affiche-film-jalouseNathalie Pécheux digère mal que son ex-mari se soit remis avec une femme « plus jeune et plus conne », que sa fille si jolie et si brillante danseuse file le parfait amour, et qu’une jeune collègue vienne lui faire de l’ombre… 

Je n’étais pas sûre d’aller voir au cinéma le nouveau film des frères Foenkinos. La Délicatesse est un de mes romans préférés mais le film, s’il est plutôt de bonne facture, ne m’avait pas fait autant d’effet. Et puis j’ai vu la bande-annonce il y a quelques semaines et j’ai senti que ça allait être un festival.

Je ne me suis pas vraiment trompée : dès la toute première scène, Karine Viard lance le show avec des répliques mordantes. Sa fille, son ex, la nouvelle femme de son ex, tout l’entourage de Nathalie en prend pour son grade. Et ce n’est que le début !

On se régale face aux dialogues très bien écrits et surtout magnifiquement interprétés par une actrice en grande forme (contrairement à son personnage !). On rit, mais on est choqué aussi car Nathalie est vraiment excessive et capable de méchanceté. Difficile d’ailleurs de comprendre la fidélité et le soutien de son amie Sophie (Anne Dorval, le personnage le plus sympathique du film) tant elle lui en fait voir de toutes les couleurs. On remarquera aussi la jeune Dara Tombroff, la danseuse qui incarne la fille de Nathalie, une jeune femme finalement bien plus mature que sa mère dans son comportement. Toute la galerie des seconds rôles est vraiment réussie, avec des personnages nuancés. J’ai été particulièrement heureuse de retrouver Anaïs Demoustier, que je ne présente plus, et j’ai découvert avec plaisir Marie-Julie Baup (la nouvelle femme de l’ex de Nathalie, un personnage candide mais pas si cruche).

Ce qui m’a vraiment plu dans ce film, c’est que, même si Nathalie commet des choses horribles, on ne peut s’empêcher, chacun d’entre nous, de se demander si à sa place on n’agirait pas comme elle sur certains points. Sa méchanceté n’est que la face apparente de sa tristesse et de sa frustration, ce qui finit par la rendre sympathique. J’ai été particulièrement touchée par le moment où elle dit à son généraliste « Je ne contrôle plus rien. J’agis par impulsions… et après je regrette. » ce qui prouve qu’elle n’est pas si cruelle.

À un moment je me suis demandé comment tout cela allait finir, car la comédie grinçante oscille avec le drame. J’ai pensé à d’autres portraits de femmes en crise, en particulier à Victoria, sur un thème pas si éloigné, même si le film des frères Foenkinos présente un personnage plus excessif. Je crois que j’aurais aimé que les scénaristes aillent plus loin sur la fin du film, qu’ils ne se laissent pas rattraper par la facilité et par leur tendance naturelle aux bons sentiments. Quelque part, la résolution m’a fait de la peine, car elle contribue à perpétuer des clichés sur les femmes, et ce dont celles-ci auraient besoin pour être heureuses et épanouies

Reste que j’ai passé un chouette moment de cinéma devant ce film efficace, porté par une bande-son dynamique.

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