« Battle of the sexes », un match de légende

affiche-film-battle-of-the-sexesBobby Riggs est un ancien champion de tennis accro aux paris. Billie Jean King est la numéro un mondiale et se bat pour plus d’égalité entre tennis masculin et féminin. Bobby a une idée : un match télévisé homme contre femme l’opposant à Billie Jean…

Bien sûr, rien qu’avec un tel titre, ma sensibilité féministe était tentée par ce film. Bien sûr, d’autant plus en pleine période de la libération de la parole féminine.

Mais ces motivations idéologiques n’étaient pas les seuls arguments en faveur de Battle of the sexes. D’abord, le plaisir de retrouver le duo Emma Stone-Steve Carell après Crazy, Stupid, Love. Et puis la joie de découvrir un nouveau film de Valerie Faris et Jonathan Dayton, le tandem de réalisateurs du culte Little Miss Sunshine.

Ma réserve portait sur le côté biopic, un genre qui ne me cause généralement que des bâillements d’ennui. Fort heureusement, le scénariste Simon Beaufoy a su se focaliser sur des événements importants de la vie des protagonistes et les rendre vivants. Les dialogues, comme la mise en scène, sont dynamiques. Et moi qui n’y connais rien en tennis, et qui ai tendance à m’endormir devant un match, j’ai trouvé vraiment prenante la façon de filmer les joueurs sur le terrain. Non seulement on comprend bien la stratégie de chacun, ses points forts ou faibles (la puissance de frappe de Margaret Court, la capacité à monter au filet et faire courir son adversaire de Billie Jean…), mais on est captivé ! Surtout, et c’est là toute la magie du film, alors même que je savais comment le match s’était terminé dans la réalité, je ne pouvais m’empêcher de stresser pour Billie Jean et de retenir mon souffle quant à l’issue de la compétition.

C’est que les personnages sont dépeints d’une manière à la fois très vive mais aussi nuancée. Le film est très bien équilibré entre ce qui relève de leur vie professionnelle de sportifs de haut niveau et leur vie privée. De ce fait, Billie Jean nous est évidemment sympathique, mais même ce macho de Bobby parvient à l’être lorsqu’on comprend qu’il est surtout désespérément passionné par la gloire et prêt à tout pour paraître plus grand qu’il n’est aux yeux de sa famille. Le personnage le plus révoltant est en fait le commentateur Jack Kramer (Bill Pullman), qui lui semble vraiment croire à une infériorité féminine absolue.

Parlons du propos féministe, donc. Battle of the sexes est un vrai beau film féministe. Ses valeurs sont claires, fortement affirmées, mais pourtant il évite subtilement les excès et caricatures. On voit bien que la victoire de Billie Jean n’est pas liée à une supériorité physique intrinsèque et d’ailleurs il est capital d’avoir montré qu’elle n’avait jamais cherché à démontrer cela. Sa force, c’est d’avoir mis toutes les chances de son côté en s’entraînant consciencieusement, pendant que Bobby avalait des vitamines en se reposant sur ses acquis. La « bataille des sexes », c’est surtout le moment d’une prise de conscience collective du sport féminin : les femmes sont des joueuses de haut niveau, qui méritent d’être respectées car elles s’entraînent aussi dur que les hommes, sont capables d’offrir un pareil spectacle au public, et privilégient le sérieux du jeu à des démonstrations d’esbrouffe.

Enfin, j’ai beaucoup aimé les passages faisant allusion aux droits de la communauté LGBT. La découverte de sa sexualité qu’expérimente Billie Jean est traitée avec fraîcheur et pudeur, et ce point de vue m’a particulièrement touchée. Avec le rôle de la sincère et charismatique Marilyn, Andrea Riseborough illumine l’écran et forme avec Emma Stone, qui offre encore une fois une prestation de très haut niveau, un couple crédible et attachant.

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« Kallio », un premier roman décevant

couverture-livre-kallioAdrien, jeune homme peu sûr de lui et renfermé, part pour un an d’études à Helsinki. Il y rencontre rapidement Tuomas, un étudiant finlandais solaire qui semble s’être mis en tête de devenir son ami…

Ce n’est jamais facile pour moi d’écrire une chronique à dominante négative, car je sais bien qu’un livre est toujours le fruit d’un travail et d’un investissement personnel. Je ne cache pas que ce roman m’a été envoyé par les éditions de la Rémanence, une maison que je ne connaissais pas avant qu’un partenariat avec eux ne me soit proposé. Comme j’aime beaucoup les petites maisons d’édition, je me suis laissée convaincre assez facilement de découvrir ce livre, dont le sujet m’intéressait au premier abord.

En effet je suis assez friande des œuvres sur le passage à l’âge adulte, même si c’est un thème très subtil et pas toujours traité avec la finesse nécessaire. Et je peux au moins reconnaître à Damien Alcantara la volonté de ne pas faire passer les jeunes gens du récit pour des imbéciles. Adrien, Tuomas et leurs pairs sont dépeints comme des gens raisonnables, sensibles et sympathiques.

Alors pourquoi ce livre m’a-t-il déçue ? À vrai dire, j’ai eu l’impression de lire une fan fiction comme j’en ai parcouru quelques-unes ado. À l’époque, je trouvais ces lectures faciles et juste divertissantes. Or j’attendais beaucoup plus d’un roman sur l’acceptation de l’homosexualité. C’est un vrai beau sujet, qui peut toucher beaucoup de lecteurs et qui mérite de donner naissance à des œuvres riches et profondes à mettre entre toutes les mains pour favoriser l’ouverture d’esprit.

Malheureusement Kallio n’atteint pas à mes yeux ces ambitions. L’histoire est simpliste et attendue, aucun rebondissement ne m’a étonnée. On retrouve toutes les étapes les plus stéréotypées qui viennent en tête dès qu’on parle d’homosexualité : les doutes sur ses préférences puis la révélation avec le coup de foudre, la découverte des rapports sexuels, la peur du regard des autres, le coming out, le rejet de certains proches, l’agression par un homophobe, etc. J’aurais bien aimé être un peu plus surprise au fil de la lecture. De plus, certains passages m’ont paru vraiment téléphonés : en quelques lignes, des scènes qui auraient pu être intéressantes sont évacuées. À l’inverse d’autres scènes semblent répétitives ou tombent à des moments inopportuns. Tout est « trop » dans ce texte : trop rapide, trop facile, trop évident, trop plein de bons sentiments, trop lisse à l’instar des deux personnages principaux qui manquent de corps et de personnalité.

Le style en lui-même est plutôt fluide et pourrait donner lieu à de belles choses avec un peu de retravail. Pour moi ce livre est vraiment un premier texte qui manque de maturité, de réflexion, d’approfondissement. J’aurais aimé que l’auteur et l’éditeur prennent le temps de le creuser et de le peaufiner car les bases étaient vraiment prometteuses : un thème captivant, un décor dépaysant, des personnages sympathiques… Allez, on oublie, et on espère que le prochain roman de cet auteur sera plus abouti !

« Braveheart » : hymne à la liberté

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affiche-film-braveheartAlors que le roi d’Angleterre occupe tout le sud de l’Écosse, des seigneurs écossais se rebellent. Le jeune William Wallace perd son père et son frère, tués par les Anglais. Élevé par son oncle, il revient adulte dans son village pour mener la rébellion…

Movie challenge 2017 : un film recommandé par quelqu’un

J’ai profité de cette catégorie du Movie challenge pour découvrir ce classique du cinéma, dont la longueur m’avait rebutée à chaque fois qu’il était diffusé à la télévision (trois heures tout de même). Mais comme il s’agit d’un des films préférés de mon amoureux, nous avons profité d’un week-end pluvieux pour le visionner ensemble.

J’avais un peu l’appréhension du côté « film de guerre » mais j’ai été surprise de trouver le film aussi émouvant dès ses premières minutes : la détresse du jeune William qui perd sa famille est totalement bouleversante et a failli me faire pleurer dès le premier quart d’heure du film. Une entrée en matière violente qui permet de comprendre le sentiment de revanche qu’éprouvera ensuite William Wallace face aux Anglais.

Je ne suis pas très fan du personnage Mel Gibson, mais je dois admettre qu’il donne vie à William avec beaucoup d’intensité. Le personnage est forcément attachant, non seulement à cause des drames personnels qu’il a subis et dû surmonter mais aussi grâce à son caractère. Intransigeant dans ses valeurs, courageux et même téméraire, William Wallace est présenté également comme un homme chaleureux avec ses amis et drôle jusque sur le champ de bataille. On imagine bien que l’histoire a été largement romancée, et d’autant plus dès qu’on entre dans le volet vie privée. D’ailleurs c’est un des principaux reproches qu’on pourrait objectivement faire au film, qui invente des pratiques qui ne sont pas avérées (« prima nocte », le droit de cuissage des Anglais sur les jeunes mariées écossaises), mélange les époques tant dans les costumes (le kilt est un élément de folklore plus tardif) et fait se rencontrer des personnages qui n’ont en fait pas pu se croiser. On sent bien que toute l’histoire entre Isabelle de France (Sophie Marceau) et William Wallace tient du produit d’appel, et d’ailleurs c’est assez amusant de voir la jeune reine en groupie énamourée.

Cela dit, je n’ai pas vu passer les 3 heures du film et j’ai été la première surprise d’être aussi accrochée, alors même que je savais à peu près la fin. J’ai aimé retrouver une ambiance de camaraderie chevaleresque entre William et ses hommes qui m’a fait penser au film de mon adolescence, Chevalier. Et forcément, ce combat pour la liberté et l’indépendance faisait écho à des valeurs que j’apprécie.

Surtout, j’ai trouvé que malgré un petit côté vintage, le film n’avait pas mal vieilli. Les scènes de bataille sont très honnêtes et plus impressionnantes que celles de certains films récents abusant des effets. C’est sans doute à cela qu’on reconnaît un grand film, à sa capacité à traverser les époques et à nous parler au-delà du temps qui passe et de ses défauts.

L’été « Summer »

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summerÀ dix-neuf ans, au cours d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer disparaît. Vingt-quatre ans plus tard, son frère Benjamin se met à rêver d’elle et cherche à comprendre ce qui s’est passé.

C’est avec le roman de Monica Sabolo que je clos le cycle de mes lectures de la rentrée littéraire, qui avait débuté cet été avec Parmi les miens et Pourquoi les oiseaux meurent. Et je dois dire que je trouve une certaine cohérence à mon cycle de lectures automnales de l’année.

En effet, les thématiques du roman de Monica Sabolo sont assez liées à celles de mes deux premières lectures de la rentrée : comme chez Victor Pouchet, le protagoniste est un homme mal dans sa peau qui ne parvient pas à mener une vie d’adulte épanoui, et comme chez Charlotte Pons, ce sont les secrets de famille qui hantent les personnages du récit.

On retrouve également dans Summer les obsessions de l’auteur pour l’adolescence, et en particulier la fascination des jeunes garçons pour les jeunes filles en fleur, la découverte de la sensualité, avec un aspect dangereux et tragique, comme dans Jungle et Crans-Montana.

Comme toujours, Monica Sabolo excelle à dépeindre cette période charnière de la vie dans laquelle elle semble s’être spécialisée, et on sent un côté poétique dans les descriptions des rêves de Benjamin qui ne transparaissait pas autant dans ses romans précédents.

On s’attache à cet homme paumé qui n’a jamais surmonté la disparition de sa sœur aînée adorée et qui, des années plus tard, semble se réveiller d’une longue hibernation pour réclamer des comptes et des réponses. Le récit est bien mené, cherchant à jouer avec les codes du roman noir pour entretenir une forme de suspens.

Cela dit, j’ai trouvé la résolution assez prévisible et les secrets de famille dévoilés plutôt communs. Ce que Benjamin refusait de voir était pourtant assez évident pour le lecteur, pour peu qu’il ait déjà croisé des personnages ressemblant à ceux-ci dans des romans, séries ou même sagas de l’été, car le décor du lac écrasé de soleil et côtoyé par des familles riches fait clairement penser à ce type de fiction.

J’avais trouvé Jungle et Crans-Montana un peu plus audacieux du point de vue de l’intrigue, mais je n’ai pas boudé mon plaisir avec Summer pour autant, même si j’en attendais sans doute une résolution plus originale. Sur le sujet de la disparition d’un proche, et de la difficulté à vivre avec l’absence, je recommanderai aussi le sublime roman d’Arnaud Dudek, Les Vérités provisoires.

« Jalouse » : « ça me rend dingue, ça me fout en l’air »

affiche-film-jalouseNathalie Pécheux digère mal que son ex-mari se soit remis avec une femme « plus jeune et plus conne », que sa fille si jolie et si brillante danseuse file le parfait amour, et qu’une jeune collègue vienne lui faire de l’ombre… 

Je n’étais pas sûre d’aller voir au cinéma le nouveau film des frères Foenkinos. La Délicatesse est un de mes romans préférés mais le film, s’il est plutôt de bonne facture, ne m’avait pas fait autant d’effet. Et puis j’ai vu la bande-annonce il y a quelques semaines et j’ai senti que ça allait être un festival.

Je ne me suis pas vraiment trompée : dès la toute première scène, Karine Viard lance le show avec des répliques mordantes. Sa fille, son ex, la nouvelle femme de son ex, tout l’entourage de Nathalie en prend pour son grade. Et ce n’est que le début !

On se régale face aux dialogues très bien écrits et surtout magnifiquement interprétés par une actrice en grande forme (contrairement à son personnage !). On rit, mais on est choqué aussi car Nathalie est vraiment excessive et capable de méchanceté. Difficile d’ailleurs de comprendre la fidélité et le soutien de son amie Sophie (Anne Dorval, le personnage le plus sympathique du film) tant elle lui en fait voir de toutes les couleurs. On remarquera aussi la jeune Dara Tombroff, la danseuse qui incarne la fille de Nathalie, une jeune femme finalement bien plus mature que sa mère dans son comportement. Toute la galerie des seconds rôles est vraiment réussie, avec des personnages nuancés. J’ai été particulièrement heureuse de retrouver Anaïs Demoustier, que je ne présente plus, et j’ai découvert avec plaisir Marie-Julie Baup (la nouvelle femme de l’ex de Nathalie, un personnage candide mais pas si cruche).

Ce qui m’a vraiment plu dans ce film, c’est que, même si Nathalie commet des choses horribles, on ne peut s’empêcher, chacun d’entre nous, de se demander si à sa place on n’agirait pas comme elle sur certains points. Sa méchanceté n’est que la face apparente de sa tristesse et de sa frustration, ce qui finit par la rendre sympathique. J’ai été particulièrement touchée par le moment où elle dit à son généraliste « Je ne contrôle plus rien. J’agis par impulsions… et après je regrette. » ce qui prouve qu’elle n’est pas si cruelle.

À un moment je me suis demandé comment tout cela allait finir, car la comédie grinçante oscille avec le drame. J’ai pensé à d’autres portraits de femmes en crise, en particulier à Victoria, sur un thème pas si éloigné, même si le film des frères Foenkinos présente un personnage plus excessif. Je crois que j’aurais aimé que les scénaristes aillent plus loin sur la fin du film, qu’ils ne se laissent pas rattraper par la facilité et par leur tendance naturelle aux bons sentiments. Quelque part, la résolution m’a fait de la peine, car elle contribue à perpétuer des clichés sur les femmes, et ce dont celles-ci auraient besoin pour être heureuses et épanouies

Reste que j’ai passé un chouette moment de cinéma devant ce film efficace, porté par une bande-son dynamique.

Tag : Les séries

Le principe du tag est simple, répondre aux questions et nommer vos copinautes fans de séries !

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J’ai repéré ce tag chez Ça pétille, et, une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de lui emprunter (avec son accord) sans avoir été nommée. Apparemment ce tag vient de chaînes Youtube espagnoles. Il a été adapté par Mango&Salt, que je remercie pour ce travail. Et comme je vous parle assez peu de séries (à part celles qui sont terminées) et que pourtant je n’y suis pas insensible, j’ai pensé que c’était une bonne manière de vous parler de mes séries préférées !

  1. Ta série favorite de tous les temps
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Ok, ça commence bien… j’en ai deux. Je n’arrive pas à choisir car elles sont très très différentes, mais elles se disputent la première place dans mon cœur : Borgen et Sense8. Borgen a pour elle une plongée réaliste dans les coulisses du monde politique et médiatique qui m’a fait beaucoup réfléchir, une extraordinaire interprète (Sidse Babett Knudsen), un sens de la mesure (la série s’est conclue au bout de 30 épisodes, sans chercher à en faire plus) et son ambiance copenhaguoise que j’adore ! Quant à Sense8, c’est un peu l’inverse : surréaliste, excessive en bien des points mais parfaitement équilibrée entre action et émotion, cette série m’a enthousiasmée grâce à ses personnages tous plus adorables les uns que les autres et la force des valeurs qu’elle défend.

  1. La série que tu as un peu honte de regarder

Les séries françaises ont mauvaise presse, donc ce n’est pas toujours aisé de les défendre… surtout lorsqu’on repère soi-même leurs défauts. J’ai été complètement biberonnée aux séries made in France (l’une des premières séries que j’ai regardée épisodiquement était Docteur Sylvestre, tout de même !) et encore aujourd’hui, j’avoue suivre Candice Renoir avec ma maman !

 

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  1. Ton personnage de série préféré

C’est compliqué de n’en choisir qu’un. Dans toutes les séries que j’aime j’ai des personnages qui me tiennent à cœur, c’est même LA raison qui me fait suivre une série. On m’a récemment attribué dans un mariage à thème le personnage de Riley Blue dans Sense8, et c’est clairement un choix qui me ravit, car je l’aime énormément. Mais j’aime aussi beaucoup Kala ! Par ailleurs j’ai une relation compliquée avec The Walking Dead mais le couple Glenn-Maggie reste pour moi LE couple de série.

  1. Une série que tu as adorée alors que tu ne t’y attendais pas

C’était mal parti, car je ne l’ai pas suivie lors de sa diffusion, et même lorsque j’ai commencé à la regarder, je n’étais pas du tout convaincue que j’allais adhérer mais… Breaking Bad ! J’ai dévoré cette série en quelques semaines avec mon amoureux et j’en garde un super souvenir ! De l’action, de l’humour, de l’émotion, cocktail explosif ! Bémol : les personnages féminins sont largement moins intéressants que les personnages masculins. Too bad !

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  1. Une série de ton enfance

Je crois que la première série que j’ai suivie s’appelait Jett Jackson, j’avais environ 10 ans quand elle passait. Ensuite parmi mes toutes premières séries, 7 à la maison et Léa Parker, quand je suis entrée au collège.

  1. Ton crush dans le monde des séries

Je n’en ai pas actuellement. Je m’attache beaucoup aux personnages mais je n’ai pas tant que ça de souvenirs de crushs dans des séries. Celui qui me vient, comme ça, c’était Andrew Van de Kamp dans Desperate Houseviwes, quand j’étais au lycée. J’étais si triste d’apprendre qu’il était gay, et puis… ensuite j’ai trouvé l’évolution du personnage extra et ça m’a totalement consolée ! Ça reste un de mes personnages de série préférés.

  1. Une série que tu as abandonnée après plusieurs saisons

Il y en a plein sur lesquelles je suis très en retard, mais quelques-unes que j’ai choisi d’abandonner. Entre autres How I Met Your Mother, à partir du moment où Ted et Robin se séparent, j’étais dégoûtée ! Et plus récemment, The Walking Dead, arrêtée juste avant l’arrivée de Negan. Je n’avais pas envie de repartir dans un cycle « Rick contre le grand méchant » comme avec le Gouverneur, ce n’est tout simplement pas l’évolution que j’attendais pour cette série, dans laquelle j’aimais l’aspect « reconstruction d’une société après la fin du monde » et pas « guerre de clans ».

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  1. Ta plus grande folie pour l’amour d’une série

Je n’ai jamais fait grand chose de fou pour une série, je me contente de les regarder, et d’essayer de convertir mon entourage. Si, tout de même, pour Sense8, j’ai participé à la mobilisation sur les réseaux sociaux pour obtenir l’épisode final, j’ai bien saoulé mon monde !

 

  1. Ton méchant préféré

J’en connais une qui trépigne en lisant cette question, façon bonne élève le doigt levé au premier rang « moi je saaaais ! » (oui Tina, c’est de toi que je parle). Je persiste et je signe, Tyrell Wellick est le personnage le plus riche et intéressant de Mr.Robot, na ! Et il n’est pas siiii méchant (juste psychopathe), au fond c’est un être fragile (vous verrez un jour que j’ai raison).

  1. La série que tout le monde aime, sauf toi

Il doit y en avoir un paquet ! La plus évidente : Game of Thrones. Je n’ai aucune envie de me lancer dans un show à l’univers moyenâgeux avec des tas de morts, de viols et de violences en tout genre. Ça ne m’intéresse pas du tout.

  1. Une série que tu as déjà revue au moins une fois en entier

Vue en entier, oui, revue, non, pas le temps ! Des mini-séries, oui, des sagas de l’été, des séries qui n’ont duré qu’une saison, mais c’est tout.

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  1. Les séries que tu suis en ce moment

Il y a deux catégories chez moi : les séries dans lesquelles je suis à peu près à jour, qui sont trèèès peu nombreuses (Mr.Robot, Dix pour cent, Candice Renoir), et celles que je veux continuer à suivre mais où j’ai au moins une saison de retard (Sense8 – j’attends l’épisode final pour voir la saison 2, c’est un choix –, Preacher, Fear the Walking Dead, Shameless US). Et je ne parle même pas de la longue liste des séries que je rêve de commencer !

Voilà, et vous, lesquelles aimez-vous et suivez-vous ? Pour faire tourner un peu ce chouette tag, je nomme Sériesdefilms, Ibidouu, Petit Pingouin Vert et son Renard Bavard, Popcorn&Gibberish, June&Cie et Tinalakiller (oui tu peux le faire sur Twitter Tina).

« La ville est tranquille » : Marseille sortie de l’amer…

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affiche-film-la-ville-est-tranquilleMichèle tente de sauver sa fille qui se prostitue pour de la drogue et sa petite-fille encore bébé, pendant que son mari fréquente les milieux d’extrême-droite. Paul accepte son licenciement comme docker pour devenir chauffeur de taxi…

 Movie challenge 2017 : un film sorti l’année de mes dix ans

 Je n’avais pas entendu parler de ce film à sa sortie, et pour cause, La ville est tranquille n’est clairement pas le genre de long-métrage qu’on regarde en famille avec des enfants. J’ai d’ailleurs eu du mal à choisir un film pour cette catégorie du Movie challenge, me rendant compte que j’ai déjà vu ceux des films de cette période qui me tentaient vraiment, et que les autres me paraissaient avoir déjà beaucoup vieilli (oui, je fais du jeunisme culturel acharné, j’ai du mal avec toutes les œuvres qui datent un peu).

Je me suis décidée pour le film de Robert Guédiguian car j’avais beaucoup aimé Les Neiges du Kilimandjaro. J’aime chez ce réalisateur la volonté inlassable de proposer des films sociaux, et même au-delà, car c’est un genre relativement en vogue, des films engagés. Une fois encore, avec La ville est tranquille, on sent que le Marseillais maîtrise son sujet, la classe populaire du Sud-Est. On retrouve également dans ce film Ariane Ascaride (Michèle) et Jean-Pierre Darroussin (Paul), les acteurs fétiches du réalisateur.

Ce sont justement leurs personnages qui m’avaient fait apprécier Les Neiges du Kilimandjaro, par leur engagement et leur bonté. Je m’attendais donc à un film aussi lumineux, or il n’en est rien. On pourrait même dire que La ville est tranquille, au titre sérieusement ironique, est en quelque sorte le pendant sombre des Neiges.

Je ne dévoilerai pas la fin des intrigues croisées qui composent le récit (sans qu’on s’y perde pour autant) mais je mets en garde les âmes sensibles contre la violence des situations évoquées. Sans relâche, les personnages tentent d’améliorer leur existence et surtout celle de leurs proches : Michèle en aidant sa fille toxico comme elle peut, Abderramane en conseillant son frère pour qu’il progresse dans la musique et n’aille pas en prison, Paul en se mettant à son compte pour rassurer ses parents vieillissants… Même les personnages qui incarnent le « mal », comme les militants d’extrême-droite ou Gérard, le trafiquant qui fournit de la drogue à Michèle, semblent en réalité animés par des intentions, sinon bonnes, du moins mêlées. Le discours d’Ameline, aussi cinglé soit-il, prouve une volonté de rapprochement de la nature qui n’est pas mauvaise en soi.

Riche, pertinent et finalement très actuel dans les thématiques qu’il déploie (la précarité, l’avenir bouché qui précipite les jeunes dans la délinquance ou la toxicomanie, le racisme…), le film reste dur et triste, en dépit de quelques notes d’espoir, incarnées par Sarkis, l’enfant prodige qui rêve d’un piano à queue…

À voir mais pas un soir de déprime !

« Poulet aux prunes », un plat doux-amer

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affiche-film-poulet-aux-prunesNasser Ali, célèbre violoniste, est désespéré car son instrument est cassé. Il décide alors de se laisser dépérir, et, en attendant la mort, se souvient des moments marquants de sa vie…

Movie challenge 2017 : un film que je veux voir depuis des années sans en avoir l’occasion 

J’avais repéré ce film lors de sa sortie, en 2011, et j’avais failli aller le voir au cinéma mais finalement cela n’avait pas pu se faire. Et à vrai dire cela faisait tellement longtemps que j’avais oublié pourquoi j’avais eu l’intention de le découvrir. Je ne fais pas partie des fans absolus de Marjane Satrapi ; d’elle, je n’ai vu que The Voices, et j’ai admiré la performance même si le film était un peu trop violent pour moi.

Je crois que c’est avant tout l’image « univers bizarre » que j’associe à cette réalisatrice qui m’a donné envie de me plonger dans Poulet aux prunes, des années après. D’emblée, j’ai compris que de ce point de vue, je n’allais pas être déçue. Les images, le rythme, les couleurs composent un univers extrêmement réfléchi et particulier, cohérent, un peu comme chez un Wes Anderson dont la patte est si reconnaissable. Mais j’ai préféré l’univers de Satrapi, à mes yeux plus onirique et poétique.

Il y aurait beaucoup à dire si je voulais analyser tous les effets et procédés cinématographiques employés pour charmer le spectateur transporté en Orient. Mais j’ai surtout retenu des trouvailles telles que le passage au film d’animation pour une brève séquence, le générique en ombres chinoises façon Princes et princesses et la représentation de l’ange de la mort. L’ensemble constitue une fresque non-chronologique qui retrace la vie de Nasser Ali et de sa famille en s’appuyant sur les moments marquants de leurs existences.

Le casting est particulièrement soigné : on retrouve dans le rôle principal Mathieu Amalric, dont j’écrivais il y a quelques mois qu’il se plaisait dans les rôles d’« épaves », et je ne croyais pas si bien dire, puisqu’il incarne ici un homme désabusé, désespéré, qui n’a qu’une idée en tête : se laisser mourir. Nasser Ali n’est pas particulièrement sympathique au premier abord, puisque nous le découvrons rude envers son entourage, peu attentif à ses enfants, hargneux envers sa femme, obsédé par son violon cassé. Sa mollesse et son aigreur pourraient rester un repoussoir, mais lorsque l’on découvre ses années de jeunesse, on replace sa situation en contexte et peu à peu, le spectateur en vient à éprouver une forme d’empathie pour cet homme qui n’a pas vraiment eu le choix de mener la vie dont il aurait rêvé avec la femme qu’il avait choisie.

Si le titre du film peut paraître anecdotique, il incarne en fait le couple Nasser-Faringuisse (Maria de Medeiros), qui représente l’Iran de l’époque, avec ses contraintes sociales et ses normes. C’est mine de rien un film presque politique que livre Marjane Satrapi, en tout cas un témoignage des mœurs iraniennes des années 1950.

Un film étrange et beau, plein de mystère et d’émotions, mais aussi de rire.

#MRL17 : « Comment vivre en héros ? », son faux pas lui colle à la peau

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couverture-livre-comment-vivre-en-herosTristan Rivière, conditionné par son prénom chevaleresque et son père communiste, voudrait être un héros. Mais lorsque son entraîneur de boxe se fait tabasser dans un métro, il s’enfuit…

La sélection élaborée par PriceMinister et ses marraines pour les Matchs de la Rentrée Littéraire 2017 était fort alléchante, et malgré ma pile de romans de la rentrée, j’ai été tentée. J’ai hésité entre plusieurs livres mais le titre de celui-ci m’a spécifiquement intriguée.

Alors, le pavé de Fabrice Humbert est-il à la hauteur de son titre ? Comme les 38 secondes décisives dans la vie de Tristan Rivière, cette question engendre trois chroniques possibles

Chronique n°1 : Comment vivre en héros ? interroge le titre de Fabrice Humbert et c’est en effet la question qui sous-tend tout le roman. L’auteur se confronte au sujet qu’il s’est imposé, l’héroïsme, en jetant ses personnages dans le monde d’aujourd’hui, façon Kundera. On ne pourra pas lui reprocher d’avoir éludé son sujet, véritable fil rouge du récit. Tristan Rivière est, plus qu’un personnage de fiction, un ego expérimental réaliste. Influencé par son époque, son milieu social et celui des gens qu’il rencontre (en particulier Marie, sa future épouse), Tristan est le produit de son prénom et des attentes que tous projettent sur lui. Dans une société désenchantée qui a jeté l’héroïsme des chevaliers aux oubliettes, et dans laquelle la nouvelle figure du héros s’apparente à Spiderman, l’étudiant mal-aimé de ses pairs auxquels ses pouvoirs offrent une possibilité de rachat, Tristan, comme après lui son fils Alexandre, se débat avec ses valeurs morales qui lui tiennent lieu d’étendard dans une quête finalement plus banale et évidente : celle de la reconnaissance.

Chronique n°2 : La vraie question n’est-elle pas : Pourquoi vivre en héros ? Finalement, ce qui meut Tristan, c’est son rapport à un père exigeant et arc-bouté sur un idéal communiste, puis, celui-ci décédé, son besoin de reconnaissance sociale. La fierté qu’il n’a pas trouvée dans le regard de son géniteur, il la déniche dans les yeux de Marie lorsqu’il la sauve, et la cherchera ensuite chez son beau-père en acceptant de se lancer en politique. Le livre s’interroge ainsi sur la façon dont, aujourd’hui, chacun cherche à se conforter en tant qu’individu dans le regard d’autrui. Ce sont souvent des choix professionnels qui sont mis en avant dans le récit, et le roman devient la chronique d’une famille explorant toutes les pistes dans une quête de grandeur : le sentiment d’utilité des fonctionnaires, vite désabusés, l’entrée en politique au service de ses concitoyens, qui cède tôt ou tard la place à la passion du pouvoir, la tentation de l’armée comme cadre strict et nouvelle famille, ou de l’argent comme valeur supplantant les valeurs morales souvent peu considérées par la société. D’une génération à l’autre, et en incluant les personnages secondaires, l’auteur en profite pour porter un regard critique sur les différentes branches professionnelles, dont aucune ne semble épargnée. Quel que soit le choix de carrière initial, aucune ne semble propice à l’expression des valeurs de l’héroïsme. Mais alors, si tout est joué, qu’importe le choix ?

Chronique n°3 : Plus qu’un roman sur l’héroïsme, le livre de Fabrice Humbert détourne la question : Pouvons-nous choisir de vivre en héros ? Car ce qui frappe dans le récit, c’est la mise en parallèle des vies possibles de Tristan, puis, peu à peu, de chacun des personnages du récit. Au fur et à mesure qu’il se déploie, celui-ci renonce à l’idée des 38 secondes fondatrices au profit d’une vision du choix comme contingence. La vie des personnages avec ses réussites et ses échecs, apparaît comme une suite de possibles réalisés, mais parfois malgré eux. En dépit de toute la bonne volonté du monde, quelque chose nous échappe, qui finit par être identifié par le Tristan vieillissant et déprimé comme un sortilège vaudou. Mais point n’est besoin d’avoir recours à la magie pour comprendre la fragilité des choix de vie humains et la puissance du hasard, qu’il place sur la route d’Alexandre un soldat mesquin et violent ou remette sur celle de Tristan son amour de jeunesse à l’heure de la crise de la cinquantaine. Et pourtant, peut-on s’interroger : s’il en avait été autrement, le résultat n’aurait-il pas été le même ? Le lecteur n’avait-il pas pressenti qu’en dépit des valeurs qu’il professe, ou peut-être justement à cause d’elles, Tristan finirait par tromper sa femme comme la majorité des hommes de son âge avec un peu de pouvoir, pas mal d’usure et pas assez de recul ? Le fragile Alexandre aux prises avec son bégaiement et l’imposante figure paternelle ne semblait-il pas un candidat parfait pour des événements dramatiques ? C’est dans l’absence de surprise de son dénouement que le récit confirme cette prise de position : quoi que l’on fasse, tout nous échappe, et nous ramène à ce qui semblait évident. Si Tristan Rivière a pu commettre des actes héroïques, c’est donc, plus qu’un choix personnel, une réponse à un conditionnement. Pas de quoi le mettre sur un piédestal donc, ce qu’il aura lui-même fini par comprendre.

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« Corps et âme » : beau comme un rêve

corps-et-ameEndre dirige un abattoir. Il remarque une nouvelle à la cantine : Mária, contrôleuse qualité. Un incident dans l’entreprise conduit les employés à passer des entretiens avec une psychologue…

Je confesse que parmi toutes les sorties alléchantes de cet automne, j’ai failli passer à côté du film d’Ildikó Enyedi. C’est par hasard, en allant voir Kingsman 2 (comme quoi), que j’ai été happée par la bande-annonce de ce film hongrois, récompensé de l’Ours d’Or au festival de Berlin.

Je remercie mon partenaire Le Pacte, qui a rendu possible ma rencontre avec ce film intrigant. J’ai de plus eu la chance de le découvrir avec mon amoureux dans une salle vide, expérience que je rêvais de vivre un jour, ce qui a ajouté au charme du film.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : Corps et âme est pour moi l’un des plus beaux films de l’année. D’un point de vue purement visuel, la réalisation est sans fioritures, mais les images de nature enneigée nous en mettent plein la vue. Je ne sais même pas comment la réalisatrice a pu obtenir des gros plans pareils sur le cerf et la biche, personnages centraux du film, mais ces images sont absolument sublimes, très poétiques et délicates, et en même temps intenses quand on sait ce qui se joue entre les humains incarnés par ces animaux dans le rêve.

La force du film, c’est de lier cet univers onirique naturel et pur à la vie des protagonistes dans un quotidien tout ce qu’il y a de plus trivial, d’autant plus qu’ils travaillent dans un abattoir. Attention âmes sensibles et amis des animaux, car on voit d’assez près le processus d’abattage. Mais cela contribue selon moi à la beauté et à la force du film, qui se construit dans l’opposition entre quelque chose de très brut, de très instinctif, et en même temps clinique, froid et blanc comme les carrelages des abattoirs.

Sur un scénario en apparence assez simple : une rencontre entre deux personnes qui se rendent compte qu’elles rêvent de la même chose, le film en dit beaucoup de la nature humaine, des rencontres, de la difficulté de s’aimer pour des êtres fragiles qui craignent d’être blessés. Les acteurs sont tous deux extraordinaires d’intégrité, d’intensité contenue et de pureté. Endre est incarné par Géza Morcsányi, un homme célèbre en Hongrie mais comme… éditeur. La pudeur, la volonté de ne pas se laisser dominer par ses préjugés et la magnanimité caractérisent ce personnage qui se révèle peu à peu, et qui nous émeut dans son attirance pour Mária. Cet amour est comme un sursaut de jeunesse pour l’homme qui se sent vieillir et pensait qu’il n’avait plus rien à attendre de la vie. Face à lui, Alexandra Borbély est exceptionnelle. J’ai rarement vu une actrice incarner aussi bien à la fois la rigidité et la fragilité. Mal à l’aise avec son corps et avec les autres, Mária réagit de façon brusque et parfois assez mordante (au point de devenir drôle) pour cacher son angoisse du contact. Sa façon appliquée de tenter de dépasser sa peur, avec l’aide de son psychiatre pour enfants, laisse penser qu’elle a pu subir des traumatismes ou qu’elle peut être atteinte d’un trouble du spectre autistique. C’est vraiment un des personnages féminins les plus attachants et complexes que j’ai vus récemment.

Du courage de ces deux âmes pures et torturées naît un film sobre et intense, droit dans son propos, l’une des œuvres les plus pures et dignes de cette année.