CONCOURS des 4 ans : les résultats !

cadeau-surprise

Crédit photo : jacobskids.org

Il est l’heure de dévoiler les résultats du concours d’anniversaire du blog ! Merci à toutes et à tous pour vos participations et vos vœux pour le blog ! 🙂

And the winners are…

Lot 1 : Olivia Philippe

Lot 2 : Anne-Ju (des Motordus)

Lot 3 : Juliette (de Cœur d’encre 595)

Bravo les filles ! Vous avez jusqu’au dimanche 11 juin minuit pour me faire parvenir vos coordonnées postales par message privé (FB ou Twitter), afin que je puisse vous envoyer vos livres ! Dans le cas contraire, je me verrai contrainte de procéder à un nouveau tirage au sort. En cas de problème d’acheminement des lots relatif à la Poste, je décline toute responsabilité.

 

Et pour les perdants, consolez-vous, il y aura d’autres surprises dans les mois à venir ! 😉

CONCOURS d’anniversaire : 4 ans !

Les amis, il vous reste jusqu’à dimanche 4 minuit pour gagner l’un de mes livres préférés de 2017 ! À vous de jouer !

Lily lit

cadeau-surprise Crédit photo : jacobskids.org

Eh oui, aujourd’hui, cela fait 4 ans tout juste que j’ai posté mon premier article sur le blog ! 4 belles années de découvertes culturelles, d’interviews, de projets, de rencontres et de dialogue avec vous tous qui rendez le blog si vivant ! Un grand merci de votre présence régulière ici !

Le blog est généreux : il fête son anniversaire mais c’est lui qui offre les cadeaux ! Afin de vous remercier de votre fidélité, j’ai décidé de vous offrir cette année encore des livres qui m’ont particulièrement plu en 2017.

En faisant la liste de mes coups de cœur, je me suis aperçue que, cette année, mes lectures favorites provenaient toutes du même éditeur, une maison que j’aime beaucoup et que j’ai la chance de compter parmi mes partenaires.

Cette année, on dit donc un grand merci à Alma éditeur, qui a accepté bien gentiment d’être partenaire de…

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« Vivement l’avenir ! » : Ensemble, c’est déjà ça

couverture-livre-vivement-l-avenirAlex, trentenaire au look d’adolescent, habite chez Marlène et Bertrand, qui hébergent également Gérard, le frère handicapé de Bertrand. Pendant ce temps, Cédric et Olivier contemplent le canal et y jettent des canettes 

C’est la couverture du roman de Marie-Sabine Roger qui m’a donné envie d’en savoir plus, alors que je ne connaissais pas cette auteur. Le résumé a continué d’attiser ma curiosité, et hop ! j’étais captivée.

C’est un roman qui se lit vite, car on s’attache à Alex et on a envie d’en savoir plus sur elle, son passé, son avenir. En fait, la narratrice reste assez mystérieuse, et tous les points inconnus de son parcours ne seront pas levés.

Le titre du livre est assez ironique, car l’avenir ne semble pas très rose pour la jeune femme solitaire qui enchaîne les petits boulots et déménage au gré des opportunités. Pourtant elle n’a pas l’air vraiment malheureuse de cette vie sans attaches qui lui permet de faire des rencontres improbables.

À commencer par Gérard. Gérard, qu’elle surnomme gentiment Roswell, est atteint d’un handicap moteur, et sans doute mental également. Déformé, crachotant, il peine à se déplacer seul et à s’exprimer. Pour le couple de beaufs complètement clichés que sont Marlène et Bertrand, un tel pensionnaire est évidemment un boulet. Seule Alex semble voir la beauté derrière la laideur, et l’intelligence inexprimée par le langage de cet homme pas comme les autres.

Jusqu’au jour où la jeune femme décide d’emmener Gérard en balade au bord du canal, et croise Olivier dit Le Mérou et Cédric, qui contemplent l’eau aussi stagnante que leur mal-être à longueur de journée.

Et là, j’ai eu l’impression plutôt agréable de me retrouver parachutée dans une sorte d’Ensemble, c’est tout. Mais dans une version moins rose, moins tendre que l’original. Car dans Vivement l’avenir !, tout le monde trimballe son lot de problèmes d’argent, de boulot (ou d’absence de boulot), d’amours bancales et de questionnements existentiels. Malgré ce tableau globalement sordide et déprimant, l’auteur parvient à insuffler un humour très présent dans son texte, et à donner envie au lecteur de savoir ce qui attend les personnages.

Bien sûr, certains éléments de résolution sont prévisibles, mais les principaux écueils du cliché sont tout de même évités, et c’est tant mieux ! Pour autant, j’ai trouvé la fin un peu rapide et peut-être trop facile pour tout arranger au mieux. J’aurais aimé un équilibre un peu plus subtil, mais dans l’ensemble c’est plutôt bien vu.

Surtout, je me suis régalée du style d’Alex, ironique et direct, et des répliques de l’inénarrable Marlène, qui déforme tout ce que la langue française compte de dictons et d’expressions en tout genre.

Une chouette découverte, qui me fait dire : Vivement les prochains romans de l’auteur !

« Camille redouble » : « le temps qui passe ne se rattrape guère »

affiche-film-camille-redoubleLors d’un réveillon arrosé avec ses amies d’adolescence, Camille s’évanouit. Lorsqu’elle se réveille, elle a de nouveau 16 ans, mais dans son corps d’adulte. Elle recroise au lycée Éric, l’homme qui vient de la quitter après plus de vingt ans de vie commune…

Le film de Noémie Lvovsky ne m’avait pas tenté à sa sortie, malgré de très bonnes critiques, et par la suite je l’ai un peu oublié. Il faut dire que j’ai été habituée à voir la réalisatrice apparaître comme actrice dans des films variés, qui ne m’ont pas toujours emballée (je pense notamment à Chez nous c’est trois). Et puis récemment, j’ai apprécié plusieurs de ses rôles, comme dans Ensemble, nous allons vivre une très très grande histoire d’amour (un de mes films préférés) ou dans Rosalie Blum.

Alors quand ce film est devenu disponible sur la plateforme de ma médiathèque, je me suis dit que c’était l’occasion de lui laisser sa chance. Le résumé me faisait plutôt envie, avec cette histoire de retour à l’adolescence, un peu façon Freaky Friday. 

Si je m’attendais à une comédie hilarante, j’ai rapidement été plongée dans une ambiance plutôt nostalgique et mélancolique. Camille vit très mal son divorce, boit et se plaint tout le temps. Son retour en adolescence apporte au film une bouffée d’air frais bienvenue et quelques scènes cocasses. J’ai notamment bien aimé le groupe de copines de Camille (Judith Chemla, India Hair, Julia Faure) dont les personnalités sont bien différenciées malgré leur statut de seconds rôles. Les parents de Camille sont également sympathiques (Yolande Moreau et Michel Vuillermoz, excusez du peu !) et c’est lorsqu’on s’attache à eux que le film devient plus triste que léger.

En effet, outre la question de sa relation avec Éric, que Camille va essayer de modifier pour ne pas souffrir de son divorce vingt-cinq ans plus tard, l’autre grande préoccupation de l’héroïne est de tenter de sauver sa mère, décédée peu de temps après son retour en arrière. Autrement dit, Camille a quelques semaines pour tenter d’inverser le cours des choses. Mais peut-on modifier le passé ?

J’ai trouvé cet angle du film plus intéressant que l’aspect romantique. J’avoue ne pas avoir compris ce que Camille trouvait au balourd Éric (Samir Guesmi, guère convaincant en jeune premier), et m’être ennuyée lors des scènes du duo qui tournaient rapidement à la mièvrerie avec de grandes envolées lyriques.

J’ai donc été beaucoup plus touchée par la relation de Camille avec ses parents et par ses tentatives pour les garder vivants auprès d’elle. L’idée d’enregistrer leurs voix sur son dictaphone est extrêmement bien trouvée et bouleversante.

Enfin, le personnage de Denis Podalydès apporte un rebondissement un peu parachuté à l’histoire et aurait mérité d’être mieux introduit et quitté. On sent dans la structure du film et les options choisies une forme de maladresse. Par moments drôle, à d’autres bouleversant, le film s’égare le reste du temps entre ces deux pôles et c’est dommage, car le sujet était vraiment tentant.

CONCOURS d’anniversaire : 4 ans !

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Crédit photo : jacobskids.org

Eh oui, aujourd’hui, cela fait 4 ans tout juste que j’ai posté mon premier article sur le blog ! 4 belles années de découvertes culturelles, d’interviews, de projets, de rencontres et de dialogue avec vous tous qui rendez le blog si vivant ! Un grand merci de votre présence régulière ici !

Le blog est généreux : il fête son anniversaire mais c’est lui qui offre les cadeaux ! Afin de vous remercier de votre fidélité, j’ai décidé de vous offrir cette année encore des livres qui m’ont particulièrement plu en 2017.

En faisant la liste de mes coups de cœur, je me suis aperçue que, cette année, mes lectures favorites provenaient toutes du même éditeur, une maison que j’aime beaucoup et que j’ai la chance de compter parmi mes partenaires.

Cette année, on dit donc un grand merci à Alma éditeur, qui a accepté bien gentiment d’être partenaire de l’anniversaire du blog et de vous offrir les trois exemplaires mis en jeu !

Je vous présente donc les titres en jeu :

Lot 1 : Les vérités provisoires, d’Arnaud Dudek

couverture-les-verites-provisoiresUn roman sur l’absence, la façon de surmonter un drame familial, mais aussi une enquête, une romance, un livre sensible et poétique ! Si vous n’êtes pas encore convaincu, lisez vite la chronique !

Lot 2 : La baleine thébaïde, de Pierre Raufast

couverture-la-baleine-thebaideUn nouveau succès de Pierre Raufast après La Fractale des raviolis et La variante chilienne. Excellant toujours dans la narration d’histoires enchâssées, l’auteur nous entraîne dans un nouveau registre à la suite de cette mystérieuse baleine… Pour en savoir plus, la chronique est ici !

Lot 3 : Arrêt non demandé, d’Arnaud Modat

couverture-arret-non-demandeLe petit nouveau de la team Alma a de solides arguments à faire valoir : des textes courts et percutants qui analysent d’une plume trempée à l’humour noir les travers des hommes d’aujourd’hui. Je vous explique ici pourquoi c’est si drôle !

 

Conditions de participation 

C’est tout simple ! Pour participer il faut :

  • être abonné au blog ET/OU à sa page Facebook
  • me laisser un commentaire sur cet article pour dire pour lequel des deux lots vous jouez.

NB : pour des raisons de frais d’envoi, le concours est réservé aux personnes disposant d’une adresse postale en France métropolitaine.

Augmenter ses chances

La fidélité est récompensée, c’est pourquoi j’offre une chance supplémentaire à toute personne qui :

  • suit le blog sur Twitter
  • suit le blog sur Hellocoton
  • partage l’annonce du concours sur Facebook
  • partage l’annonce du concours sur WordPress

Cela fait donc jusqu’à 4 chances de plus si vous faites le tout !

Attention : n’oubliez pas de m’indiquer dans votre commentaire vos pseudos sur les réseaux sociaux si vous en avez, afin que je puisse bien vous faire bénéficier de vos chances supplémentaires !

Le concours est ouvert jusqu’au dimanche 4 juin à minuit. Les trois gagnant(e)s seront tiré(e)s au sort par une main innocente. Ils ou elles seront prévenu(e)s par mes soins via Facebook ou Twitter et leurs noms (ou pseudos) seront annoncés sur le blog.

J’espère que ce petit concours vous plaira ! Encore merci à Alma éditeur pour ces lots.

Et que la chance soit avec vous !

Oh « Mommy » blue…

affiche-film-mommyDie, mère d’un adolescent souffrant de troubles TDAH prononcés, doit récupérer son fils Steve jusque là placé dans un centre éducatif fermé, suite à un incendie qu’il a provoqué. Lorsqu’elle perd son travail commence une difficile cohabitation…

Je crois que la Terre entière m’a recommandé Mommy, en tout cas pas une personne qui l’ait vu ne m’a pas dit qu’il fallait vraiment que je le regarde. Pourtant, rappelez-vous, les œuvres de Xavier Dolan ne m’ont jamais tant que ça tentée, et ma découverte du cinéaste avec Tom à la ferme avait été assez désastreuse.

Mais je me suis dit que j’allais lui laisser une deuxième chance avec son film le plus réputé. Et me voilà embarquée sur arte dans plus de 2h de film.

Je m’attendais à être émue, voire à pleurer, parce que c’est plutôt comme un drame qu’on m’avait présenté ce film. Mais, à l’instar d’un Manchester by the sea, le film de Dolan n’a pas su me tirer des larmes. Certes, la situation qu’il décrit n’est pas facile, ni pour Die, mère célibataire d’un ado difficile, ni pour Steve. Mais je dois dire que je n’ai pas été particulièrement sensible aux personnages, si ce n’est à la voisine, Kyla, un personnage plus modéré, plus proche du commun des mortels, qui m’a donc plus touchée. J’ai aimé qu’on ne sache pas tout d’elle, mais qu’on comprenne ses fêlures.

Pas de larmes, donc, si ce n’est… de rire. On ne m’avait pas prévenue que ce film était si drôle ! Dès les premières minutes, j’ai commencé à franchement sourire grâce aux dialogues aux petits oignons. L’accent et les expressions canadiennes n’y sont pas pour rien (« C’est-y dans le dictionnaire entregent ? » « Remets-toi z’en »). Mais il y a aussi du comique de situation, grâce aux personnages plus déjantés les uns que les autres (la scène dans le taxi est particulièrement énorme pour peu que l’on ait une bonne dose de second degré).

Séduite par l’humour et les dialogues, je l’ai aussi été par les trouvailles de cadrage et de montage. Le format carré qui s’élargit en 16/9e a beaucoup fait parler de lui, à raison, car la scène où Steve repousse les bords du cadre est sans doute l’une des plus réussies.

Il y a de l’idée, du fond, les acteurs sont très investis, mais peu à peu j’ai retrouvé dans le film ce que je n’avais pas aimé dans Tom à la ferme : des longueurs, de l’excès, des scènes de violence, de cris, qui paraissent par moments surréalistes, des relations malsaines, et toujours la touche de narcissisme maison (Dolan réussit à faire une apparition dans le film). Dommage !

Bref, je n’ai pas passé un mauvais moment mais je ne crierai pas non plus au chef d’œuvre. Je salue tout de même le choix des acteurs (ravie de retrouver l’interprète de Starbuck même si, honte à moi, je ne l’ai pas reconnu !) et la première moitié du film, la partie la plus légère qui m’a davantage convaincue que le côté (mélo)dramatique.

April Birthday Swap

Étiquettes

April-Birthday-SwapLe principe d’un swap est un échange de colis remplis de cadeaux entre blogueurs !

Avec ma copinaute Tinalakiller, aka ma dopplegänger du net, nous avons eu à peu près la même idée en même temps (nous ne sommes pas dopplegängers pour rien) : réaliser notre premier swap ensemble. Et quand on s’est rendu compte que nous étions toutes deux nées en avril, le thème est devenu évident : nous allions faire un swap d’anniversaire !

Pour ce premier essai, nous avons fixé des règles assez simples ; chacune devait envoyer à l’autre un ensemble de cadeaux pour un budget de 35 euros environ, comprenant :

  • un film en DVD
  • un roman en poche
  • quelque chose à boire ou à manger
  • un petit gadget complémentaire.

Après nous être envoyé des listes et des photos de nos bibliothèques respectives afin de ne pas risquer le doublon, j’ai concocté mon petit paquet pour Tina et j’ai attendu le sien avec impatience !

Lorsqu’il est arrivé j’étais comme une gamine à Noël ! Je précise que Tina avait joliment emballé ses paquets dans un papier cadeau à motifs de pellicule de cinéma, ce que j’ai trouvé extrêmement bien trouvé.

Et voici ce que contenait le paquet !

En bonne gourmande que je suis, j’ai commencé par déballer ce qui se mange. Tadaaa !calissons

Eh oui, des calissons, car Tina vient d’Aix ! J’ai particulièrement apprécié qu’elle me fasse goûter une spécialité de sa région. Bien sûr, le paquet était plus rempli au départ, mais entre le déballage et le moment où j’ai pris la photo, hum, il s’est mystérieusement vidé…

 

 

J’ai ensuite déballé le gadget surprise. Le voici !

marque-pages

Mignon, non ? Ce petit marque-pages aux grands pieds me fait particulièrement rigoler, imaginez-moi en train de faire marcher mes bouquins avec ! J’ai déjà commencé à l’emporter partout avec moi, je ne vous dis pas la tête des gens dans le métro !

 

 

Ensuite est venue l’heure du livre :

couverture-bord-cadre

Encore un très bon choix, car j’ai adoré Le Magasin des suicides mais n’avais pas eu l’occasion jusqu’ici de découvrir davantage les œuvres de Jean Teulé. En plus le roman raconte l’histoire d’un écrivain, un sujet qui m’attire toujours en littérature.

Je vous en ferai la chronique dès que je l’aurai lu !

 

 

Et enfin, le film ! J’avais une petite idée de ce que Tina pouvait avoir choisi, car le cinéma est l’un de nos sujets de conversation favoris.

DVD-Smashed

Et bingo ! C’est Smashed, un long-métrage de James Ponsoldt, le réalisateur deThe Spectacular Now, une de mes découvertes récentes les plus marquantes. Au casting, on retrouve Mary Elizabeth Winstead (déjà aperçue dans The Spectacular Now) et Aaron Paul (plus connu sous le nom de Jesse Pinkman dans Breaking Bad). La jaquette du film évoque « Une comédie dramatique réaliste, sensible et émouvante », soit à peu près tout ce que j’aime au cinéma ! J’ai hâte de le découvrir !

Un grand merci à ma copinaute qui m’a gâtée avec tous ces cadeaux ! Et pour savoir ce que j’ai moi-même choisi d’expédier à Tina, rendez-vous sur son blog !

« Bande de filles » : « shine bright like a diamond »

affiche-film-bande-de-fillesLe jour où Marieme apprend qu’elle ne passera pas en seconde générale, elle est abordée par trois filles qui lui proposent de se joindre à leur bande pour aller faire les boutiques au centre commercial des Halles… 

J’avais repéré Bandes de filles avant même sa sortie. Il faut dire qu’en 2011, Tomboy avait été une de mes découvertes cinéma préférées. J’avais beaucoup aimé la façon de filmer l’enfance de la réalisatrice, le jeu extrêmement naturel des jeunes acteurs et le côté ultra réaliste ,presque documentaire, du film.

Je n’ai pas pu voir le troisième film de Céline Sciamma au cinéma, et j’ai par la suite entendu beaucoup de critiques mitigées voire négatives qui ont un peu refroidi ma curiosité. Lors de la sortie de Divines, la comparaison entre les deux a souvent été évoquée, relançant ma volonté de me faire ma propre opinion. Merci donc à arte qui a choisi de diffuser ce film dans le cadre de sa programmation spéciale Cannes (le film avait ouvert la Quinzaine des réalisateurs en 2014).

Si la scène d’ouverture (un match de football américain féminin) m’a laissée perplexe, j’ai ensuite suivi avec plaisir les pérégrinations de Marieme, incarnée par la jeune et inconnue Karidja Touré (inconnue, elle ne l’est plus, on la verra bientôt dans le nouveau film de Cédric Klapisch). J’ai trouvé le personnage bien construit, touchant dans son évolution. J’ai beaucoup aimé ses relations féminines, la proximité avec ses sœurs, en particulier Bébé, puis avec ses amies, après une phase d’intégration progressive au groupe. Comme avec Tomboy, la réalisatrice a su capter avec justesse l’adolescence, le mélange d’audace et de timidité, d’assurance et de questionnements propre à cet âge de tous les possibles. Marieme est attachante car on sent bien qu’elle ne pense jamais à mal. Ce qu’elle veut, c’est tantôt faire plaisir à ses proches, en se conformant aux attentes, tantôt s’en émanciper pour vivre sa vie comme elle l’entend, et tout le film repose sur le tiraillement entre ces deux options.

Certes, la bienveillance de Céline Sciamma envers ses héroïnes a tendance à lisser le film, qui manque du mordant, du sens du tragique et de l’exubérance de Divines. Même lorsqu’elles sont provocantes, vulgaires, violentes, Marieme et ses amies ne nous font pas peur. Même lorsqu’elles sont confrontées à la violence et à la délinquance, on sent bien qu’elles s’en sortiront.

Il n’empêche, le film est peut-être plus réaliste puisque moins extrême, et met tout de même en lumière des problèmes prégnants dans le quotidien des jeunes des cités : l’absence de repères parentaux, l’enfermement dans un statut social, l’autorité abusive des aînés, le culte de la loi du plus fort, les trafics, le manque de perspective d’avenir… Mais ce qui reste en tête, à la fin du film, ce n’est pas la situation précaire de Marieme, c’est plutôt l’élan de solidarité qui unit ces filles face à l’adversité d’un monde dominé par le patriarcat. Et puis leur joie de vivre, leur soif de devenir des héroïnes, l’irrépressible espoir, tels qu’ils s’expriment dans la scène devenue culte où les jeunes filles chantent le tube de Rihanna, Diamonds. Si le film a des défauts, il ne mérite toutefois pas le procès d’intention que je lui ai parfois vu dressé.

« Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier » : passé retrouvé

couverture-livre-pour-que-tu-ne-te-perdes-pas-dans-le-quartierJean reçoit un jour un coup de fil étrange : un homme lui annonce qu’il a retrouvé son carnet d’adresses et se propose de le lui rapporter. Mais bientôt, il précise qu’il a feuilleté le carnet et souhaiterait en savoir plus sur un nom y figurant, un certain Torstel…

Honte à moi, j’ai mis longtemps à ouvrir ce fameux opus de Modiano, sorti au moment de son prix Nobel (2014, donc). On me l’avait pourtant offert à un moment où il me tentait vraiment, et puis je me suis laissée embarquer dans d’autres lectures et il est resté en souffrance.

Il faut dire qu’entre temps j’avais lu des critiques reprochant à l’auteur sa façon de mener le lecteur en bateau dans une enquête dont il ne ressortait pas grand chose, ce qui m’avait un peu refroidie.

Finalement, j’ai été rapidement happée par le mystère qui plane autour de Jean comme un charognard. Modiano est vraiment le champion pour instaurer cette atmosphère à la fois de flou et d’oppression, dans laquelle les coups de fil ressemblent à des menaces et les souvenirs à des trahisons. J’avais déjà éprouvé cette sensation avec Un cirque passe, le seul des romans de l’auteur que j’avais lu précédemment, et j’ai apprécié de me sentir à nouveau plongée dans une énigme.

Celle-ci s’incarne d’abord sous la forme de Gilles Ottolini, l’homme qui a trouvé le carnet d’adresses et qui semble vaguement menaçant, puis sous celle de sa comparse, Chantal-Joséphine. Peu à peu, d’autres figures jaillissent des souvenirs de Jean, et toutes semblent liées au même secret. Et si, finalement, la clé de l’énigme était l’enfant de cet agrandissement photographique trouvé dans les archives de la police ?

Je dois tout de même vous prévenir : pour apprécier pleinement la lecture des œuvres de Modiano, il faut préférer les questions aux réponses. Le plaisir de l’incertitude, le cheminement mental du narrateur, doivent importer davantage que la résolution du mystère. Car au fond, il ne se passe pas tant d’événements que de bouleversements intimes liés à des détails : une rencontre, un prénom, le nom d’une rue qui font émerger des souvenirs manifestement refoulés.

Et puis il y a cette ambiance désuète dans les rues de Paris, ce va-et-vient entre les époques dans lequel le lecteur se perd, qui donne à l’ensemble une couleur sépia séduisante. Un roman de Modiano a toujours l’air, quelque part, de se passer dans les années 50. Pourtant, non, il est bien question de téléphone portable et autres réalités contemporaines, mais de façon si discrète et si subordonnée à l’intrigue qu’on n’en retient que l’essence délicieusement surannée qui fait paraître ces objets anachroniques.

Et je repensais à cette chanson de Vincent Delerm, qui évoque la silhouette de Modiano, aperçue sous la pluie dans une rue de Paris. Il y a dans ce texte et cette mélodie nostalgiques quelque chose de parfaitement concordant avec ce roman qui cristallise le souvenir d’une enfance particulière. Atmosphère, atmosphère…

« Victoria » : nuit de folie

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affiche-film-victoriaVictoria, jeune madrilène fraîchement installée à Berlin, rencontre un groupe de jeunes hommes à la sortie d’une boîte de nuit. Ils lui proposent de lui faire visiter la ville telle qu’elle ne l’a jamais vue et l’entraîne dans un périple nocturne…

 Movie challenge 2017 : un film avec un prénom dans le titre

Je n’avais pas forcément ce film en tête pour cette catégorie, mais lorsqu’il est passé sur arte, une de mes sources officielles de rattrapage de films, je me suis souvenue qu’il m’avait intriguée lors de sa sortie au cinéma. Il faut dire que depuis Birdman, je me suis prise d’un intérêt particulier pour les plans-séquences. Je trouve cette façon de filmer particulièrement immersive et impressionnante de dextérité. Même si, dans les faits, beaucoup de ces fabuleux plans-séquences sont des faux, avec des coupes cachées (c’est le cas à certains moments dans Birdman, mais aussi de l’ouverture de La La Land, entre autres).

Or Victoria a la particularité d’être un vrai plan-séquence. Autrement dit, les 138 minutes de film sont tournées en une seule fois. Une prouesse que je devais absolument visionner. Et finalement, passées les premières minutes, j’ai peu à peu oublié la technique. Car le film sait nous plonger dans une atmosphère qui embarque le spectateur au point de ne plus prêter attention au mouvement de la caméra qui, fluide, suit les personnages dans leur errance. Sombre dans l’ensemble, l’ambiance est par instants électrique, et crée une tension chez le spectateur. En tout cas pour ma part, j’ai craint dès le début que les jeunes hommes ne causent du tort à Victoria, et l’absence de méfiance de la jeune fille m’a étonnée. Je m’attendais presque à une scène de viol. Mais peu à peu, j’en suis venue à penser que Sonne (Frederick Lau) et sa bande étaient plus immatures et saouls que méchants. Et pourtant une forme de tension perdure jusqu’au petit matin, lorsque l’intrigue se met réellement en place. Vers le milieu, le film souffre de quelques longueurs, une fois que l’inquiétude première s’est dissipée et qu’on se contente d’assister aux pérégrinations du petit groupe sur les toits de la capitale allemande. Mais le film bascule ensuite dans un thriller énergique et glauque qu’on avait vu venir mais qu’on pensait s’être éloigné.

Cette construction un peu étrange qui part de l’angoisse pour nous y replonger, après un centre mou (excepté la très jolie scène où Victoria joue du piano, sans doute la plus touchante du film), est compensée par la vitalité des acteurs. J’ai été ravie de retrouver une partie du casting de La Vague (Frederick Lau et Max Mauff, aussi vu dans Sense8), et c’est sans doute la présence de ces acteurs qui m’a fait songer que l’histoire risquait de mal tourner. Si son interprète a pris quelques années, on retrouve en Sonne quelque chose de Tim, le jeune maladroit prêt à commettre toutes les folies pour prouver sa valeur. Laia Costa, surtout, crève l’écran, dans ce personnage de jeune fille téméraire jusqu’à l’absurde, prête à tout sacrifier pour des gens qu’elle vient de rencontrer, désireuse de fêter encore et encore l’adrénaline nocturne, comme pour rattraper ces années d’entraînements musicaux si sérieuses.

Qu’importe si l’ensemble a quelques faiblesses, et si j’ai vu venir la fin, il y a dans ce film un sentiment d’urgence et des fulgurances intéressantes, qui font oublier que Sebastian Schipper réalise là un tour de force technique.