« L’Ordre des médecins » : l’impuissance en blouse blanche

affiche-film-l-ordre-des-medecinsSimon, pneumologue, se trouve confronté à la situation de la famille des patients lorsque c’est sa mère qui est hospitalisée, atteinte d’un cancer avancé.

Lorsque j’ai aperçu le titre de ce film dans le line-up de Pyramide, forcément j’ai pensé à Thomas Lilti, LE cinéaste du monde médical en France. Mais non. Cette fois-ci, c’est un premier long-métrage, signé David Roux. Il fallait que j’aille voir de quoi il retournait.

C’est une histoire toute simple et inspirée de sa propre famille que nous raconte l’auteur-réalisateur, celle d’un homme qui croyait qu’être médecin pourrait lui permettre de sauver sa mère le moment venu, et qui se découvre impuissant face à la grave maladie de celle-ci. Aucun suspens, et pas vraiment de rebondissements dans l’histoire. La scène d’ouverture, dans laquelle le pneumologue rend un verdict définitif au sujet d’une patiente (« elle aura la mort qu’elle voulait ») sonne comme une annonce prophétique : sa mère est une patiente comme les autres et, même s’il aimerait une autre issue, elle est vouée à décéder comme tout être humain.

L’intérêt du film réside donc moins dans ce vers quoi il tend que dans le chemin qu’il emprunte. Un chemin très humain, intime. On est finalement assez loin des films de Thomas Lilti, dans lesquels les parcours individuels résonnent toujours avec une situation collective. Chez Thomas Lilti, l’hôpital, le cabinet médical de campagne, la fac de médecine sont des personnages à part entière de l’intrigue. Ici, Simon n’est pas tout médecin, il est avant tout un homme au milieu de sa vie ou presque qui doit accepter de voir sa mère partir. Bien sûr, sa profession amplifie la responsabilité qu’il sent peser sur ses épaules, puisqu’il a l’impression que toute sa famille attend de lui qu’il sauve la mourante. Mais il s’agit d’un moyen de faire naître une réflexion sur la fin de vie et la transmission plus que d’une fin.

Classique dans sa forme, le film s’offre des moments de grâce soutenus par une bande-son planante et investie (des chants yiddish à la chanson d’enfance en passant par la musique originale de Jonathan Fitoussi) et des plans réussis sur les couloirs de l’hôpital habité d’une lumière spectrale.

Tout le casting fait preuve d’une réelle délicatesse, Jérémie Rénier et Marthe Keller en tête dans un duo mère-fils touchant où elle semble à chaque entrevue tenter de lui insuffler toute la joie de vivre dont elle est capable. Émouvants également, le père déboussolé (Alain Libolt) et la sœur (Maud Wyler, la jolie découverte de ce film pour ma part). Mention spéciale à Zita Hanrot et Frédéric Epaud qui apportent respectivement dynamisme et assurance, solidité et humour à l’ensemble.

Avec L’Ordre des médecins, David Roux réalise un coup d’essai prometteur et prouve que l’hôpital est décidément un lieu qui n’a pas fini de susciter la fiction sous l’œil des caméras.

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