affiche-film-la-villaLorsque leur père est victime d’une attaque, Armand, Joseph et Angèle se retrouve dans leur villa des calanques marseillaises. L’occasion pour le restaurateur en difficulté, l’ancien syndicaliste en pré-retraite et la comédienne de faire le point…

J’ai découvert le cinéma de Robert Guédiguian en 2017 avec le solaire Les Neiges du Kilimandjaro puis le sombre La Ville est tranquille, il me fallait absolument clôturer cette année de cinéma avec La Villa, qui fut ma dernière séance de l’année. Je ne regrette pas ce choix qui symbolise assez ce que j’aime dans le cinéma français : l’engagement, les personnages forts, les sujets de société, traités avec humanité, mélancolie et humour.

C’est bien l’univers habituel du réalisateur que l’on retrouve dans cette villa perchée sur une calanque écrasée de soleil, avec le Sud que l’on entend dans la voix des protagonistes, un milieu modeste et solidaire comme on en voit si peu au cinéma, et ses acteurs fétiches, Ascaride-Darroussin-Meylan, sans oublier Anaïs Demoustier, que je suis ravie de revoir à l’écran ses dernières semaines (déjà dans Jalouse).

On a beaucoup dit de La Villa que c’était un film sur le drame des migrants, mais cela me semble à relativiser. Certes, le sujet est abordé dans le dernier tiers du film et se trouve incarné par un trio d’enfants arabophones, mais on ne peut pas dire que ce soit le thème majeur du film. Celui-ci tourne autour du temps qui passe et d’une famille déchirée par un drame (le décès de Blanche, la fille d’Angèle, 20 ans plus tôt) et qu’un autre drame (l’AVC du grand-père, propriétaire de la villa) permet de ressouder. Sur un sujet de saga de l’été, Robert Guédiguian livre un film sensible mais assez peu original, si ce n’est dans les saillies de Joseph (Jean-Pierre Darroussin), auquel on doit des répliques vraiment drôles.

J’ai surtout trouvé très touchants les personnages secondaires, en particulier le couple des voisins que l’augmentation des loyers dans les calanques contraint à trouver une solution pour ne pas quitter leur cabanon, et leur fils médecin. Alors que la famille de la villa m’a paru se complaire un peu trop dans l’auto-apitoiement, j’ai apprécié la retenue et la discrétion des voisins. Et tant pis si certains événements de l’intrigue sont un peu prévisibles, car ils occasionnent de beaux plans de cinéma (notamment la scène où tous les personnages se rassemblent pour fumer sur la terrasse).

Un beau film humaniste qui vaut sans doute davantage pour ses valeurs et le talent de ses acteurs que pour sa trame narrative.

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