CafésocietyBobby décide de quitter New York et la boutique de son père pour venir tenter sa chance à Hollywood, où son oncle Phil, agent réputé, l’introduit dans le milieu du cinéma des années 30. Le jeune homme s’éprend rapidement de Vonnie, la jolie secrétaire de Phil…

Movie challenge 2016 : un film sorti cette année 

J’ai vraiment hésité à placer ce film dans la catégorie « film d’un réalisateur que j’adore », tant je ne peux nier me laisser embarquer à chaque fois par la patte Woody. À l’exception de Match Point, le premier que j’ai vu de lui, j’ai aimé tous ses films (je ne les ai pas tous vus, cela dit). Mais peut-être retenue par les accusations qui pèsent contre lui, et ayant l’idée d’un autre film que je souhaite voir, d’un autre réalisateur que j’aime beaucoup, j’ai sagement rangé Café Society dans la catégorie du Movie challenge la plus évidente.

Il y a plusieurs veines dans le cinéma allennien qui me séduisent particulièrement. La première est son côté romantico-mélancolique qui explore les rapports humains, et en particulier amoureux, avec une tristesse souriante. La deuxième est l’ironie dont il fait preuve de manière parfois féroce, en particulier contre le milieu du cinéma. La troisième est le goût pour le dépaysement géographique ou historique, afin de nous ramener à des thèmes universels, tout en nous en mettant plein les mirettes. Et mon tout donne… Café Society.

Pourtant il est clair que ce film ne détrônera pas mes chouchous dans l’œuvre allennienne, car il lui manque la touche surréaliste qui confère leur magie à La Rose pourpre du Caire et à Midnight in Paris, deux films dont je ne me lasserai probablement jamais (n’en déplaise à certains critiques). Cependant, j’ai vraiment beaucoup apprécié cette plongée dans le cinéma des années 30, un monde où tout est vanité, semble-t-il, que l’on découvre par les yeux du candide Bobby. Je me rends compte que je connais très mal la filmographie de Jesse Eisenberg, dont j’avais pourtant déjà aimé le personnage dans To Rome with Love. Ici, je l’ai trouvé à la fois drôle (la scène avec la prostituée est assez hilarante), juste et émouvant en amoureux transi et naïf. J’attendais surtout de découvrir Kristen Stewart, à vrai dire, que j’avais juste aperçue dans Into the Wild et contre qui j’avais un a priori négatif nommé Twilight. Je n’aurais pas du tout imaginé cette actrice chez Woody Allen, mais je demandais à voir. Finalement je ne suis pas certaine d’avoir été à cent pour cent convaincue par son jeu, parfois un peu trop minaudé à mon goût. On comprend cela dit tout à fait que tous les hommes tombent sous le charme de Vonnie, car les tenues légères et vintage rendent l’actrice plus jolie et gracieuse que jamais, et bien plus irrésistible que Veronica bis (Blake Lively, au rôle assez insignifiant).

Au fond, ce que j’ai vraiment aimé dans ce film, c’est le questionnement qui en ressort : comment faire les bons choix de vie ? Qu’est-ce qui peut vraiment nous rendre heureux ? Vonnie doit choisir entre un homme rassurant et charismatique (Steve Carell) lui offrant une vie de voyages, d’amusement et de luxe, ou un jeune homme perdu et éperdu avec qui la vie s’annonce moins linéairement tracée. Quant à Bobby, il pourrait se battre ou se résigner, et plus tard, tenter d’oublier ou tout chambouler. Auraient-ils tous deux été plus heureux en faisant d’autres choix ? Nul n’est mieux placé qu’un fataliste comme Woody Allen pour nous laisser, nous spectateurs, nous débrouiller de cette question.

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