couverture-livre-histoire-du-lion-personneYacine quitte son village avec une recommandation du prêtre pour aller étudier en ville. Dans la savane, il trouve un lionceau orphelin qu’il sauve de la mort et emmène avec lui. Le gamin et son lion sont recueillis par le gouverneur français…

Je n’avais pas encore eu l’occasion de l’annoncer sur le blog mais j’ai eu le privilège d’être sélectionnée pour faire partie du jury de l’édition 2018 du Prix du Meilleur Roman PointsPrix du Meilleur Roman Points. C’est un honneur qui ne se refuse pas et qui me rappelle la très belle expérience du Prix du Roman des Étudiants France culture-Télérama il y a quelques années. Je serai donc moins au fait de la rentrée de janvier cette année car prise par ce nouveau défi auquel je suis ravie de participer !

Parmi les quatre premiers romans envoyés au jury figurait le conte initiatique Histoire du lion Personne. J’avais entendu parler favorablement de ce titre à sa sortie et il m’avait semblé qu’il avait reçu des échos unanimement positifs. Je dois dire que j’ai été un peu surprise par le style au premier abord. La plume de Stéphane Audeguy est très recherchée, avec un côté XVIIIe siècle qui m’a un peu déroutée durant quelques pages. Je me suis donc plongée dans le récit en m’imaginant ouvrir un conte philosophique de l’époque de Voltaire (et de l’époque de l’histoire narrée, donc), et cela a fonctionné. Je me suis abstraite de ma rame de métro pour plonger dans la savane et les colonies africaines.

J’ai pensé de prime abord que le livre suivrait le parcours du jeune et sympathique Yacine, mais assez vite c’est bien le lion Personne qui se dégage comme personnage principal d’un récit dont les différents chapitres évincent à chaque fois plusieurs autres personnages. C’est le lion seul auquel le narrateur s’attache, de la brousse au port du Havre et jusqu’aux jardins botaniques de la région parisienne.

Un beau périple pour l’animal qui nous permet une immersion dans ce siècle de faste mais aussi de violence, de société hiérarchisée et de misère. J’ai pris plaisir surtout à suivre les péripéties des humains qui entourent l’animal, car finalement, le lion lui-même n’est pas si intéressant, étant doté d’assez peu de sentiments. On peut cependant s’indigner des mauvais traitements qu’il reçoit, en particulier pendant la traversée en bateau. À l’inverse, bien traiter Personne est un gage de bonté pour les humains qui se confrontent à ce roi bien inoffensif.

Ce petit livre se dévore vite et plaisamment mais ne m’a pas pour autant laissé un souvenir impérissable. Pour moi, un conte de ce style comporte une morale ou une satire plus évidente, et ici je n’ai pas trouvé si originale la dimension éthique du récit. Je ressors donc de cette lecture avec une satisfaction mitigée.

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