thedescendantsMatt, avocat à Hawaï, délaisse Elizabeth et leurs deux filles pour son travail. Mais alors qu’il s’apprête à vendre une grande propriété qu’il possède avec ses cousins, sa femme tombe dans le coma après un accident de hors-bord…

J’avais vaguement repéré le film d’Alexander Payne à sa sortie mais je ne m’étais pas déplacée, un peu échaudée par certains choix de George Clooney comme Intolérable cruauté (qui dans mon vocabulaire personnel est synonyme de gâchis d’un beau casting).

Mais après avoir découvert la jeune Shailene Woodley dans The Spectacular Now, j’ai eu envie d’en voir plus et j’ai porté mon choix sur The Descendants, qui se trouvait disponible dans ma médiathèque.

J’étais d’un coup très enthousiaste à l’idée de cette histoire de drame qui modifie en profondeur l’organisation d’une famille et les liens entre ses membres. Je l’étais sans doute même trop, car j’ai passé un très bon moment mais n’ai pas trouvé l’ensemble si marquant que ce que j’attendais.

Pourtant, tous les acteurs sont impeccables dans leurs rôles, de la petite Scottie (Amara Miller), enfant perturbée et mal élevée, au grand-père malheureux qui tient à reporter la faute sur son gendre (Robert Forster), en passant par Nick Krause, vu depuis dans Boyhood, qui incarne à merveille l’ado insolent et mou qui tape sur les nerfs des adultes. Mais le film vaut surtout par le tandem George Clooney-Shailene Woodley, sans surprise. Je n’irai pas jusqu’à affirmer qu’il s’agit du meilleur rôle de l’acteur, que j’ai beaucoup aimé dans In the air, mais il dévoile ici une belle palette de sentiments. J’ai aimé que Matt ne soit ni un héros ni un salaud, juste un homme ordinaire, trop pris par son travail pour s’occuper de sa famille, trop influencé par ses cousins pour savoir ce qu’il souhaite vraiment faire de l’héritage, mais qui pourtant n’a jamais vraiment failli, ni trahi, ni trompé qui que ce soit. Dépassé par les événements, il doit soudainement assumer ses responsabilités de père, revoir ses priorités et gérer l’absence d’une épouse qu’il ne connaissait pas si bien qu’il le pensait. Quant à Shailene Woodley, elle fait évoluer son personnage d’ado rebelle et butée en une jeune femme responsable, fidèle à son père et prête à l’aider dans ses démarches, mais aussi d’un grand soutien pour sa petite sœur. C’est une famille somme toute assez sympathique que nous suivons dans ces péripéties pour mieux comprendre qui était Elizabeth avant sa mort annoncée.

Pour autant, le film ne s’enfonce pas tout à fait dans la veine du drame familial qu’il aurait pu emprunter. Moi qui suis plutôt sensible au cinéma, je n’ai jamais eu la tentation de verser une larme, sans doute parce qu’Elizabeth apparaît comme une menteuse qui trompait son monde, comme si son accident était une sorte de punition. J’ai trouvé plus intéressante la réflexion amorcée sur la notion d’héritage, à la fois spirituel, lorsque Matt se rend compte qu’Alexandra a pris les bons côtés de sa mère, mais aussi matériel, autour de l’immense propriété qu’il s’apprête à vendre. J’aurais même aimé que cette veine soit un peu plus creusée, alors que la fin est en fait assez prévisible.

Un film agréable, qui passe vite malgré sa durée de près de deux heures, et offre un joli duo père-fille à deux grands acteurs, mais qui ne va à mes yeux pas complètement au bout de sa promesse d’émotion.

 

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