« L’Autre continent » : que reste-t-il de notre amour ?

affiche-film-l-'autre-continentMaria s’envole pour Taïwan puiser l’inspiration d’un roman. Elle y rencontre Olivier, guide touristique polyglotte. Mais l’histoire d’amour qui se noue entre eux court un grave danger… 

Movie challenge 2019 : un film qui m’a fait pleurer

Nous y voilà. Elle aura tardé, cette année, cette fameuse catégorie du Movie challenge qui sied si bien à mon tempérament émotif. Et pourtant, comme si sa simple existence servait de talisman, j’ai versé peu de larmes (sinon de rire) au cinéma en 2019. Les quelques films de l’année qui m’avaient tiré des sanglots, je les avais vus fin 2018. Pour ne pas tricher donc, j’ai attendu de me laisser surprendre.

C’est chose faite avec le film de Romain Cogitore, qui s’est révélé déchirant. Mais avant le chagrin, il y a la lumière. Celle de plans bleutés dans les rues taïwanaises, d’aubes devant les temples, et de la lumineuse Déborah François, personnage solaire croquant la vie à pleines dents. Maria se veut écrivaine mais n’en a guère le tempérament, papillonnant entre les hommes et se plaisant en compagnie des touristes qu’elle guide, semble-t-il plus que devant l’écran de son ordinateur. Elle jette son dévolu sur le sage et sauvage Olivier qui lui échappe pendant un temps, attisant son désir et sa curiosité. Ce début de romance exotique (le film est multilingue avec de l’anglais, du mandarin, du hollandais, de l’allemand…) qui s’interroge sur les sentiments et le couple a des accents rohmériens. Et de fait, au fil de l’avancée du film, Maria m’a fait penser à la Félicie de Conte d’hiver. Quand la maladie s’attaque à l’homme qu’elle aime, elle se découvre une foi en la vie à déplacer des montagnes. Pourtant, en elle, quelque chose résiste : le goût de l’indépendance et ses projets d’écriture qui la ramènent vers Taïwan quand il a fallu, la mort dans l’âme, rentrer en France pour raisons médicales. J’ai été émue par ce personnage de femme à la fois éminemment libre et forte dans ses choix mais aussi passionnée lorsqu’elle décide d’aimer et de rester coûte que coûte. Avec elle, on a envie d’y croire, de se dire que l’amour peut être plus fort que tout.

C’est beau, intense, poétique parfois comme avec ces images de cellules ou de nature à la limite de l’abstraction qui viennent ponctuer le film comme autant de trêves avant que la cruauté du réel nous rattrape. Car le scénario n’épargne ni ses personnages ni les spectateurs/trices. Ce mélange de mort qui rôde et de puissant désir de vie m’a rappelé Le Scaphandre et le papillon, et on n’en est pas si loin en effet. Sans trop en dévoiler, Olivier se retrouve d’une certaine façon prisonnier de son corps, de sa santé, de son cerveau. À quel prix faut-il alors s’accrocher à la vie ? Heureusement que je n’apprécie pas plus que ça l’acteur Paul Hamy, car si j’avais eu plus d’empathie pour le personnage, je ne sais pas dans quel état le film m’aurait laissée.

En l’état, il offre un magnifique hommage aux aidants, aux proches de malades ou de personnes en situation de handicap, à toutes celles et tous ceux, amoureux/ses mais aussi parents (délicats Daniel Martin et Christiane Millet), qui accompagnent au quotidien celles et ceux dont la santé engendre la dépendance.

Parfois, l’amour semble pouvoir triompher de tout. Sans dévoiler la fin du film, qui connaît quelques rebondissements, je suis sortie de la salle avec une pensée émue pour celles et ceux pour qui il n’a pas suffi.

logo-movie-challenge-nblc

7 commentaires sur “« L’Autre continent » : que reste-t-il de notre amour ?

Ajouter un commentaire

  1. Bonjour,
    J’ai assisté à l’avant première et eu la chance de voir le réalisateur. Il s’agit d’une histoire vraie arrivée à sa femme, ce qui, à mon avis, donne encore plus d’émotion à ce film.
    Il faut aller le voir !!
    Merci pour ta chronique
    Bonne journée

  2. Il a l’air vraiment bouleversant ce film ! Je suis intriguée. J’ai beaucoup aimé Déborah François dans les quelques films où j’ai pu la voir, que ce soient des comédies comme Populaire ou des drames comme La tourneuse de pages.. Je pense que je me laisserais tenter !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :