« Every Thing Will Be Fine », faire écrit de tout bois

affiche-film-every-thing-will-be-fineTomas sur son nouveau roman et son couple bat de l’aile. Un soir, il percute accidentellement en voiture deux jeunes enfants, dont l’un décède sur le coup…

J’avais ce film dans ma liste à voir depuis longtemps, attirée par son affiche et par la promesse d’une histoire d’écrivain, un sujet qui m’intéresse beaucoup en général (par exemple dans The Words, Le mystère Henri Pick ou Un homme idéal). La mise en ligne sur le site d’Arte était donc une bonne occasion, constituant aussi pour moi l’opportunité de découvrir le cinéma de Wim Wenders, dont le dernier film, Submergence, me tentait aussi beaucoup.

J’ai été assez séduite par le début du film, l’ambiance glacée, la froideur ambiante qui semble même contaminer le protagoniste, et cette scène d’accident étonnamment silencieuse et douce, comme amortie, extrêmement bien filmée pour faire grimper l’ironie tragique. À ce stade j’étais vraiment emballée et j’avais hâte de voir la suite de l’histoire, ce qui allait arriver à Tomas mais aussi à la mère éplorée.

Malheureusement, la réponse à cette question est assez simple : pas grand-chose. Et c’est là que l’ennui survint. Je ne saisis pas très bien ce que le réalisateur a voulu faire avec ce film. Montrer que l’écriture, comme tout art, se nourrit des expériences vécues, comme une réplique de l’éditeur de Tomas le pointe ? Retracer la vie du protagoniste et du jeune Christopher jusqu’à ce que la prédiction « Every thing will be fine » puisse semblée réalisable ? Les enjeux ne sont pas très clairs, et le film navigue dans une sorte de flou permanent, qui au final donne une grande impression de vacuité.

James Franco incarne un homme assez secret, qui ne communique pas ses émotions et gère seul ses traumatismes la plupart du temps, puisque la seule personne à laquelle il s’ouvre de son besoin de « réparer » est la mère de l’enfant décédé. De ce fait, son entourage (enfin ses compagnes successives, car son père est juste de passage dans deux scènes inutiles à l’économie du film) l’accuse de manquer d’émotions. Ce n’est pas vraiment ainsi que j’ai perçu le personnage mais il est assez insaisissable, ce qui contribue à l’aspect filandreux du film, qui glisse dès qu’on croit pouvoir creuser une thématique (le deuil, la religion, l’art, les relations de couple…). Charlotte Gainsbourg est quasi inexistante, réduite à des plans intercalés qui la montrent en train de promener son chien dans la nature, et c’est dommage car son personnage, artiste aussi à sa manière (elle est illustratrice) semble prometteur mais pas assez exploité.

En dépit de quelques belles lumières et de plans joliment composés, le film ne m’a procuré qu’un ennui abyssal, tant son scénario est creux et ses dialogues superficiels, ce qui est d’autant plus surprenant que les thèmes convoqués auraient permis beaucoup plus de profondeur. Moi qui ai un penchant pour un cinéma assez bavard à la Rohmer, ici, j’ai été bien mal servie et plutôt rebutée dans ma découverte de la filmographie du cinéaste allemand.

2 commentaires sur “« Every Thing Will Be Fine », faire écrit de tout bois

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