« Lune de miel » : retrouver une trace

affiche-film-lune-de-mielAnna et Adam partent en Pologne pour une cérémonie hommage à la communauté juive locale dont le grand-père d’Adam faisait partie. Anna espère aussi retrouver la trace de sa grand-mère…

Je suis vraiment allée voir ce film par hasard, juste parce que j’aimais bien le décor de l’affiche et la tenue rocambolesque de Judith Chemla avec sa toque et ses bottes fourrées. J’avais vaguement conscience qu’il s’agissait d’une histoire d’origines et de famille d’ascendance juive polonaise, mais cela ne m’avait pas marquée plus que ça.

En réalité, cette question des origines est le cœur même du film. La « lune de miel » est très peu évoquée en tant que telle : chaque membre du couple semble être parti pour ses propres raisons. Anna est totalement obsédée par l’idée de retourner là où sa grand-mère a vécu. Volubile, cyclothymique, omniprésente, c’est elle qui occupe tout l’espace, reléguant Adam (Arthur Igual) au rang de personnage secondaire. Je confesse avoir eu du mal à rentrer dans l’histoire justement à cause de ce personnage féminin. Même si j’aime bien Judith Chemla habituellement, j’ai trouvé qu’ici son rôle tombait dans le cliché de la fille hystérique. J’ai bien conscience qu’Élise Otzenberger s’inspire de sa propre vie en forçant le trait pour donner à ce voyage une tonalité comique, mais j’aurais trouvé plus original qu’on suive Adam, quitte à ce que ce soit lui qui appelle son père tout le temps. Car ici le couple est vampirisé par la mère d’Anna (Brigitte Rouän), qui qu’elle soit présente ou absente, est au cœur de toutes les conversations, une situation déjà vue.

Pourtant, le film recèle des scènes d’une poésie décalée et burlesque qui m’ont plu et m’ont rappelé l’univers hors du temps d’un Pascal Thomas dans Ensemble nous allons vivre une très très grande histoire d’amour, par exemple. La visite d’une boutique de vêtements et la conversation multilingue avec la vendeuse est un de ces moments de grâce qui éclaire le film d’une jolie lumière à mi-chemin entre comédie et émotion. Le film dispose aussi d’une bande-son alliant classique et musique juive dans un beau mélange qui soutient les scènes de visite de la Pologne.

Je ne peux pas dire que j’ai complètement apprécié le film, mais je pense que cela est clairement dû au fait que je ne fasse pas partie du public cible. L’histoire est tout de même très axée sur la quête des origines et la judéité, deux thèmes qui ne me touchent pas personnellement. En revanche, je pense que si vous avez envie de lancer avec des membres de votre famille une conversation sur le passé, les générations antérieures, les souvenirs d’événements douloureux, ce film peut être un très bon déclencheur, qui permettra d’aborder le sujet avec douceur, légèreté, mais aussi la perspective pleine d’espoir de retrouvailles et réconciliation.

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