« Un divan à Tunis » : tout le monde a besoin d’un(e) psy

affiche-film-un-divan-a-tunisSelma revient s’installer en Tunisie après avoir exercé en France comme psychanalyste. Elle compte ouvrir un cabinet sur le toit de son immeuble et va passer une annonce chez la coiffeuse du quartier…

Ma principale motivation à voir ce film était évidemment sa tête d’affiche Golshifteh Farahani, que j’avais envie de découvrir dans une comédie, après l’avoir surtout observée jusqu’ici dans des films a minima doux-amers. Et puis j’aime assez les histoires avec des psys (qu’il s’agisse de Sibyl ou Deux Moi l’an dernier par exemple).

L’équipe du film était très enthousiaste pour présenter cette comédie et je pense que l’incitation à rire a nui à ma découverte, car je m’attendais à bien plus drôle que le film de Manele Labidi.

En lui-même, le personnage de Selma n’est pas vraiment l’archétype d’un personnage de comédie. La jeune femme au tempérament affirmé est campée de manière fine et assez tendre par Golshifteh Farahani qui en fait une femme moderne et attachante à laquelle on peut aisément s’identifier, que ce soit dans son désir de ne pas appartenir à un homme, dans sa volonté de rendre service là où elle a grandi, dans son parcours du combattant pour obtenir le droit d’exercer. Son arc narratif majeur, celui de l’autorisation à ouvrir son cabinet, est un combat noble et elle emporte notre adhésion dans cette quête.

L’aspect comédie est plutôt apporté par les personnages secondaires, et c’est là à mes yeux que le film est moins fin. Je ne sais pas exactement quelle image la réalisatrice a voulu donner de la Tunisie, mais j’ai trouvé les personnages locaux tous très caricaturaux, surtout par rapport à Selma. Déjà la nièce de Selma avec sa coiffure bizarre et son obsession de la France qui la pousse à toutes les sottises peut paraître un peu chargée, mais ce n’est rien par rapport aux patient(e)s qui viennent consulter. Aucun cas n’est vraiment creusé, ce ne sont qu’une galerie de visages destinés à amuser par leurs pitreries ou des running gags pas vraiment du meilleur effet. Seul l’imam s’en sort mieux et a droit à une scène assez touchante qui sonne juste. Les autres acteurs/trices cabotinent, en particulier la coiffeuse et le boulanger. Ce personnage surtout m’a mise mal à l’aise. Les rires dans la salle à chacune de ses apparitions, alors qu’il dévoile peu à peu sa dysphorie de genre, m’ont vraiment gênée. En effet j’ai eu l’impression que le film se moquait de lui, comme s’il y avait matière à rire alors que les personnes concernées sont encore si souvent stigmatisées voire persécutées. On aurait pu rire avec les personnages mais il m’a semblé que c’était plutôt contre eux et que l’écriture et la mise en scène manquaient de douceur et d’ouverture d’esprit à leur égard.

Le rapport à l’autorité, incarnée par l’administration et la police, est tout aussi cliché, même si les acteurs/trices s’en sortent mieux. Mais en dépit d’une chouette bande-originale (j’ai un faible pour les chansons italiennes guimauves comme dans The Man from UNCLE), de la prestation de Golshifteh Farahani et d’un bon sujet de base, j’ai eu l’impression que le film s’égarait à vouloir à toute force faire rire maladroitement, alors que son propos recelait un vrai fonds social à creuser et la possibilité de scènes oniriques et réflexives comme son très beau dernier plan. Espérons que des réalisations futures de Manele Labidi corrigeront les défauts de ce premier film.

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