ToutepremierefoisJérémie, 34 ans, s’éveille aux côtés de la belle Adna, une Suédoise rencontrée la veille. Stupeur et tremblements pour le jeune homme qui s’apprêtait à épouser… Antoine, l’homme de sa vie.

Je ne vais pas m’attarder sur la raison évidente pour laquelle j’aurais pu regarder ce film : si vous suivez le blog, vous savez bien que l’acteur principal est l’un de mes favoris du cinéma français. Par contre, la présence au casting de Lannick Gautry est un peu moins fréquente et représente pour l’amoureuse inconditionnelle de Nos Jours heureux que je suis un avantage non négligeable.

Et pourtant, à sa sortie au cinéma, j’ai boudé Toute première fois. Malgré des têtes d’affiche alléchantes et l’estampille « premier film » qui aurait pu me séduire, je m’en suis tenue à une bande-annonce rassemblant les scènes à mes yeux les moins intéressantes du film et mettant en valeur les pitreries de Franck Gastambide et Camille Cottin. Les Kaïra et Connasse synthétisant à peu près tout ce qui m’exaspère dans l’humour français, j’ai laissé tomber l’idée d’aller en voir plus au cinéma.

Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, c’est bien connu. Quelques mois plus tard, je me suis rendu compte – réfléchissant sur le sujet dans un cadre professionnel – que ce film était sans doute le seul en France partant du postulat d’un mariage gay présenté comme une situation normale, admise par l’entourage des deux intéressés, et notamment par les parents de Jérémie (Isabelle Candelier et Frédéric Pierrot – ai-je déjà dit à quel point je trouve cet éternel acteur de second rôle toujours juste et touchant ?).

J’ai donc mis de côté mes préjugés et… j’ai passé un bon moment. Déjà, je dois avouer que j’ai bien ri. Riche en gags et en situations rocambolesques, le film doit beaucoup à son rythme enlevé, plus à mon avis qu’à certains dialogues un peu lourds (la bifle dans les vestiaires, personnellement, ça ne me fait pas marrer). Surtout, pour une fois, je n’ai pas trouvé la fin totalement prévisible. Si la dernière scène n’était sans doute pas indispensable, le choix de Jérémie est quant à lui intéressant. Pendant une bonne partie du film, il hésite, déchiré entre deux êtres si différents et qui l’attirent également. C’est sans doute le point fort de ce long-métrage : avoir réussi à insuffler à cette franche rigolade la profondeur du drame sous-jacent. Car plus le film avance, plus il semble évident que Jérémie va forcément briser le cœur d’Antoine ou d’Adna.

Or ils sont tous deux fondamentalement sympathiques, et bien malin celui ou celle qui réussirait à prendre parti. On découvre ici un Lannick Gautry moins léger qu’à l’ordinaire, avec enfin autre chose à montrer qu’une tête à claques de dragueur impénitent (voir Nos Jours heureux et Un heureux événement). On pressentait qu’il pouvait se révéler touchant, c’est ici le cas quand il tente de sauver son couple sans savoir d’où vient la menace. Celle-ci prend les traits de la charmante Adrianna Gradziel (qui n’est en réalité pas suédoise mais franco-polonaise née en Autriche). Tout juste sortie d’une école de théâtre, la jeune femme prête sa plastique parfaite et son regard candide à la pétillante et foldingue Adna que rien ne semble pouvoir effrayer. On comprend qu’elle puisse faire perdre la tête à Jérémie !

L’idée est bonne, les trois acteurs du trio amoureux pleins de charme et de fraîcheur, et la comédie a le mérite de ne pas donner dans le déjà-vu, même si elle n’évite pas quelques lourdeurs. Une première fois sympathique qui m’aura en tout cas donné envie de suivre la carrière débutante de l’actrice principale.

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