paradissinatraUn enfant qui promet à sa grand-mère qu’il la retrouvera au paradis, une fille toujours de bon conseil, une autre qui veut tourner la page, un homme portant un tee-shirt rouge, un père de famille en vacances, et quelques célébrités…

J’avais repéré le titre de ce livre dans un article de LivresHebdo, et c’est avec empressement que je l’ai inclus dans ma sélection pour la dernière Masse critique de Babelio. Et je dois remercier la chance, le hasard et la super Babelioteam de m’avoir octroyé cet ouvrage pour le moins original.

Avant tout je dois avouer que j’ignorais complètement qui était B. J. Novak en entamant ma lecture (je n’ai eu la curiosité de regarder la quatrième de couverture que vers la fin, pour me rendre compte qu’il s’agit d’un acteur et scénariste de The Office – série que je n’ai pas vue, mais dont j’ai entendu beaucoup de bien).

Le recueil est bien fourni, il n’y a pas d’arnaque : 62 histoires nous sont ici racontées, dont la majeure partie sont des nouvelles brèves (deux ou trois pages). Certaines histoires sont réduites à quelques lignes, et d’autres culminent à une vingtaine de pages. J’ai bien aimé cette variété qui empêche le lecteur de s’accoutumer et donc de s’ennuyer. À chaque fois que l’on tourne la page, on ne sait ce qu’on va découvrir, et cette sensation de lecture est assez rare et vraiment intéressante.

Le contenu est assez varié lui aussi avec des textes assez légers, amusants ; d’autres plutôt mélancoliques ou carrément tristes ; certains réalistes et d’autres farfelus. On retrouve au fil des pages un grand sens de l’observation avisée, et une plume facile et spirituelle, des qualités qui s’approchent de celles d’un humoriste qui sait repérer quels détails souligner pour rendre une anecdote drôle ou percutante.

J’avoue avoir assez peu accroché aux quelques textes mettant en scène des célébrités, sans doute parce que ces nouvelles sont particulièrement américano-centrées. Et puis j’ai toujours un peu de mal avec l’idée que l’on fasse dire ou faire tout ou n’importe quoi à quelqu’un qui existe vraiment (surtout si on touche à des personnalités respectables comme Mandela).

J’ai trouvé beaucoup plus pertinents les textes prenant le temps de faire vivre des personnages moyens, avec des défauts que l’on reconnaît tous et qui peuvent nous toucher. Quelques récits sortent vraiment du lot à mes yeux : l’histoire de l’homme qui avait commandé un robot sexuel, celle de l’enfant qui gagne le gros lot dans un paquet de céréales et surtout « Un de ces jours, il faudra s’occuper de Willie », dont la chute m’a eue par surprise. Sans jamais jouer sur la corde sensible, l’auteur arrive à nous arracher des émotions de manière assez remarquable.

J’ai aussi apprécié les textes évoquant des choses simples de la vie, des petits moments qui peuvent tout changer, un peu à la manière d’un Philippe Delerm, avec moins de finesse littéraire et de poésie nostalgique, mais plus de mordant.

En V.O., le livre s’appelle One More Thing (que j’aurais traduit « Encore un truc » ) et ce titre lui va bien. À chaque fois qu’un récit se termine, l’auteur rebondit et nous emporte ailleurs, dans une infinie partie de flipper. On a l’impression d’écouter un ami volubile qui aurait toujours quelque chose à raconter, et le talent pour rendre chaque petit rien intéressant.

Merci encore à Babelio et aux éditions Les équateurs pour cette lecture.

babelio

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