ohboyNiko s’éveille aux côtés d’Elli, qui lui fait comprendre qu’elle n’en peut plus de son indécision amoureuse. C’est une dure journée qui commence pour le jeune homme, qui aurait bien besoin d’un café, mais la malchance le poursuit…

Movie challenge 2016 : un film en noir et blanc

C’est sur un blog que j’avais découvert ce film à travers une critique élogieuse mais, honte à moi, je ne sais plus chez qui (si vous vous reconnaissez, manifestez-vous en commentaire !). Je l’avais oublié jusqu’à ce que je tombe sur le DVD dans les rayonnages de ma médiathèque chérie. Il me fallait un film en noir et blanc pour mon challenge, c’était l’occasion. Ayant toujours eu de bonnes expériences avec le cinéma allemand, j’avais de grands espoirs pour ce film.

Un peu déroutée par le début in medias res qui nous plonge dans le quotidien de Niko, jeune homme paumé entre des études qu’il a choisi d’abandonner et une vie sentimentale un peu morne, j’ai rapidement adhéré au charme un peu étrange qui émane de ce film. D’un plan à l’autre, on suit le gentil loser dans ces pérégrinations berlinoises, ce qui permet au spectateur de rencontrer tout l’entourage du jeune homme peu à peu. On aperçoit seulement sa compagne mais on aura ensuite l’occasion de voir l’ami comédien de Niko, qui le traîne sur un tournage et chez des amis, son père, qui lui annonce qu’il a compris qu’il avait interrompu ses études et lui coupe les vivres, ainsi que d’autres personnages plus inattendus.

En effet, Niko va être confronté en une même journée à plusieurs personnes qui peuvent avoir un impact important dans sa vie : son nouveau voisin envahissant, une ancienne camarade de classe et enfin un vieil alcoolique au bar. D’une scène à l’autre, le film se fait tantôt drôle, tantôt grinçant, tantôt mélancolique. Le spectateur se prend d’empathie pour le jeune Berlinois et se laisse porter sans trop savoir où cela va le mener. Le running gag du café que Niko ne parvient jamais à obtenir donne à l’ensemble, assez varié et décousu, une certaine cohérence. Le café qui échappe sans cesse à Niko devient un symbole, celui de la difficulté à se prendre en main, à orienter sa vie comme on le souhaite, à rester maître des événements. Le hasard semble se jouer du personnage, mettant sur sa route en 24 heures plus d’embûches qu’en une vie entière.

Chronique de l’adulescence désabusée, le film de Jan-Ole Gerster bénéficie d’un noir et blanc superbe, qui met en valeur les regards et souligne les émotions. Moi qui ne suis pas très adepte de cette technique, j’ai vraiment trouvé cela élégant dans ce film. Il en ressort une vision assez grise et triste de la ville, mais aussi un charme suranné. La lumière transforme l’acteur Tom Schilling, que je n’ai pas reconnu alors que je l’avais pourtant déjà vu dans Suite française.

Le film permet d’aborder plusieurs thématiques intéressantes de façon assez inattendue : comment faire face aux conséquences de ses actes ? Peut-on prendre sa revanche sur le passé ? Le personnage de Julika est à cet égard très intéressant. Surtout, la dernière rencontre du film, avec le vieil homme ivre, est très surprenante et fait basculer l’œuvre dans une autre dimension, plus grave et dramatique. J’ai trouvé le dialogue entre les deux hommes remarquable, très bien amené et finement interprété par Michael Gwisdek.

De plus, la bande-son m’a paru particulièrement réussie, mettant en valeur chaque situation par des variations de rythme et de tonalité.

Récompensé par de nombreux prix en Allemagne en 2013, ce film original mériterait vraiment d’être davantage connu en France, car il dresse un joli portrait de caractère en situation et sait surprendre le spectateur jusqu’au bout, et lui procurer des émotions variées. Une très jolie découverte.

 

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