« Thunder Road » : « Who the hell was I ? »

affiche-film-thunder-roadJimmy Arnaud enterre sa mère. Parce qu’elle était prof de danse, il se lance dans une chorégraphie ratée pour lui rendre hommage. Les regards sur ce flic lambda changent à mesure qu’il perd pied…

Le festival du cinéma américain de Deauville est probablement l’un de mes préférés. Ces dernières années, il a consacré des films qui m’ont beaucoup touchée comme Whiplash, Captain Fantastic, The Rider, A Ghost StoryIl était donc évident pour moi d’aller découvrir Thunder Road, le Grand Prix de cette année.

La bande-annonce a achevé de me motiver, laissant entrevoir un film indé mêlant les genres et les émotions. De fait, c’est un bel ovni que ce film écrit, produit, réalisé et joué par Jim Cummings, sorte d’homme-orchestre qui avec trois bouts de chandelle et quelques amis acteurs/trices a réussi à emballer jurés et festivaliers.

La scène d’ouverture, qui a tout du moment culte, est emblématique d’un film où le rire, la gêne et les larmes s’entremêlent aux instants les plus imprévus. Le spectateur est tiraillé entre amusement et compassion au fil du monologue interminable de Jimmy. Le jeu de Jim Cummings est assez époustouflant : il peut grimacer de chagrin et l’instant d’après produire sa plus belle poker face. Le côté cyclothymique du personnage le rend incongru et attachant à la fois, et heureusement, car tout le film repose sur les épaules de Jimmy Arnaud. Il y a bien quelques personnages secondaires : son collègue et ami, sa fille, son ex-femme, mais au fond ce qui nous importe c’est de voir comment le flic va sombrer ou au contraire se relever.

Sur un scénario relativement simple et assez classique du ciné indé américain, habitué des parents célibataires paumés, Jim Cummings brode par échos l’histoire tragi-comique d’un homme qui en quelques jours risque de tout perdre. La déchéance apparaît sous les traits d’un homme hagard sur un parking, que le flic interpelle de façon peu conventionnelle et qui préfigure son destin. À l’opposé, la rédemption se dévoile dans les paroles de la chanson de Bruce Springsteen qui donne son titre au film et insuffle l’idée d’une issue de secours à son personnage.

Entre le rire et le chagrin, il y a la place pour quelques scènes empreintes de douceur (lorsque Jimmy joue avec sa fille) et d’autres dignes des meilleurs films « de pétage de plomb » (j’ai pensé clairement aux Nouveaux Sauvages parmi lesquels Jimmy Arnaud n’aurait pas déparé).

Plutôt classique dans sa mise en scène (il fallait bien ça pour contrebalancer l’extravagance de son personnage), le film est néanmoins de très honnête facture pour un premier long réalisé avec si peu de moyens. Il y a fort à parier que cette entrée en matière par la grande porte en ouvrira d’autres à l’éclatant Jim Cummings. Et tant mieux, car on gage qu’il n’a pas fini de surprendre.

13 commentaires sur “« Thunder Road » : « Who the hell was I ? »

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  1. Tu connais mon avis. Assez mitigée sur ce film que j’ai trouvé très égocentrique et avec une fin wtf qui ne m’a pas convaincue. Heureusement qu’il y a pour moi quelques scènes qui sortent du lot !

    1. J’ai trouvé la fin plus prévisible que WTF haha. Mais j’ai vu sur Twitter que tu n’es pas la seule à l’avoir trouvé égocentrique.

  2. Je précise que c’est pas forcément par le fait que le gars ait tout fait, ça, franchement, chapeau. Mais il laisse pas ses personnages principaux exister et le personnage a quelque chose de « problématique » et je ne suis pas si sûre que le réalisateur s’en rend compte.

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