« Jules et Jim » : femme fatale qui fut fatale

affiche-film-jules-et-jimJules, poète allemand, et Jim, écrivain français, se lient d’amitié à Paris. Fascinés par une étrange statue de femme, ils rencontrent bientôt Catherine, qui ressemble trait pour trait à celle-ci. Jules en tombe amoureux, et défend à Jim de la lui ravir…

Movie challenge 2019 : un film français d’avant 1980

Cette catégorie du Movie challenge présentait pour moi une certaine difficulté. En effet, je connais surtout le cinéma à partir des années 2000 et mes goûts me portent naturellement vers un cinéma récent dans lequel je me reconnais davantage et qui correspond généralement, ne serait-ce que par son rythme et son montage, davantage à ma sensibilité de spectatrice. Rares sont les films plus vieux que moi que j’ai vus, à part les Chaplin pour lesquels j’entretiens un goût prononcé depuis l’enfance (Les Temps modernes reste un des films que j’ai revus le plus de fois).

J’avais tout de même vu Les 400 coups il y a quelques années, et je n’avais pas détesté, mais le film m’a laissé assez peu de souvenirs. Ce n’est donc pas tellement parce qu’il est réalisé par François Truffaut que j’ai souhaité découvrir Jules et Jim. Non, ce qui m’intéressait dans ce long-métrage de 1962, c’est sa thématique. J’en ai toujours entendu parler comme d’une histoire d’amour à trois, et j’avais envie de voir ce qu’un film de cette époque pouvait avoir d’intéressant à montrer sur le sujet très contemporain du trouple.

Malheureusement j’ai été très perturbée dès le tout début du film par l’horripilante voix off. C’est un procédé délicat à manier au cinéma mais auquel je ne suis pas opposée par principe, et qui peut parfois donner lieu à une introspection assez réussie. Mais ici il ne s’agit pas de nous confier les pensées d’un personnage. La voix off constitue un genre de récitant comme dans les pièces de théâtre antiques, un narrateur qui, plus qu’il ne raconte l’histoire (qu’est-il besoin de raconter ce que le cinéma peut montrer ?), la débite à toute vitesse sans nous laisser le temps d’y rien comprendre. Honnêtement, au bout de 3 minutes de film, j’en étais déjà à « Quoi ? J’ai rien compris ». De bout en bout, ce mode de traitement de l’histoire n’a cessé de me sortir de l’intrigue à chaque fois que je commençais à y entrer et m’a paru un moyen facile de ne pas présenter des scènes intéressantes ou de s’arranger avec des ellipses qu’un cinéma plus contemporain aurait parfaitement pu gérer sans cet artifice.

Côté intrigue, j’ai été assez désappointée également. La première raison en est que les personnages ne m’ont pas vraiment accrochée, et en particulier Catherine (Jeanne Moreau). Je ne vois absolument pas ce que Jules et Jim trouvent à cette femme, et même si je peux comprendre que la liberté sexuelle et sentimentale qu’elle revendique par moments puisse apparaître comme moderne à l’époque (l’histoire démarre avant la Première Guerre mondiale), j’ai trouvé qu’il était fort malvenu d’associer cette volonté d’émancipation à une forme de trouble mental qui prend de plus en plus de place au fil de l’histoire. Par ailleurs, en termes de trouple, je me suis sentie trompée sur la marchandise. Certes, Catherine passe de Jules à Jim et tous trois vivent un temps sous le même toit, mais la jeune femme n’est jamais à proprement parler engagée dans les deux relations amoureuses simultanément. On a plutôt l’impression que tous les personnages du film passent leur temps à se tromper les uns les autres, à l’exception du constant Jules.

Quant à la fin, elle ne m’a aucunement touchée puisque je n’avais conçu aucune affection pour les personnages. Bref, grosse déception que ce « classique » dont je ne comprends vraiment pas ce qu’on peut lui trouver.

logo-movie-challenge-nblc

7 commentaires sur “« Jules et Jim » : femme fatale qui fut fatale

Ajouter un commentaire

  1. De tous les Truffaut célèbres, c’est en effet celui qui a le plus mal vieilli. Après les 400 coups, je conseillerais plutôt pour poursuivre La Nuit américaine et L’Enfant Sauvage qui sont très beaux. Puis Baisers volés.

      1. De rien ! Sur le canevas d’un ménage à trois, je préfère de loin Sérénade à trois de Lubitsch. C’est encore plus vieux que Jules et Jim (c’est une comédie de 1933), mais c’est beaucoup plus fin et drôle que la plupart des comédies actuelles, Lubitsch oblige. 🙂

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :