« L’Appel » : toujours plus haut

couverture-livre-l-appelParce que Richard est grand pour son âge, on l’inscrit au saut en hauteur. Mais malgré son investissement, il stagne. Jusqu’au jour où il découvre une technique de concentration face à son miroir et se met à pratiquer la course à pied…

Je ne sais pas au juste ce qui m’a donné envie de découvrir le roman de Fanny Wallendorf. Probablement ma curiosité pour les premiers romans qui est toujours bien présente, et mon goût pour les parutions de Finitude en général. Parce que, sur le papier, il n’y avait pas de raison particulière pour que j’adhère à un roman biographique autour de l’homme qui inventa le saut en hauteur dorsal. Moi qui ne raffole pas des histoires vraies (même si cela me dérange moins de lire un biopic que d’en voir au cinéma), j’ai pourtant attaqué ce récit avec enthousiasme (et il en fallait, car le livre est déjà plus gros que ma moyenne habituelle, avec ses 346 pages). 

Je suis ravie de m’être lancée dans cette lecture qui m’a happée dès les premières pages. Fanny Wallendorf réussit à nous faire oublier qu’elle raconte une histoire vraie, celle d’un champion, pour nous plonger dans le quotidien d’un petit garçon puis rapidement d’un adolescent presque comme les autres. Certes, Richard est dégingandé et stagne dans le saut en ciseaux, mais il a en lui quelque chose de particulier qui ne demande qu’à éclore. Et tout le livre tire sa beauté de cette tension entre un jeune homme tout simple qui vit les mêmes expériences que ses pairs (les devoirs à faire, une famille aimante qui le soutient, la découverte du sentiment amoureux et du plaisir…) et l’athlète de haut niveau qu’il est en train de devenir et qui va révolutionner son sport.

Je ne suis pas une grande sportive, en tout cas je n’ai jamais pratiqué aucun sport de compétition, mais pourtant j’ai trouvé extrêmement facile de s’identifier à Richard. Le jeune homme rêveur, humble, aimant et persévérant est un des plus beaux personnages romanesques qu’il m’ait été donné de découvrir durant ces dernières années. Et le style de l’autrice lui rend hommage avec une prose très limpide, facile à suivre, mais en même temps inspirée avec des élans poétiques autour du saut et de tout ce qui meut Richard, comme son histoire d’amour avec Beckie. L’ensemble est très beau mais sonne surtout vrai, juste et sincère.

Je suis véritablement impressionnée par ce livre, car sur un sujet aussi pointu en apparence, Fanny Wallendorf touche à mes yeux à l’essence de la littérature : nous faire éprouver à travers un destin particulier des sentiments universels. Si je me suis sentie aussi touchée, j’imagine que ce n’est pas seulement en raison d’un certain suspens qui nous pousse à avancer dans le récit pour connaître les progrès de Richard. La persévérance, la joie exaltée de vivre sa passion au quotidien, ce sont des éléments très importants dans ma propre vie. Certaines citations m’ont été droit au cœur, telle que « la ferveur était la clef qui ouvrait toutes les portes » ou « pour lui, ne plus s’extasier est une chose déshonorante ». Il y a une foi étrange et presque religieuse de Richard pour son saut, quelque chose de très intime et intense qui parlera, j’en suis sûre, à tous les tempéraments passionnés.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :