« Brooklyn Affairs », une affaire peut en cacher une autre

affiche-film-brooklyn-affairsLorsque son mentor est tué par balle, Lionel, détective atteint du syndrome de la Tourette, enquête pour comprendre qui l’a tué. Il remonte jusqu’à Laura Rose, qui milite contre l’expulsion forcée des habitants de Brooklyn au profit de projets immobiliers…

Je n’aurais sans doute pas été voir ce film de moi-même si on ne me l’avait pas proposé, et si je me suis laissée convaincre, c’est en grande partie parce que j’avais entendu dire qu’Edward Norton avait porté ce projet pendant vingt ans avant de parvenir à le financer et le réaliser. Je me disais qu’un film qui a coûté tant d’efforts et de patience est forcément fait avec cœur et soigné.

Effectivement, on sent beaucoup d’envie de bien faire et d’attention portée aux détails pour retranscrire au plus juste l’atmosphère d’une époque. La bande-son jazzy est absolument délicieuse, des scènes de club à des thèmes plus intimes, les lumières poussiéreuses sur le décor des bureaux des détectives, les rues des quartiers pauvres de New-York qui rappellent If Beale Street Could Talk, on est vraiment plongé(e)s dans une ambiance réaliste et en même temps très cinématographique. L’association d’une enquête menée par des détectives privés et du milieu du jazz m’a fortement rappelé les romans de Ray Celestin et en particulier Carnaval même si l’histoire se déroulait environ 30 ans plus tôt.

Sur le fond de l’histoire, j’ai été un peu déçue que les questions d’ordre privé tendent à l’emporter sur le scandale public des expulsions. Là où le film partait pour évoquer les droits des personnes noires aux États-Unis à la façon d’un Loving, il tourne à la réflexion sur le pouvoir et à une affaire de famille finalement plus classique et moins politique.

C’est donc plus l’atmosphère et l’esthétique du film qui m’ont séduite que sa narration qui réussit cependant à maintenir du suspens jusqu’au bout. Le personnage de Lionel, incarné par Edward Norton lui-même, y est aussi pour beaucoup. On voit évoluer cet homme perclus de tics dus au syndrome de la Tourette, qui après la perte de son mentor va peu à peu s’affirmer, prendre du galon et de l’assurance, en partie grâce aux avancées de son enquête, en partie parce qu’il s’attache à Laura (Gugu Mbatha-Raw) qu’il tente de protéger. Face à lui, Alec Baldwin est détestable à souhait dans son rôle de magnat de l’immobilier persuadé de rendre service aux générations futures avec sa rénovation à marche forcée de la ville. La réflexion sur l’urbanisme est intéressante et mérite qu’on s’y appesantisse, même si dans la bouche d’un tel obsédé de pouvoir on aurait tendance à y accorder peu de crédit.

Bien qu’on puisse lui reprocher quelques maladresses (notamment les scènes où Lionel voit Frank lui parler en songe, qui m’ont semblées assez ratées), le film d’Edward Norton est une enquête de belle facture qui tient sur la durée et nous transporte dans l’ambiance du New York des années 50.

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