope.

 Movie challenge 2017 : un remake ou un film ayant été l’objet d’un remake

Par principe, je ne suis pas fan des remakes : si un film existe déjà, pourquoi réutiliser la même histoire au lieu d’en inventer une nouvelle ? Mais comme je savais que La Piscine était disponible dans la DVDthèque paternelle, et que le casting hétéroclite d’A Bigger Splash me rendait curieuse, je me suis dit que c’était l’occasion de découvrir un classique du cinéma français. Je rappelle que je suis assez inculte en ce qui concerne tous les films plus vieux que moi, donc forcément, c’était mon premier Jacques Deray. Bon, je voyais quand même qui sont Alain Delon et Romy Schneider !

Le film partait plutôt bien, avec ces images écrasées de soleil – j’adore les images solaires, même surexposées, au cinéma – et ce couple fou amoureux, mais dont la relation ne m’a pas semblée très saine. Il faut dire que Jean-Paul (Delon) est tyrannique : il passe son temps à donner des ordres à Marianne, et semble dominateur dans leurs relations sexuelles (même si on ne voit pas grand chose de concret). Et puis arrive l’insupportable Harry, fêtard et séducteur invétéré, et sa fille (Jane Birkin) aux allures de biche effarouchée. Et là, au bout d’environ une demi-heure de film, la suite m’a parue évidente. Tellement évidente que je me suis ennuyée, suivant l’intrigue linéaire à coup de « eh voilà j’en étais sûre » jusqu’à LA scène de la piscine. Un peu d’action ! Je pensais que le film touchait à sa fin, mais non, il se fend ensuite d’une petite enquête policière dont je n’ai pas trop compris l’utilité. Si ce n’est peut-être de se dire que le couple Jean-Paul/Marianne est décidément bien malsain.

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Et le remake, alors ? Ayant trouvé le premier film très prévisible dans son chassé-croisé amoureux, je craignais de m’ennuyer deux fois plus devant le second. Bonne nouvelle, j’ai plutôt plus accroché à l’histoire grâce à un rythme plus soutenu, un montage et des plans un peu plus imaginatifs et des flash-backs qui résolvent les ambiguïtés des relations entre les personnages. Là où le film de Deray ne faisait que suggérer et laissait ses protagonistes au rang de caractères esquissés, celui de Luca Guadagnino fait l’inverse : il nous montre, il nous explique, quitte à en dire trop et tuer le sentiment de mystère. Bref, il tombe dans l’excès opposé. Rien que l’évolution des professions des personnages (Marianne n’est plus journaliste mais rock star – aphone, ce qui donne à Tilda Swinton un rôle quasi muet… et quasi inconsistant ; Paul ne travaille pas dans la pub mais dans la photo, et Harry est resté producteur) les place clairement du côté de ces stars qui font n’importe quoi pour le fun. Quelques scènes sont restées identiques (Harry sautant dans la piscine en criant), mais pour le reste, j’ai souvent eu l’impression de voir une caricature. Harry (Ralph Fiennes, qui a dû bien s’amuser à danser comme un dégénéré) se donne en spectacle en permanence, il croit que tout lui est dû, il est à la fois pathétique et horripilant (bien plus que la version gentiment pénible de Maurice Ronet). Penelope (Dakota Johnson), auréolée de la rémanence de Fifty Shades, a perdu toute innocence au profit d’une sensualité provocante. Bref, le tout manque de subtilité. Sans surprise, le seul personnage qui tire son épingle du jeu est Paul (Matthias Schoenaerts). Alors que dans La Piscine, les deux hommes sont antipathiques, ici Paul est le gentil de l’histoire (en même temps, l’interprète de Gabriel Oak pouvait-il avoir l’air méchant ?). D’où une fin qui s’éloigne du film original, surprise bienvenue.

J’aurais peut-être préféré le remake, dans l’ensemble, s’il n’y avait eu cette volonté d’y insérer un message politique très maladroitement amené. Car nos happy few en goguette en Sicile croisent régulièrement les habitants modestes de l’île et les réfugiés, qui surgissent comme une vague menace à laquelle les riches ne s’intéressent guère… sauf quand il peut s’agir de rejeter la culpabilité sur eux. Bref, les riches sont des méchants égoïstes qui ne compatissent pas à la misère qu’ils ont sous les yeux… Mais que diable cette morale allait-elle faire dans cette galère ?