« Sing Street » : drive it like you stole it

affiche-film-sing-streetParce que ses parents sont fauchés par la crise à Dublin en 1985, Conor doit changer de lycée et se retrouve à Synge Street dans un établissement tenu par des ecclésiastiques. Fasciné par la belle Raphina, il lui propose de jouer dans un clip. Reste à former un groupe…

Des années que je n’entendais que des éloges au sujet de ce film irlandais, qui avait sur le papier beaucoup d’atouts pour me plaire mais que je n’avais jamais pris le temps de regarder, remettant toujours mon visionnage à plus tard, sans trop savoir ce qui me retenait. Peut-être la présence à la tête du projet de John Carney, le scénariste et réalisateur de New York Melody, qui ne m’avait guère convaincue.

Trois ans après le film avec Keira Knightley, le spécialiste irlandais des comédies musicales revient à son pays avec ce teenage movie vitaminé qui nous entraîne dans le Dublin de son adolescence (il a quasiment l’âge de Conor). Le pitch de base est assez classique, avec une histoire d’adaptation dans un nouvel établissement bien différent pour ce jeune garçon issu d’un milieu plutôt cultivé bien qu’assez modeste, qui se retrouve chez les curés, confronté à des règles absurdes (porter des chaussures noires) et une façon encore plus absurde de les faire appliquer. Évidemment, ce petit nouveau un peu emprunté attire l’œil de la terreur de la cour de récré, qui s’emploie à faire de lui son souffre-douleur. Jusqu’ici, rien de très neuf.

Le film embraye à partir de l’impulsion subite de Conor (Ferdia Walsh-Peelo), dont la timidité qui le fait rougir jusqu’aux oreilles n’empiète pas sur une spontanéité enfantine, d’aborder l’impressionnante Raphina (Lucy Boynton, gracieux mélange d’assurance et de fragilité). À partir de là, comptant sur l’appui de son frère aîné (Jack Reynor, plus sympathique que dans Midsommar mais toujours pourvu d’un petit côté tête à claques), l’ado se fixe pour objectif de monter un groupe. Le film plonge tout entier dans l’hommage musical aux nouveaux talents de l’époque : Duran Duran, The Cure, Bowie, et bien d’autres servent à la fois d’inspiration vestimentaire et musicale à Conor et Eamon, qui compose les chansons de « Sing Street ». Le scénario ne s’embarrasse pas de vraisemblance : du jour aux lendemains, ce groupe de garçons qui ne se connaissaient pas la veille s’entendent à merveille, et leur petit niveau de musiciens du dimanche se transforme en une frénésie de composition et de répétition leur permettant d’atteindre à vitesse grand V une qualité professionnelle. Les Sing Street, qui se veulent « futuristes » (les dialogues ne manquent pas d’humour), passent d’un style à l’autre avec aisance, et John Carney et Gary Clark leur fournissent une bande-son géniale, avec des titres entraînants, dont les paroles collent à l’histoire et les mélodies restent en tête.

Des problèmes familiaux aux histoires de cœur de Conor, il est facile de s’identifier aux préoccupations du jeune homme, même si je n’ai pas trouvé l’acteur extrêmement expressif. Ce qui emporte tout, et l’adhésion des spectateurs/trices en particulier, c’est le dynamisme à toute épreuve du montage, la reconstitution de l’époque avec en particulier tous les clips tournés par les garçons et Raphina, un petit côté Leto aux côtés de ces jeunes gens qu’on suit à la fois dans leur quotidien le plus banal et dans leur ascension musicale. Là où j’avais trouvé New York Melody un peu mou, Sing Street ne nous laisse pas le temps de réfléchir aux éventuelles failles de l’écriture et nous trimballe d’un virage de style à l’autre dans ce panoramique d’une époque musicale, dans la tête de ces ados qui se rêvent en rock stars de demain.

4 commentaires sur “« Sing Street » : drive it like you stole it

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  1. J’aime énormément ce film, très frais et touchant à la fois. Ca parle évidemment de musique et de famille mais j’ai aussi aimé l’arrière-fond social et historique sur l’Irlande, qui reste discret mais bien réel.

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