« Les Rêveurs » : derrière le sourire de façade

couverture-livre-les-reveursC’est d’abord l’histoire d’une femme qui rencontre un homme alors qu’elle allait accoucher de l’enfant d’un autre. Puis celle d’une fratrie perplexe face aux égarements de leurs parents. Parmi les enfants, la petite Isabelle…

J’avais depuis longtemps envie de découvrir le récit d’Isabelle Carré, Les Rêveurs. C’est une actrice que j’aime beaucoup, qui détonne dans le cinéma français par la palette de rôles qu’elle a su interpréter, mettant à profit son apparence douce tantôt pour incarner des personnages semblant assez proches de cette sensibilité, tantôt pour en prendre le contre-pied.

J’ai été d’abord un peu étonnée par le parti-pris d’avoir commencé par raconter non pas sa propre histoire mais celle de sa mère, qui semble constituer le personnage principal du récit. Mais peu à peu celui-ci, qui débute assez linéaire, se mue en un genre d’éventail dont chaque chapitre dévoile une autre facette de l’histoire, alternant époques et points de vue. Tantôt il est question de la jeune Isabelle, enfant quand elle crut pouvoir s’envoler, ado quand elle voulut le faire d’une autre manière, tantôt de la famille au complet et de leurs lieux de vie, tantôt du portrait de sa mère, qui, d’abord introspectif, devient de plus en plus extérieur, tantôt de son père et des différents jalons de sa vie d’artiste et d’homme.

Dans un style assez sobre, l’actrice recompose ainsi chapitre par chapitre le puzzle familial pour dessiner le portrait d’une famille qu’elle décrit comme étrange, originale et pas comme les autres. Pour autant, à la lecture, je n’ai pas trouvé son environnement si bizarre qu’elle veut nous le faire croire. Au contraire, il m’a semblé que ses parents correspondaient tout à fait aux archétypes des personnalités artistiques telles qu’on les a déjà croisées dans de nombreuses œuvres. Le texte m’a rappelé le film Mauvaise fille adapté du récit de Justine Lévy, pour cet appartement où l’on donne des soirées mondaines pour cacher la déprime qui rôde. Le personnage de la mère m’a aussi furieusement fait penser à Treize d’Aurore Bègue, un roman que j’avais beaucoup aimé. L’ensemble n’est pas déplaisant, mais je n’ai rien trouvé de très particulier ni dans le style dans l’histoire.

Au bout d’un moment je me suis même un peu ennuyée dans cette lecture et j’en ai eu assez de l’éparpillement des souvenirs dont certains ne présentaient pas nécessairement un grand intérêt pour les lecteurs/trices. Ce qui m’a intéressée, et que j’aurais aimé voir davantage développé, c’est en fait la vie d’Isabelle Carré elle-même, sa découverte de la scène puis du théâtre, son goût naissant pour le cinéma, les œuvres qui l’ont accompagnée dans ses années de formation, son expérience de jeu mais aussi du milieu artistique. J’aurais voulu en savoir plus sur son travail, sa préparation, les tournages, l’ambiance des plateaux et des coulisses. Finalement c’est donc sans doute beaucoup moins la femme que l’actrice qui m’intéressait, même si je trouve important qu’elle casse l’image de la fille « discrète et lumineuse » décrite par tous les médias et révèle que derrière la façade des plus doux sourires peuvent se cacher des failles béantes.

J’espère en tout cas que cette expérience lui aura donné envie d’écrire un deuxième tome plus centré sur sa carrière d’actrice.

6 commentaires sur “« Les Rêveurs » : derrière le sourire de façade

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    1. Ça se lit hein. Mais comme depuis début 2019 je n’ai lu que des livres vraiment super et prenants, celui-ci m’a paru en-dessous.

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