« Submarino » : deux frères et un couffin

affiche-film-submarinoNick et son frère s’occupent du bébé que leur mère alcoolique délaisse et lui choisissent ensemble un prénom. Des années plus tard, les deux frères tentent tant bien que mal de surmonter leurs blessures d’enfance, séparément…

On peut dire que je n’aurai pas terminé l’année 2017 sur des films joyeux puisque mon avant-dernier visionnage a été consacré à ce film de Thomas Vinterberg que j’avais échoué à caser dans le Movie challenge. Vinterberg fait partie depuis La Chasse de mes cinéastes favoris. J’aime autant sa façon de dépeindre la noirceur quotidienne (comme dans Festen) que sa capacité à mettre en scène des personnages profondément humains (comme dans Loin de la foule déchaînée) et Submarino faisait donc partie des films que je voulais absolument voir, sans savoir réellement de quoi il était question.

Disons que le revers de ma tendance à vouloir voir les films en sachant le moins de choses possibles sur leur contenu, c’est de ne pas pouvoir anticiper les séances agréables et celles plus délicates. Attention donc, si vous êtes particulièrement sensibles à la violence, au sort des enfants et des femmes, aux histoires de drogue, aux meurtres, et même aux mutilations, je ne vous conseille pas ce film.

Oui, Submarino est un film glauque, jusque dans ses éclairages et ses couleurs (je rappelle qu’au sens propre « glauque » signifie « verdâtre »). Car dans la vie de Nick et de son frère, les éclaircies ne sont pas légion. Certes, le cadet peut compter sur son fils, l’adorable Martin, pour un peu de distraction, mais il a beau l’aimer, il ne parvient pas à prendre le dessus sur son addiction à la drogue pour s’en occuper convenablement. Quant à Nick, il vit dans un foyer et passe ses nerfs à la salle de sport, ou en cognant sur les objets qui se présentent.

Le film est construit 4 parties : une introduction qui présente la jeunesse des protagonistes en quelques scènes, afin de faire connaître aux spectateurs le traumatisme initial, puis l’on suit Nick adulte, avant de revenir en arrière pour observer la vie de son frère. Enfin on assiste aux retrouvailles des deux frères, dans des circonstances pour le moins particulières.

Même si le film est très dur avec beaucoup de thèmes lourds, notamment autour des enfants et des violences faites aux femmes (le personnage d’Ivan est particulièrement abject envers elles), je l’ai trouvé intéressant, à la fois grâce à sa construction mais aussi grâce au jeu des acteurs. Tous sont totalement crédibles et en particulier les deux frères. J’avais déjà eu l’occasion de voir Peter Plaugborg en personnage inquiétant dans Les enquêtes du département V et de fait je l’ai trouvé ici aussi assez stressant, alors que j’ai eu plus de compassion pour Nick, sans doute parce que j’avais en tête le rôle de gentil flic de Jakob Cedergren dans la série Meurtres à Sandhamn. Submarino prouve la capacité de l’acteur danois à incarner des personnages très divers, car pour un peu je ne l’aurais pas reconnu !

Enfin, la fin du film offre une note d’espoir en même temps qu’elle fait la boucle avec la scène du début. Certes, j’avais compris depuis le milieu du film ce que Nick va raconter à Martin, mais j’ai tout de même trouvé cette chute bien amenée et touchante.

Un film très dur qui dévoile tout le talent de Vinterberg pour filmer les personnages cabossés par la vie, sans craindre de se confronter aux pires tares de l’humanité.

6 commentaires sur “« Submarino » : deux frères et un couffin

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  1. Je ne suis pas sûre que ce soit le genre de films que j’ai envie de voir en ce moment, mais il m’intrigue quand même ! Je le note dans un petit coin 🙂

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