étédesluciolesVictor part en vacances comme tous les étés avec sa sœur Alicia qui adore embrasser les garçons et ses deux mamans, Claire la libraire et Pilar l’artiste peintre. Son père reste à Paris, refusant de revenir dans la ville où sa sœur a perdu la vie… 

Alors qu’on a beaucoup parlé de l’adaptation en court-métrage d’Autobiographie d’une courgette, il m’a semblé que c’était le moment parfait pour découvrir l’auteur de ce succès, Gilles Paris. J’ai choisi L’été des lucioles dont le titre me plaisait beaucoup, à la fois parce qu’il est de saison et pour le potentiel poétique de l’insecte luminescent.

Dès les premières lignes, je me suis laissée prendre par la voix d’un narrateur enfantin mais mature, tendre et bien élevé, drôle parfois à ses dépens. Gilles Paris réussit à donner voix à l’enfance sans fausse note : on s’attache à son petit héros et je l’ai trouvé pour ma part très crédible. Bien sûr, c’est un petit garçon idéalisé, qui ne fait pas de bêtises, demande l’autorisation avant de sortir seul, tente toujours de rendre service aux adultes et fédère un petit groupe d’amis autour de sa personne, mais ce sont aussi ces qualités qui permettent au lecteur adulte d’éprouver de l’affection pour le personnage.

Victor est surtout proche de Gaspard, le copain rencontré au local à poubelles de la résidence et qu’il retrouve tous les étés. Mais sur le chemin des douaniers, il fait bientôt la connaissance de deux jumeaux au teint pâle et aux cheveux noirs qu’il surnomme « mes petits corbeaux ». Avec eux, il découvre les secrets des villas environnantes et affronte ses peurs. Mais osera-t-il aborder la jolie Justine, toujours surveillée par une gouvernante sévère ?

Peu à peu, le récit de vacances et d’amitié se teinte d’une couleur fantastique, avec l’apparition des lucioles dans les arbres voisins de la résidence et la multiplication des papillons qui semblent attirés par Victor. La météo se dérègle, le cartes rendent leurs prédictions, les mystères se multiplient et les secrets de famille ressurgissent. Et si l’enfant était spécial ? S’il avait le pouvoir de repérer la magie à laquelle les adultes sont insensibles ?

J’ai beaucoup apprécié le fait que Gilles Paris, grâce à son narrateur enfantin, puisse aborder sur un ton assez léger des sujets importants : l’adolescence, avec son lot de doutes, d’erreurs et d’élans, incarnée par Alicia ; la difficulté à surmonter des traumatismes d’enfance et à devenir un homme mûr et responsable, sous les traits du père de Victor ; la vie de famille recomposée et homoparentale avec Claire et Pilar ; l’expatriation et le mal du pays ressenti par l’artiste argentine. L’auteur réussit à nous rendre attachants tous les personnages et à ne jamais les juger, grâce à une narration tout en empathie et en tendresse.

Un livre plein de bons sentiments malgré un fond grave, porté par la voix d’un narrateur sympathique, bref : parfait pour l’été ! À faire lire aussi aux ados qui pourraient s’y retrouver.

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