Entretien avec Joseph d’Anvers autour du roman Juste une balle perdue

Je suis allée à la rencontre de Joseph d’Anvers lors de la présentation de son livre en librairie. Il a accepté une entrevue pour discuter de son deuxième roman. Attention, interview avec spoilers !

« Le titre m’a aiguillé »

  • Le titre du roman vient d’une chanson de Taxi Girl. C’était évident pour toi de prendre comme titre une chanson ? À quel moment ce titre s’est imposé ?

Au départ, j’ai écrit sans imaginer que ce serait publié. L’idée m’est venue un soir et je me suis lancé sans savoir où ça me mènerait. Très vite, dès le premier soir je crois, j’ai mis « Juste une balle perdue », je devais avoir le morceau en tête. J’ai trouvé ça pas mal, je voulais un titre qui claque un peu, et il y a une référence à Daniel Darc qui avait été important pour moi. Le titre m’a aiguillé, les deux premières phrases me sont venues, le décor, l’idée de Roman – il ne s’appelait pas Roman à l’époque – et je voulais que ce soit l’histoire d’un garçon qui est né sous une mauvaise étoile. J’aimais l’image de la balle perdue, du parcours de quelqu’un que personne ne pourra arrêter.

Quand Émilie Colombani [son éditrice] a décidé de me signer, elle n’était pas sûre du titre, et moi je commençais à bien l’aimer. On en a cherché d’autres, mais finalement c’est celui qui résonnait le mieux avec ce que j’avais écrit.

  • Tu dis que Roman ne s’est pas toujours appelé Roman, et justement je voulais revenir sur les prénoms des personnages, qui sont peu communs et qui semblent avoir des références…

Pour certains, oui. En fait je voulais que chacun des anges ait comme un surnom et que, comme l’époque, comme la géographie, ce soit un peu flottant. Puis pour les personnages comme Igor ou Luigi, je voulais des noms relativement intemporels, un peu typés. José c’est le vrai nom du patron de ma salle de boxe. Ana, dès le départ je savais qu’elle s’appelait Ana, je ne sais pas pourquoi, avec un seul n. C’est une référence je pense, inconsciemment, à un titre des Pixies dans l’album « Bossanova » qui s’appelle « Ana ». Et pour Roman c’était compliqué : je ne voulais ni un prénom franco-français, ni un prénom trop actuel. Je ne sais pas si c’est le bon prénom mais avec cette espèce de second degré « Roman » – roman…

  • Il porte son identité romantique et romanesque avec lui.

Voilà. J’ai eu du mal, souvent je l’appelais par le prénom que je lui avais donné avant. Mais plus ça allait plus je me suis dit « c’est ça en fait ».

  • Et pourquoi tu l’as changé, si tu avais un autre prénom au départ ?

Parce que je n’en étais pas convaincu. Je n’ai pas de raison objective, peut-être que ça faisait un peu vieillot, et puis ça le définissait de moins en moins.

« Parler de la noirceur derrière les belles façades »

  • Dans ton précédent roman, on était déjà dans une ambiance noire, avec de la drogue et des gangsters, et là tu plonges aussi tes personnages dans un milieu interlope. Tu as une fascination pour ça ?

Oui, ce sont ces milieux-là qui m’attirent, que je trouve plus romanesques. À la base je ne voulais pas que le roman tire sur le noir. Le premier, c’était une commande, ça devait être un polar rock and roll, on était guidés, j’avais un cahier des charges. On avait tous une héroïne récurrente, qui s’appelait Mona, chaque auteur choisissait un arrondissement. Et s’il se passait quelque chose dans le roman précédent, il fallait en tenir compte. L’éditeur m’avait précisé qu’il ne voulait pas que des auteurs de polar. Je m’étais dit que j’allais privilégier le côté rock and roll et raconter une histoire d’amour. Et j’étais content parce que ça s’est vraiment bien passé. Mais si je réécrivais, je voulais que ce soit plutôt dans le style de littérature que je lis, qui n’est pas du tout polar ni roman noir.

Au départ je voulais vraiment que ça commence dans une fête. J’avais lu quelques mois auparavant Vernon Subutex et j’aimais bien la manière de procéder de Virginie Despentes, qui part d’une situation, sans qu’on comprenne où on est ni où elle va nous amener.

Et j’avais juste envie que mon premier chapitre soit comme ça, commence en soirée, puis on parle de la boxe, de l’académie… Et qu’il y ait une grosse fête. J’adore les films avec des fêtes, j’adore les scènes de fête, dans les boîtes de nuit et tout. J’adorais éclairer ça quand j’étais chef op. Et j’adore faire la fête. De moins en moins, mais quand même.

Donc je voulais que ce soit à la fois très noir, dans ce qu’ils étaient, ces post-ados, et en même temps je voulais, un peu comme David Lynch, parler de la noirceur mais derrière les belles façades. Je vais souvent dans le Sud, du côté de Cannes, de la côte d’Azur et je suis assez fasciné. Ces grosses baraques, souvent volets clos, qu’est-ce qu’il s’y passe ? Il y a tout un imaginaire qui a dû se développer au fil des années.  J’ai voulu parler de noirceur, du côté un peu rock and roll de la vie, mais derrière un truc très bourgeois et faire entrer en résonance les deux.

Après la drogue, c’est parce que l’été que je raconte est la bulle de bonheur adolescent de Roman et je trouvais que la drogue symbolisait bien ce côté liberté, insouciance, déglingue, rock and roll. Mais il y a un point de bascule où soit on arrête, soit on tombe dans autre chose.  Très vite je me suis dit que j’aimerais bien que Roman voie, surtout par rapport aux autres, cette bascule. Lui a quand même ce fond sportif, ce besoin de nager, il a cette éducation que les autres n’ont pas forcément, de se « nettoyer » de tout ça. Et je voulais qu’il y ait une fin d’été, une arrière-saison, déjà dans leur relation avec la drogue, dans leur relation entre eux, puis l’automne arrive comme l’âge adulte, comme la fin des illusions, la fin de la fête. Il faut passer à autre chose. Donc soit on continue à être un éternel adolescent, soit à un moment donné on se range un peu et on décide que la vie c’est maintenant autre chose.

  • Et tu savais comment ça allait se finir dès le début, ou pas ?

« J’avais deux fins possibles »

Pas du tout. J’ai écrit sans avoir de plan. J’avais une vague idée de là où allait Roman… En fait c’est ça que j’aimais bien, j’écrivais le soir uniquement, enfin la nuit, j’arrivais vers 10-11 heures chez moi et je me mettais à écrire. Je me disais « comment Roman réagirait là ? ». J’aimais bien penser « là il ferait ça, là je pense qu’il irait là ».

J’avais l’idée qu’à un moment donné il parte avec Ana, j’avais envie d’une espèce de road movie, je ne savais pas si ça prendrait deux tiers ou quatre cinquièmes du livre… Mais je voulais qu’ils partent et m’amuser à essayer de décrire une géographie qui n’existe pas, mais qui puisse être crédible dans plusieurs pays. Il fallait penser l’Ouest, le Sud, et ça pouvait être l’Espagne, ou les États-Unis, ou la France…

En fait, jusqu’au moment où j’ai écrit les deux derniers chapitres, j’avais deux fins possibles. Je me suis dit « est-ce que je fais la fin optimiste ? ». Une fin où à un moment donné ils arrivaient à s’en sortir, ils partaient sur un cargo vers de nouveaux territoires et recommençaient une vie. Mais il aurait fallu qu’ils vivent cachés, ils n’auraient jamais eu ce que peuvent avoir des gens bien nés… Et puis non. Je me suis dit « ça ne peut pas finir comme ça, il faut que ça finisse dans la tragédie ». On le sait dès le départ, c’est le principe de la tragédie, on l’annonce dès la première phrase.

  • Là où c’est bien fait, et probablement parce que toi-même à un moment tu ne savais pas où tu allais, c’est qu’on pense qu’ils vont trouver une solution quand même, on n’a pas envie de se dire que c’est plié dès le début.

Ce qui est compliqué en devenant adulte c’est de se rendre compte que souvent ce sont les plus forts qui gagnent, et pas les meilleurs, que de la justice il n’y en a pas beaucoup, que si tu viens de bas de l’échelle ça va être dur, qu’il y a des exceptions mais… Ce roman parle d’un destin, pas banal parce qu’il vit des choses hors de l’ordinaire, mais ça reste un gamin que la vie a malmené dès le départ, qui avait peu de chances de s’en sortir et qui ne s’en sortira pas, c’est comme ça. Quand j’ai hésité, je ne pensais pas du tout aux lecteurs, je pensais à moi. Je trouvais ça plus beau et plus juste que ça finisse comme ça, parce que mes personnages n’ont pas les armes face aux grands, aux gars sérieux.

Par contre, je savais que je voulais finir par un flashback, je voulais raconter à la fin le dernier moment de bonheur familial. Je ne savais pas encore que j’allais parler du moment où tout bascule mais je voulais que la maman ait ce Polaroïd, je voulais que le papa lui dise qu’il l’aime. C’est le premier et le dernier souvenir d’amour de son père et une espèce d’osmose. Pour dire aux gens « ça a quand même existé ». Même s’il avait 3, 4 ans, il y a eu du bonheur dans sa vie à un moment donné. Un petit peu. Et puis pendant ces deux mois.

« Je ne suis pas un optimiste aveuglé »

  • Tu es très optimiste dis donc !

Non, je reste optimiste ! Mais je ne suis pas un optimiste aveuglé. Souvent dans mes chansons on me dit « c’est triste, c’est mélancolique… » Est-ce qu’on dit ça de Radiohead ? Dès qu’on chante français et que les gens lisent les textes, ils trouvent ça triste.

Il y a deux fonctions dans l’art : soit tu divertis les gens, ça peut être très noble mais pas facile, l’humour, le second degré, la dérision, soit tu essaies de leur parler de ce qui se passe. Moi, j’ai essayé de faire des choses un peu plus légères – je peux être assez marrant dans la vie, je pense – mais le fait est que dès que j’essaie d’écrire des choses marrantes : c’est nul. Vraiment.

Donc je me suis dit, mon truc ça va être de parler de ce que je vois, puis si des gens me lisent ou m’écoutent, ils auront un petit reflet de mon prisme : pour moi l’époque c’était ça. Et l’époque ne me fait pas rêver. N’empêche, j’espère que les choses vont aller mieux, qu’il y aura des prises de conscience, que ce soit sur les rapports homme-femme, l’écologie, la politique… Heureusement que tout ça se passe ! Peut-être pour la prochaine génération. Donc je suis optimiste en ça. Mais le fait est que maintenant… c’est pas ouf !

  • Un truc qui m’a marqué aussi dans le livre, c’est cette métaphore végétale de l’angoisse, qui fait très L’Écume des jours.

Je n’y ai pas du tout pensé. En fait ma référence elle vient de Loustal et Paringaux. Loustal c’est un de mes auteurs de BD préférés, il a fait des carnets de voyage, il a écrit sur le jazz, c’est super beau. Paringaux était critique rock, et ils ont fait quelques ouvrages dans les années 80, que j’ai découverts après, comme New-York-Miami. Ce sont des nouvelles. Dans mes premiers émois adolescents et quand j’ai voulu faire du cinéma, j’ai essayé d’adapter certaines de leurs nouvelles en courts-métrages. Y a un truc qui me touchait. Ce sont des cases dessinées avec une voix off en-dessous. Et ce sont des histoires magnifiques, de boxeurs qui refusent de se coucher, de prostituées qui décident de se faire la malle, d’amants criminels – tiens, maintenant que j’y pense ! – au Nouveau-Mexique. Et il y en a une que je trouve magnifique [« L’amour est une plante verte »], c’est l’histoire d’un maître-nageur/gigolo qui accueille les femmes d’un certain âge dans une piscine et qui, un jour, en tombant amoureux, sent quelque chose qui éclot.

  • Ça a l’air génial !

C’est tout court, ça doit faire deux pages. Je trouvais ça très beau et au moment où je me suis demandé comment définir l’angoisse, qui est quelque chose que je connais très bien, je me suis dit, l’idée d’avoir quelque chose qui pousse, cette fameuse plante qui devient carnivore. Mais je n’ai pas du tout pensé à Boris Vian.

  • À la fin de l’écriture, est-ce que ça a été difficile de passer à autre chose ?

Non, parce que j’ai été un peu contraint par Rivages. J’ai bossé comme un damné, mais je ne bosse pas aussi vite qu’un écrivain chevronné. Même quand je lis des livres, je vais doucement, je prends mon temps, je mets la bonne intonation, je veux être sûr d’avoir bien compris, je ne veux pas qu’une phrase m’échappe. Dans les moments où je suis un peu fatigué ça peut prendre très longtemps.

Et pour l’écriture c’est pareil. En fait tout était assez flou. J’avais du mal à voir la globalité, je ne savais pas combien le texte faisait de pages parce que je n’ai pas l’habitude. C’est au moment des épreuves que j’ai vu qu’il y avait 350 et quelques pages ! J’ai pris les choses très au sérieux. Émilie m’a fait beaucoup de suggestions, j’ai adoré travailler avec elle, quel talent ! Je trouvais ça génial. J’ai entendu plein d’histoires, sur Raymond Carver, sa relation avec son éditeur : c’est lui qui a tout élagué apparemment, qui a donné le style Carver. Et moi j’aime Carver, j’aime Simenon, j’aime les mecs qui vont droit au but et elle m’a aidé à faire ça. Même si j’avais essayé d’écrire au cordeau, à l’os, je partais dans des digressions, et elle me disait « ça tu vois, on n’en a pas besoin ». 95 % de ses suggestions, je les ai acceptées.

  • Le style a un côté très oral et en même temps au milieu il y a des termes que jamais des jeunes n’iraient employer… « impavides », jamais un ado ne dirait ça !

C’était la difficulté d’employer la première personne. Au début j’avais écrit vraiment comme un jeune de 18 ans, mais sans les codes de langage actuels. Et je voulais que les flashbacks soient écrits au présent avec un côté plus soutenu. J’avais envie de ce décalage, et tant mieux si ça perturbait un peu les gens.

Récemment il y a une personne, avec qui je bosse sur une série, qui m’a dit « au début ça m’a dérangée parce qu’il parle trop bien, Roman ». C’est le parti pris. Mais une fois que le livre est terminé, tu te rends compte qu’il te raconte ça d’ailleurs. J’aimais bien l’idée qu’en passant derrière il a peut-être grandi.

  • Ça lui donne une sensibilité particulière.

Il pourrait s’en sortir, c’est juste qu’il fait les mauvais choix. Il absorbe très vite ce qu’on lui apprend, il est un ange idéal, la boxe ça a marché direct alors qu’il a commencé tard… Peut-être né ailleurs, il aurait eu un brillant avenir. Je voulais qu’on sente que moi je l’aime, ce garçon.

  • Et le fait d’avoir écrit ce roman, est-ce que ça a changé quelque chose à ta façon d’écrire des chansons ?

« Est-ce que c’est le mot juste ? »

Oui. J’ai senti ça, physiquement, sur la fin des corrections avec Émilie, quand elle m’a dit « il faut qu’on parte en fab [fabrication, quand le livre est mis en page et imprimé] », j’aurais bossé encore une dizaine de versions, mais en même temps je n’en pouvais plus. C’est comme en musique, c’est bien d’avoir quelqu’un d’extérieur qui te dit « là, c’est bien ». On pourra toujours faire mieux, mais à un moment donné il faut que ça sorte.

Et du coup après les corrections, je me suis senti plus à l’aise avec les mots, même à l’oral. Je me suis affûté sur des nuances. Par exemple, dans mon roman il y a beaucoup de jeux de regards. Et puis souvent il y avait « ils se regardent », « il voit ». Et Émilie m’a proposé « là il la contemple plus qu’il ne la voit ». Contempler, ce n’est pas fixer, fixer ce n’est pas scruter… Je me suis dit à plusieurs reprises : est-ce que c’est le mot juste ? Et souvent je me suis rendu compte que non.

Comme j’écrivais les chansons un peu en même temps, je ne sais pas si ça a rejailli sur les textes. J’ai ressorti pas mal de chansons que j’avais déjà, que j’ai remaniées, mais sur les dernières, il y en a une qui plaît à tout le monde, qui s’appelle « Comme ils dansent », qui parle de jeunes adolescents un samedi soir en province, qu’est-ce qui se passe quand la boîte ferme, avec un truc un peu lancinant et électro, c’est exactement le roman. Mais j’ai par contre utilisé d’autres mots. Donc oui, ça m’a affûté sur le fait de trouver une forme, en fait. Mais pas spécialement pour écrire des chansons. Parce qu’écrire des chansons et écrire un livre, c’est vraiment différent.

  • Est-ce que le nouvel album est en quelque sorte la bande-son du livre ? On dirait qu’il y a des thèmes communs…

Oui, là j’ai un son un peu plus électro, musique de film. Sur pas mal de morceaux, si tu enlèves la voix, ça ferait une belle bande-son pour le livre.

Comme je produis à tous les niveaux l’album, artistiquement et financièrement, je ne dois rendre de compte à personne, le seul avis qui compte c’est le mien. Avant il y avait quand même un producteur du disque, donc je pense qu’inconsciemment j’avais envie que ça lui plaise aussi. On n’était pas toujours sur la même longueur d’onde mais parfois je faisais – pas beaucoup, mais ça m’est arrivé – quelques petites concessions. Là je ne me demande même pas si ça va plaire aux gens.

  • Du coup ce livre, tu n’aurais pas envie qu’il soit adapté au cinéma ?

« J’ai toujours réfléchi en images »

Alors juste avant de venir j’ai écrit à la personne chez Rivages qui est chargée des adaptations. Je lui ai dit qu’à chaque interview on m’en parlait !

Moi je l’ai écrit comme ça, tout était visuel. Ça vient de mes études, de mon parcours, j’ai fait des arts appliqués, de l’histoire de l’art, option image en BTS audiovisuel et la Fémis en image… J’ai toujours réfléchi en images. Donc quand je fais une chanson, et là c’était pareil pour le livre, à chaque chapitre je me disais « où est-ce que je l’emmène » et là j’avais envie d’être dans la villa, ou dans une forêt. Et du coup je voyais les images. Mais à aucun moment je ne me suis dit « ça ferait un bon film ! ». Ce sont les premières personnes à qui je l’ai fait lire qui m’ont dit que ça ferait un super film. Donc là, puisque tout le monde m’en parle, il faut peut-être commencer le boulot !

  • Mais comme tu viens du cinéma, tu ne voudrais pas travailler sur l’adaptation ?

Je ne sais pas, on verra si ça se présente. J’y ai pensé mais peut-être que j’aimerais bien que quelqu’un s’en empare. Un livre, il faut toujours s’en éloigner. Et je crois que je serais attaché à pas mal de choses. Peut-être que j’entraverais la bonne marche de l’adaptation. Mais peut-être pas ? J’ai appris à ne pas voir trop loin.

  • Tu as l’air d’avoir plein de projets en cours, tu as dit tout à l’heure que tu travaillais sur une série ?

Oui, c’est une réalisatrice qui est venue me voir, j’étais avec elle à la Fémis, elle était scripte et elle passe à la réal. Elle m’a appelé parce que la série est une comédie musicale électro-rap. Ça se passe en 24h dans un festival de musique, dont les organisateurs sont des anciens teufeurs, et il y a une star internationale, entre Bowie et Daft Punk un peu, qui était un des leurs, et qui revient faire une date en France dans leur festival. On m’envoie les dialogues et je les adapte en punchlines, c’est rigolo, c’est une vraie création. Là on a écrit les deux premiers épisodes et on attend des validations.

  • Donc un roman, un nouvel album, une série… autre chose ?

Je tourne aussi un ciné-concert pour enfants, on prend cinq courts-métrages d’animation, on enlève le son et je mets un set électro dessus. J’avais déjà fait ça il y a cinq ans et j’ai tourné un peu partout dans le monde grâce à ça. Puis comme j’ai lancé mon label j’ai beaucoup de travail. Puis une autrice que j’aime bien m’a proposé de faire un spectacle de théâtre en musique. On m’a aussi demandé de réaliser un album il y a deux jours. Tout est gérable ! J’ai été pendant plusieurs années dans des situations où j’écrivais mais rien ne sortait, c’est pénible, tu te demandes quelle est ton utilité. Donc quand les projets affluent, je ne me dis pas que j’ai trop de trucs. En plus tout se nourrit, c’est génial d’avoir la possibilité d’aller dans des terrains différents. En abordant quelque chose de nouveau on retrouve un peu d’insouciance.

Un grand merci à Joseph d’Anvers pour cette longue et passionnante conversation.

Juste une balle perdue, éditions Rivages, disponible depuis janvier 2020.

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