affiche-film-magic-in-the-moonlightWei Ling Soo, de son vrai nom Stanley Crawford, illusionniste chevronné, accepte, à la demande de son ami Howard, de se rendre dans le Sud de la France où officie auprès d’une riche famille la jeune Sophie Baker. Stanley veut démasquer celle qu’il croit être une fausse médium…

En dépit de l’inégalité de sa production prolifique, un film de Woody Allen est toujours pour moi comme une petite gourmandise piochée dans un paquet de bonbons aux multiples saveurs : on ne sait pas exactement sur quoi on va tomber, mais dans tous les cas, on devrait savourer quelque chose de sucré et plutôt agréable.

Ce Magic in the moonlight avait sur le papier tout pour me plaire : un côté vintage et élégant lié à l’époque et au choix de Colin Firth, des thématiques propres à offrir les scènes magiques dont Allen a le secret et Emma Stone, que j’avais bien aimée dans L’Homme irrationnel, avant qu’elle ne devienne l’actrice de l’année 2017 (et que j’entreprenne de rattraper toute sa filmographie – ok, pas toute, toute non plus).

Bref tout partait pour le mieux et j’étais enchantée de retrouver dès les premières images un univers de magiciens un peu surjoué et de communication avec l’au-delà qui m’a rappelé Scoop. Mais, en dépit de ces atouts, quelque chose n’a pas totalement fonctionné.

Assez vite, on comprend que le magicien va avoir plus de mal que prévu à démasquer la jeune médium : celle-ci est constamment entourée par sa mère et la famille qui les héberge (en particulier le fils qui rêve de l’épouser et lui chante régulièrement la sérénade de façon ridicule – mais assez drôle). Surtout, elle semble réellement avoir des visions. J’ai eu du mal avec le côté exagéré des séances de spiritisme. J’imagine qu’il s’agissait de se moquer de ces pratiques, mais il devient difficile d’envisager que même Stanley finisse par douter sérieusement !

En dépit d’une scène assez jolie au planétarium (décidément, quel romantisme dans ces planétariums !), j’ai trouvé que le couple Colin Firth-Emma Stone ne s’accordait pas vraiment. Peut-être suis-je trop influencée par La La Land, ou est-ce juste que les deux personnages qu’ils incarnent ne sont pas vraiment sympathiques ? En tout cas leurs sentiments semblent surgir de nulle part. Étonnant de la part d’un Woody Allen qui nous a habitué à mieux côté émotion, par exemple dans le récent Café Society.

Finalement le personnage que j’ai préféré est celui de la tante (Eileen Atkins), en particulier dans la scène où elle incite son neveu à réfléchir à son avenir amoureux. On y retrouve, un peu tard, la verve coutumière de Woody Allen. J’ai aussi apprécié la révélation du pot aux roses concernant les dons de Sophie, même s’il ne s’agissait pas d’une grande surprise.

Sans être déplaisant, ce film n’est pas vraiment un grand cru de Woody Allen, qui nous a habitués à beaucoup plus d’esprit et de magie. Un comble vu le sujet du film !

Publicités