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affiche-film-ma-vie-de-courgetteAprès la mort accidentelle de sa mère alcoolique, Icare, qu’elle surnommait Courgette, est placé dans un foyer avec d’autres enfants. L’occasion de découvrir l’amitié, la solidarité, et l’amour…

 Movie challenge 2017 : un film d’animation

J’aime beaucoup les films d’animation en général, aussi bien les Disney et Pixar que les films des studios Ghibli ou autres découvertes. Pas facile donc de choisir un film à présenter dans le cadre du Movie challenge. Et puis, la sélection de ma copinaute Johanna pour son Popcorn Ciné Club a été l’occasion pour moi de découvrir ce film dont tout le monde a parlé, et que je n’avais pas encore pris la peine de visionner (probablement en réaction au fait que tout le monde en ait parlé).

Adapté d’un roman de Gilles Paris (l’auteur de L’été des lucioles), le film est une première réalisation longue (66 minutes) pour le Suisse Claude Barras, qui s’est appuyé sur une équipe de scénaristes incluant Céline Sciamma pour faire évoluer la narration par épisodes du roman en une écriture plus fluide. On sent la patte de Céline Sciamma (Tomboy) dans la façon de faire vivre l’enfance sous les caméras, un côté très réaliste des relations entre les orphelins et une certaine fraîcheur des dialogues. Le tour de force du film, que l’on doit justement à cette écriture des dialogues mais aussi au très bon casting vocal, c’est de réussir à rendre vivantes et attachantes les figurines en « pâte à modeler » qui s’agitent sous nos yeux. Je dois avouer que l’animation en stop motion ne me faisait pas vraiment envie au départ car je craignais que l’ensemble manque de rythme, de liant et de vie.

Or le sujet abordé est particulièrement profond et délicat et mérite de ne pas être considéré à la légère : Courgette perd sa mère dans un accident domestique (je n’ai personnellement pas très bien compris cette scène, j’ai déduit la mort de la mère de ce qui se passait ensuite), et il est placé dans un orphelinat avec d’autres enfants dans la même situation. Dans le film sont évoqués aussi bien la maltraitance, le meurtre, les violences sexuelles sur mineurs que l’immigration et le fait de grandir avec des parents en prison. Autant vous dire qu’il y a de quoi avoir le cafard !

Pourtant le film, s’il est touchant, n’est pas larmoyant. Bien traités car vus par les enfants eux-mêmes, ces sujets ne sont en fait que le contexte d’une histoire d’amitié et d’amour : les sentiments qui relient entre eux les enfants sont forts, et font plaisir à voir. Et puis il y a le personnage de Raymond, le policier, qui m’a particulièrement touchée, même s’il est dans les faits assez peu réaliste qu’un policier s’attache à un enfant qu’il a dû amener à l’orphelinat au point de venir le voir régulièrement.

Finalement, le point qui m’a paru le plus sujet à critique dans le film n’est ni le fond ni la méthode d’animation mais plutôt l’esthétique des personnages. J’ai quelques réserves face à ces figurines très colorées et, à mon goût, pas très jolies. J’ai trouvé que l’ensemble manquait un peu de douceur et de finesse, avec des grosses têtes et des couleurs criardes (les cheveux bleus de Courgette…). Cela dit, la force du propos et la vitalité des dialogues font peu à peu oublier l’aspect des personnages pour ne garder en tête que l’histoire de Courgette et ses amis. Et ce look particulier a le mérite d’être original, de sorte que l’on ne puisse confondre Ma vie de Courgette avec aucun autre film.

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