« Boy Erased » : pardonnez-les, car la religion les a aveuglés

affiche-film-boy-erasedAlors que Jared est à la fac, il subit un double traumatisme : un viol, et une dénonciation pour homosexualité auprès de ses parents. Son père, pasteur, décide de l’envoyer suivre une thérapie de conversion…

Movie challenge 2019 : un film réalisé par un acteur qui joue dedans

Ce n’est pas la première fois qu’un cinéaste s’intéresse à l’enfer des thérapies de conversion, ces sortes de camps fermés dans lesquels des professeurs sans réels titres prétendent « soigner » les homosexuels, c’est-à-dire les rendre hétéros. L’an dernier, Desiree Akhavan nous avait gratifiés du très prenant Come as you are, porté avec conviction par Chloë Grace Moretz.

Cette fois, c’est l’acteur Joel Edgerton qui pour son deuxième long-métrage en tant que réalisateur s’appuie sur le témoignage d’un rescapé d’un de ces centres, Garrard Conley. On peut dire que le cinéaste donne de sa personne puisqu’il incarne dans le film Victor Sykes, le directeur du centre dans lequel le jeune homme est envoyé. Si on voulait simplifier, on dirait « le méchant » de l’histoire.

Heureusement, Boy Erased ne simplifie pas vraiment. Le film restitue ce qui se passe dans le centre, avec tous les « clients », les différents membres de l’équipe, les activités qui sont faites pour tenter de faire changer les jeunes. On ressent bien l’esprit étriqué des personnages adultes, totalement obnubilés par la religion qu’ils interprètent d’une manière ultra conservatrice. Mais on comprend également que Victor Sykes lui-même ne fait que lutter contre qui il est et est donc autant victime des préjugés que bourreau.

Si on a moins l’occasion de sympathiser avec les admis au centre que dans Come as you are, on peut quand même peu à peu différencier les profils, entre ceux qui espèrent vraiment changer, ceux qui suivent toutes les consignes à la lettre et font du zèle (performance étonnante de Xavier Dolan), ceux qui jouent le jeu pour espérer partir au plus vite. Et puis bien sûr Jared, incarné par un Lucas Hedges aussi bon qu’à l’ordinaire, bien parti pour se spécialiser dans les rôles d’ados en difficulté (après Manchester by the sea, Lady Bird, Ben is back).

On découvre par flashbacks ce qui l’a conduit dans le centre : ses relations avec ses parents pétris de religion, la découverte de son homosexualité à travers des expériences parfois douces et parfois violentes. Le film s’attarde sur les parents de Jared, son père pasteur qui ne parvient pas à voir au-delà de ses convictions (Russell Crowe, très juste) et sa mère que la situation va obliger à sortir de la passivité (Nicole Kidman, remarquable).

L’ensemble du film dégage un malaise, une tension due à la fois à la photo, souvent sombre chez les Eamond et d’un blanc clinique au centre, et à une bande-son très bien dosée. Le seul reproche que je pourrais faire au film est sans doute son extrême sérieux, qui s’il sied à la dénonciation de l’obscurantisme religieux et des cruautés qu’il engendre envers la communauté LGBT, manque à mes yeux d’une pointe de fraîcheur pour égaler son pendant féminin.

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5 commentaires sur “« Boy Erased » : pardonnez-les, car la religion les a aveuglés

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