« Nécrologie du chat » : le petit chat est mort

couverture-livre-necrologie-du-chatLe chat d’Anna est mort, et elle n’a pas de jardin pour l’enterrer. Elle l’emporte donc dans sa boîte de transport, en quête d’un lieu propice à l’inhumation…

D’Olivia Resenterra, j’avais lu le précédent roman, Le Garçon, qui en dépit de son titre était centré sur la relation entre ses personnages féminins. J’avoue en avoir conservé assez peu de souvenirs, mais quand j’ai eu la surprise de recevoir Nécrologie du chat, je me suis tout de même dit que ce livre allait probablement offrir la même tonalité amère que le premier.

Ici le roman nous entraîne dans une atmosphère glauque, presque poisseuse, digne d’un film de genre. Le rapport d’Anna à son chat mort m’a fait penser à une ambiance façon Petit Paysan, où le maintien d’une attitude à peu près normale envers les êtres humains rencontrés cache la faille que la mort de l’animal creuse dans l’équilibre psychologique du personnage. Cette Anna, dont on ne sait rien en dehors du fait que le chat lui appartient, m’a fait penser dans son comportement erratique, semblant relever d’un trouble psychiatrique, aux personnages d’Isabelle Minière. Comme le héros de Je suis très sensible, par exemple, Anna est un personnage qui marche en équilibre sur la ligne de crête entre détresse et folie. On n’est pas loin non plus des personnages désaxés des livres de Claude Amoz, la dimension de suspens en moins.

Anna est évidemment une proie facile pour toute personne plus ou moins malintentionnée, qu’on cherche à l’arnaquer, la voler ou la violer, entre autres, mais peut aussi rencontrer des adjuvants dans sa quête. Si l’atmosphère et les rebondissements du récit tirent plus du côté du fantastique ou du thriller que du drame réaliste, les comportements humains eux ont cela de réaliste qu’ils sont rarement tout noirs ou tout blancs.

Découpé en trois journées à partir de la mort du chat, le récit nous entraîne dans la quête désespérée d’Anna, dont on comprend rapidement qu’elle ne peut pas bien finir. Dix fois elle aurait eu l’occasion d’enterrer l’animal, mais il semble qu’elle refuse de s’en détacher, et dès lors le/la lecteur/trice se doute que l’issue sera tragique. C’est probablement une partie du plaisir de cette lecture, comme on lirait un polar annonçant que dans quelques pages surviendra un meurtre sordide : on sent qu’on s’enfonce dans le sale et le cruel mais on veut voir jusqu’où l’autrice nous fera plonger.

Ce récit bref et rapide se lit cul sec comme on avale un café serré, court, noir et sans sucre, et laisse le même goût amer et le besoin de se désaltérer à la source claire d’une lecture plus solaire.

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3 commentaires sur “« Nécrologie du chat » : le petit chat est mort

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