« Pure », Mozart et du courage

affiche-film-pureKatarina a une révélation la première fois qu’elle entend Mozart. Elle réussit à se faire embaucher comme standardiste à la salle de concert locale…

Cela faisait plusieurs années que j’avais ce film dans ma liste à voir, parce qu’il a permis l’éclosion de la carrière d’Alicia Vikander, et qu’on y retrouve aussi Martin Wallström (aka Tyrell Wallick dans Mr Robot). Mais j’ai mis longtemps à réussir à le trouver en VOST. J’en profite d’ailleurs pour râler un instant : c’est toujours une galère de trouver les films scandinaves en VOST, même en DVD, l’offre légale étant clairement minable dans ce domaine.

Mais j’ai finalement découvert le film de Lisa Langseth, et je vais avoir du mal à en parler sans trop en dévoiler. Le film s’est révélé assez proche de ce que j’en attendais, du moins au début. On est dans le registre du drame social nordique, pas loin d’un Vinterberg (je pense en particulier à Submarino pour le personnage de la mère, même si ici l’alcoolisme est présenté de façon nettement moins frontale). En même temps, l’arrière-plan glauque de la vie de Katarina reste en toile de fond : les scènes sont courtes, comportent peu de dialogues. On a vraiment l’impression d’une entrée en matière, presque un résumé du type « si vous avez raté les épisodes précédents ». Le film trouve son véritable sujet dans la rencontre de Katarina avec la salle de concert, qui apparaît presque comme un personnage du film. On bifurque vers le récit d’apprentissage lorsque la jeune fille se trouve trois mentors : Mozart, dont la musique la transporte et lui fait ressentir des émotions fortes, Kierkegaard dont la citation (je n’en ai pas retrouvé trace dans ses œuvres d’ailleurs, j’imagine qu’il s’agit d’une reformulation) « Courage is life’s only measure » devient un mantra et Adam, le chef d’orchestre qui s’entiche de cette gamine perdue et zélée et s’emploie à faire son éducation. Peu à peu, la tonalité du film change encore, pour glisser vers le thriller à mesure que l’évolution de Katarina semble s’enrayer, mais je n’en dirai pas plus pour ne pas déflorer le suspens.

Bien qu’assez érudit dans ses références (Kierkegaard mais aussi le poète Gunnar Ekelöf), le film a aussi quelque chose de taiseux. Beaucoup de plans se passent de texte, se contentent de répliques brèves, ou voient les personnages se couper la parole dès que l’un commence à trop en dire. Cette forme qui privilégie la musique et les images convient bien au personnage de Katarina. D’une part, parce qu’on sent qu’elle se perçoit comme différente et a du mal à communiquer avec ses proches (sa mère, son petit ami Mattias avec qui elle semble avoir peu de choses en commun) ou avec son entourage professionnel. Katarina ne se sent jamais à sa place, elle est donc souvent seule dans sa bulle. D’autre part, parce qu’elle a quelque chose d’instinctif, d’animal, de trop intense pour en faire des phrases. Pour son premier rôle dans un long-métrage, Alicia Vikander crève l’écran quasiment à chaque plan et magnifie ce portrait d’une jeune fille trop intelligente et sensible pour son milieu, trop passionnée et intense pour les relations socio-professionnelles, trop rêveuse et généreuse pour la cruauté des hommes.

2 commentaires sur “« Pure », Mozart et du courage

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    1. J’ai galéré de fou, c’est un ami qui a fini par me le trouver en fait ! Mais je sais qu’il était sur certaines médiathèques numériques il y a pas longtemps, il y est peut-être encore.

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