Festival Premiers Plans d’Angers – jeudi 23 janvier

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Un jour si blanc – long-métrage européen en compétition

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Après l’accident de voiture qui a coûté la vie à son épouse, Ingimundur récupère un terrain appartenant à son père pour faire des vieux bâtiments agricoles qui l’occupent une maison pour sa fille Elin et sa petite-fille Salka…

Quelle étrangeté que ce film islandais. Il m’intriguait car j’avais gardé un bon souvenir de l’original Woman at war, et j’étais curieuse de découvrir davantage le cinéma de ce pays. Il me faut absolument évoquer ce début de film si spécial : après l’ouverture qui étouffe une scène choc dans la blancheur cotonneuse du paysage, Hlynur Palmason et ses équipes posent une caméra derrière le bâtiment récupéré par Ingimundur pour en faire la maison de sa fille. Presque un tableau de Monet, pas vraiment un timelapse, la séquence s’étire au fil des saisons, ne donnant à voir que la pluie ou le mouvement des herbes sous le vent, les chevaux sauvages qui paissent, la lumière qui change, et enfin, le début des travaux. À la fascination suscitée par cette séquence contemplative succède un film taiseux comme son protagoniste incarné par Ingvar Eggert Sigurðsson, qui rumine son deuil en silence en donnant l’impression que les travaux de la maison suffisent à l’empêcher de gamberger. Peu à peu, à la chronique attendrissante d’un grand-père dont la petite fille est la bouée de sauvetage succède un film plus tendu, à mesure que la peine se change en colère et que la suspicion vient ronger les souvenirs. On se croirait presque dans La Route dans ce tunnel de fin du monde, symbole d’un film douloureux et poignant.

Petit Pays – hors compétition

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Gabriel grandit au Burundi entre sa petite sœur Ana, sa bande de copains qu’il retrouve dans un combi Volkswagen abandonné et les disputes de ses parents. Mais en 1994, la guerre civile éclate au Rwanda, où vit la famille maternelle de Gabriel…

Cela fait des années que j’ai le roman de Gaël Faye dans ma PAL et que je n’arrive pas à me décider à le lire, rebutée par son douloureux sujet. Les histoires de guerre en général, très peu pour moi, et les génocides en particulier, depuis que j’ai eu à me confronter à un essai sur le sujet pour des raisons professionnelles.

Cependant, j’étais curieuse de voir ce que pouvait donner l’adaptation du best seller par Éric Barbier, même si je n’avais pas eu l’envie de découvrir ce qu’il avait fait de La promesse de l’aube. On retrouve néanmoins dans sa version de Petit Pays un thème capital commun avec l’œuvre de Romain Gary : le rapport complexe à la mère. Ici, celle de Gabriel est ambivalente, d’abord coquette qui rêve des boutiques de Paris et traite ses enfants avec une forme de je-m’en-foutisme déplaisant, puis victime des atrocités qui l’ont traumatisée.

La figure de stabilité familiale, c’est le père, et Jean-Paul Rouve trouve ici un plus joli rôle que ce qu’on l’a vu jouer récemment. Ses échanges avec les enfants sont touchants et drôles, mais il faut bien l’admettre, tous les adultes du film se font voler la vedette par l’aura de Djibril Vancoppenolle et l’intensité de Dayla de Medina. Tourné à hauteur d’enfant, tout le film est placé du point de vue du jeune Gabriel, ce qui permet de révéler l’ampleur du revirement vécu par les habitants du Burundi. D’un décor de rêve propice aux jeux d’extérieur, dans les arbres ou sur un terrain de sport, aux soirées sur la terrasse et aux bêtises dans le combi abandonné, le « petit pays » (on ne sait pas très bien d’ailleurs si le titre désigne le Burundi ou le Rwanda, car l’histoire se déroule à cheval sur les deux États) devient celui d’un long cauchemar, dont les enfants n’ont d’abord conscience que par bribes avant que celui-ci ne devienne prégnant, affectant le rythme du récit, qui emprunte à l’horreur (le retour de la mère et ses crises) et au film de guerre (les scènes avec les émeutiers). Tragique sur le fond, assez prenant dans la forme (même si la scène de la plage m’a parue de trop), le film perd un peu de sa force quand on sait que les éléments les plus terribles de l’histoire ne sont pas autobiographiques. Mais ça, c’est davantage à Gaël Faye qu’on pourrait le reprocher qu’aux équipes d’Éric Barbier.

Compte-rendu détaillé de la rencontre avec le réalisateur et le producteur du film à dérouler ici : https://twitter.com/Lilylit_blog/status/1220430282526003200?s=20

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