« Kubo et l’armure magique », laissez parler les petits papiers

Kubo vit avec sa mère après avoir échappé au grand-père qui lui a arraché un œil et a tué son père. Le jour, il va au village raconter des histoires de samouraïs à l’aide de ses origamis. Mais la nuit, il ne doit surtout pas sortir de peur d’être repéré par sa famille maternelle…

Movie Challenge 2021 : un film avec un objet magique

Travis Knight, vice-président des studios Laïka (réputés notamment pour Coraline), endosse le costume de réalisateur pour la première fois après avoir été producteur et directeur de l’animation. Il s’attelle à un long-métrage qui lui permet de mêler deux sources d’inspiration très personnelles : sa passion pour le Japon, où il a beaucoup voyagé depuis son enfance, mais aussi la relation entre son épouse et la mère de celle-ci, malheureusement atteinte de démence.

À partir de ces sujets intimes, le cinéaste collabore avec Marc Haimes et Chris Butler, venus d’horizons très différents, pour créer une grande fresque épique. Mais toujours avec l’idée d’une animation en stop-motion ! Le défi est de taille (4 mètres par 4,5 mètres pour le navire en feuilles), avec l’idée de déborder les limites habituelles du genre. Une exigence à la fois en volume, avec de très grosses pièces comme le squelette, des décors gigantesques, mais aussi en nombre d’expressions faciales des personnages principaux. À l’écran, le rendu est si spectaculaire qu’on se demande si on a bien affaire à du stop-motion et non à de l’animation numérique. C’est dans les gros plans qu’on perçoit vraiment l’aspect concret et matériel des objets et des personnages.

Visuellement, l’ensemble impressionne à la fois par ses paysages immenses, et par ses mouvements dynamiques. La vraie trouvaille réside dans l’utilisation des origamis, qui s’animent au gré de la musique jouée par Kubo sur son instrument à trois cordes. La scène de conte au milieu du village est déjà assez exceptionnelle, mêlant l’humour à une rapidité d’exécution folle, mais la suite continue à aligner les prouesses du jeune garçon, qui sont aussi des prouesses d’animation (le fameux bateau en feuilles).

L’esthétique du film rappelle par des plans marquants des œuvres déjà classiques et très réussies : le promontoire rocheux de Jack et la mécanique du cœur, les lanternes de Raiponce, l’importance de la Lune du Conte de la princesse Kaguya. Mais en réutilisant des évocations d’autres œuvres (on pense aussi à Mulan ou au Voyage de Chihiro et même à Tomb Raider ou Pirates des Caraïbes), Kubo et l’armure magique crée sa propre identité.

L’intrigue se déroule selon un schéma assez classique, avec un enfant qui désobéit aux injonctions parentales, ce qui va causer un drame qu’il cherche ensuite à réparer. C’est évidemment un récit d’apprentissage, le petit garçon devant apprendre à maîtriser ses pouvoirs et choisir son camp dans une famille déchirée. S’il brasse des thématiques comme l’humanisme, la famille, la mémoire, le plus original et intéressant reste l’hommage qu’il rend à la fiction à travers ce personnage de conteur, qui fait revivre son père au travers de sa légende qu’il perpétue. En cela c’est surtout à Light of my Life qu’il peut faire penser, avec sa mise à l’honneur du récit transmis par l’oralité.

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Un commentaire sur “« Kubo et l’armure magique », laissez parler les petits papiers

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  1. Merci pour la découverte 🙂 hésites pas à venir faire un tour sur mon site Intel-blog.fr et à t’abonner si ça te plaît 🙂

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