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carnavalLe policier Michael Talbot est chargé d’enquêter sur une série de mystérieux meurtres à la hache qui secoue La Nouvelle-Orléans de l’entre-deux-guerres. Mais l’ancien flic Luca à la solde de la mafia et la jeune détective privée Ida et son ami Lewis sont aussi sur le coup… 

Après quelques mois d’absence pour cause de rentrée littéraire, j’ai rejoint à nouveau le Club de lecture du Pingouin vert en octobre avec un pavé américain assez loin de mes lectures habituelles. J’avoue avoir été attirée par la couverture morbide et le résumé foisonnant. Pourtant, je ne suis pas très calée en littérature américaine, pas plus qu’en polars ou en romans historiques.

Or le roman de Ray Celestin est bien un livre historique, car il s’appuie sur des faits réels de manière assez précise : en effet, en 1919 a sévi à La Nouvelle-Orléans un tueur dit « à la hache » qui a fait plusieurs victimes, dont certaines portent leur vrai nom dans le roman. On sent que l’auteur s’est documenté assez sérieusement, à la fois sur le fait divers qu’il romance (en réalité, on n’a jamais su avec certitude qui avait commis ces meurtres barbares) mais aussi sur la réalité de la vie à l’époque en Louisiane. De plus, il fait au lecteur la surprise de placer parmi les personnages principaux du récit le jeune Lewis, trompettiste de talent que l’on reconnaît rapidement comme le futur Louis Armstrong. J’ai trouvé qu’il s’agissait d’une très bonne idée pour ancrer un peu plus le récit dans le réel, et nous faire percevoir sous un nouveau jour cette personnalité emblématique du jazz.

En dépit de la longueur du roman, je ne me suis jamais ennuyée à la lecture. J’ai toutefois mis assez longtemps à venir à bout du récit, ce qui m’a conduite à me perdre un peu par moments entre les différents personnages et à ne plus me souvenir de certains éléments de détail. C’est un peu comme s’il fallait tout relire une fois que la solution est dévoilée, afin de tenter de reconstituer les faits et de relier les pistes.

Si sur la fin le récit devient assez haletant, pour peu que le lecteur se soit attaché aux personnages (Ida et Lewis sont sans conteste les plus sympathiques), c’est surtout la bonne gestion narrative de ce monstre romanesque et la restitution de la vie grouillante de La Nouvelle-Orléans qui m’ont accrochée. Et bien sûr, j’avais envie de savoir qui était le tueur !

Par rapport à la réalité, Ray Celestin propose une fin qui reste ouverte et ambiguë mais offre tout de même assez d’éléments de réponse pour ne pas frustrer le lecteur. Pour ma part j’ai trouvé plausible l’explication, malgré des zones d’ombre, et je n’ai pas eu l’impression d’être menée en bateau. Contrat rempli donc au niveau polar !

J’ai surtout bien aimé l’épilogue qui offre une perspective intéressante : on pourrait envisager de retrouver certains personnages dans un autre volume d’enquête ! Une façon de nous faire redécouvrir les grands criminels de l’histoire américaine ? À suivre…

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