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affiche-film-la-ville-est-tranquilleMichèle tente de sauver sa fille qui se prostitue pour de la drogue et sa petite-fille encore bébé, pendant que son mari fréquente les milieux d’extrême-droite. Paul accepte son licenciement comme docker pour devenir chauffeur de taxi…

 Movie challenge 2017 : un film sorti l’année de mes dix ans

 Je n’avais pas entendu parler de ce film à sa sortie, et pour cause, La ville est tranquille n’est clairement pas le genre de long-métrage qu’on regarde en famille avec des enfants. J’ai d’ailleurs eu du mal à choisir un film pour cette catégorie du Movie challenge, me rendant compte que j’ai déjà vu ceux des films de cette période qui me tentaient vraiment, et que les autres me paraissaient avoir déjà beaucoup vieilli (oui, je fais du jeunisme culturel acharné, j’ai du mal avec toutes les œuvres qui datent un peu).

Je me suis décidée pour le film de Robert Guédiguian car j’avais beaucoup aimé Les Neiges du Kilimandjaro. J’aime chez ce réalisateur la volonté inlassable de proposer des films sociaux, et même au-delà, car c’est un genre relativement en vogue, des films engagés. Une fois encore, avec La ville est tranquille, on sent que le Marseillais maîtrise son sujet, la classe populaire du Sud-Est. On retrouve également dans ce film Ariane Ascaride (Michèle) et Jean-Pierre Darroussin (Paul), les acteurs fétiches du réalisateur.

Ce sont justement leurs personnages qui m’avaient fait apprécier Les Neiges du Kilimandjaro, par leur engagement et leur bonté. Je m’attendais donc à un film aussi lumineux, or il n’en est rien. On pourrait même dire que La ville est tranquille, au titre sérieusement ironique, est en quelque sorte le pendant sombre des Neiges.

Je ne dévoilerai pas la fin des intrigues croisées qui composent le récit (sans qu’on s’y perde pour autant) mais je mets en garde les âmes sensibles contre la violence des situations évoquées. Sans relâche, les personnages tentent d’améliorer leur existence et surtout celle de leurs proches : Michèle en aidant sa fille toxico comme elle peut, Abderramane en conseillant son frère pour qu’il progresse dans la musique et n’aille pas en prison, Paul en se mettant à son compte pour rassurer ses parents vieillissants… Même les personnages qui incarnent le « mal », comme les militants d’extrême-droite ou Gérard, le trafiquant qui fournit de la drogue à Michèle, semblent en réalité animés par des intentions, sinon bonnes, du moins mêlées. Le discours d’Ameline, aussi cinglé soit-il, prouve une volonté de rapprochement de la nature qui n’est pas mauvaise en soi.

Riche, pertinent et finalement très actuel dans les thématiques qu’il déploie (la précarité, l’avenir bouché qui précipite les jeunes dans la délinquance ou la toxicomanie, le racisme…), le film reste dur et triste, en dépit de quelques notes d’espoir, incarnées par Sarkis, l’enfant prodige qui rêve d’un piano à queue…

À voir mais pas un soir de déprime !

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