« Si Beale Street pouvait parler » : déconvenue réitérée

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Tish et Fonny sont amis depuis l’enfance mais à l’orée de l’âge adulte, ils tombent amoureux. Alors que la jeune fille découvre qu’elle attend un enfant, son compagnon est arrêté pour un crime qu’il n’a pas commis…

Il y a deux ans, je découvrais Barry Jenkins avec Moonlight et je n’étais pas convaincue par ce film qui, malgré son sujet taillé pour me toucher, ne m’avait pas émue et m’avait ennuyée. Pourtant, j’ai voulu croire qu’il n’en irait pas de même avec son nouveau long-métrage, adapté d’un roman à succès de James Baldwin.

Le film traite encore une fois d’un sujet fort : un couple amoureux séparé alors que la jeune femme est enceinte, un homme jeté en prison pour un crime qu’il n’a pas commis, sur fond de racisme. Je m’attendais à être au moins aussi bouleversée et indignée par le film que par son résumé.

Et il y a de belles choses dans ce film, à commencer par la photographie. Les plans sont bien composés ; les lumières, les costumes aux coloris assortis des amoureux, les décors jusqu’aux détails, et même les volutes de poussière, tout est soigné et concourt à produire de belles images. La bande-son est plutôt jolie également bien qu’un peu mièvre par moments. Dans le rôle de Tish, Kiki Jayne est très charismatique et on sent qu’elle y croit. Ses parents et sa sœur sont également bien choisis (même si le rôle de la mère me semble un peu court pour un Oscar).

Pourtant, je n’ai ressenti devant le film qu’agacement et ennui. L’agacement provenait du personnage de Fonny, qui m’a assez vite déplu. Je ne sais pas si un autre acteur que Stephan James aurait pu me le rendre plus sympathique mais je crois que c’est surtout l’écriture du personnage et ses dialogues qui m’ont posé problème. J’ai beau savoir qu’on est dans les années 70 et que les hommes étaient conditionnés à être virils, dominants, avec la femme aux fourneaux ou les assurant qu’ils sont l’amant idéal, son comportement vis-à-vis de Tish m’a à plusieurs reprises paru problématique. J’avais déjà tiqué sur ses répliques durant la scène de première fois, mais qu’il fasse d’elle le réceptacle régulier de sa colère m’a définitivement fâchée avec le personnage.

À partir du moment où je ne sympathisais pas avec le personnage subissant l’injustice, il était forcément plus difficile pour moi de me sentir concernée par son sort. Quand en plus, les scènes s’étirent dans un rythme très lent et les gros plans répétitifs sur les visages s’enchaînent, on aboutit à un résultat inévitable : je me suis ennuyée.

Bref, deuxième déception avec ce réalisateur, je pense que ce ne sera pas la peine que j’insiste à l’avenir. En revanche, je serais curieuse de lire le livre pour découvrir s’il me procure les mêmes effets ou si c’est vraiment une question d’adaptation.

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2 commentaires sur “« Si Beale Street pouvait parler » : déconvenue réitérée

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  1. (je vais le voir ce soir si tout va bien, stay tuned – en sachant que je partage pour une fois ton avis sur Moonlight !).

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