CONCOURS « Gaspard va au mariage » : 5×2 places à gagner !

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affiche-film-gaspard-va-au-mariageInstallé loin de sa famille, Gaspard est contraint de revenir pour le remariage de son père. Il rencontre par hasard Laura, qu’il convainc de l’accompagner pour jouer sa petite amie. Laura découvre que la famille de Gaspard tient un parc zoologique…

 Movie challenge 2018 : un film avec un prénom dans le titre

CONCOURS en fin de chronique ! 

Pendant que tous les cinéphiles trépignaient d’impatience de voir The Post et 3 Billboards, j’avais repéré depuis fin 2017 ce film français à l’affiche haute en couleurs et au titre original. Mi-Pauline à la plage mi-Martine au zoo (et en réalité inspiré du Margot at the wedding de Noah Baumbach), le nouveau film d’Antony Cordier promettait un univers animalier et décalé. Il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité.

Je dois remercier vivement Ciné Sud Promotion pour m’avoir invité à une projection presse, me permettant de découvrir le film avant sa sortie (et de vous organiser, avec la complicité de Pyramide Films, que je remercie également, ce petit concours !).

Comme annoncé dans le titre, on s’attend à suivre Gaspard, mais c’est en fait Laura que l’on commence par rencontrer. Une stratégie payante, car c’est avec son regard de néophyte que le spectateur fait connaissance avec la famille hors du commun de Gaspard et découvre en même temps le quotidien du zoo. C’était pour moi l’occasion d’observer l’épatante Lætitia Dosch (dont on a beaucoup parlé l’an dernier avec Jeune femme) et j’ai été conquise par son naturel. Laura est un des ressorts comiques du film, grâce aux dialogues spontanés qu’elle incarne à merveille.

Elle en éclipserait presque Gaspard, un Félix Moati un peu différent des rôles auxquels il nous avait habitués jusqu’ici. Dans À 3 on y va comme dans Libre et assoupi ou Cherchez la femme, il campait le mec lambda auquel il est facile de s’identifier. Moins attachant ici, le chouchou de la famille navigue en eaux troubles entre l’affection revancharde de son frère (Guillaume Gouix, que j’ai découvert sympathique alors qu’il était si inquiétant dans Les Revenants), les déconvenues d’un père déçu mais aimant (excellent Johan Heldenbergh, à mille lieues d’Alabama Monroe) et surtout l’amour pas si platonique de sa sœur (Christa Théret, envoûtante Peau d’Âne des temps modernes).

En retournant sur les lieux de son enfance, comme sur une scène de crime, Gaspard prend conscience que le temps a passé et que le zoo est devenu un gouffre financier vétuste. Mais les réminiscences des jours meilleurs lui servent aussi à tourner la page de son statut de préféré et à accepter d’aller de l’avant, comme tous les membres de la famille vont devoir le faire.

Drôle et loufoque, parfois tirant du côté du conte (notamment avec le découpage en chapitres), parfois du côté de la saga familiale (avec une problématique assez similaire à celle de Ce qui nous lie), le film atteint sa quintessence dans ses moments de poésie et de tendresse : les scènes dansées, les inventions de Gaspard…

Un traitement original du passage à l’âge adulte, avec un cadre exotique de premier choix et un casting sans fausse note.

CONCOURS

Pour achever de vous convaincre, voici la bande-annonce du film !

 

Pour participer au concours et tenter de remporter 2 places pour Gaspard va au mariage (et des petites surprises !), c’est simple : abonnez-vous à la page du blog sur Facebook ou sur Twitter (si ce n’est déjà fait !) et expliquez-moi en commentaire de cet article pourquoi vous souhaitez découvrir le film ! N’oubliez pas de me signaler votre éventuel pseudo sur les réseaux sociaux, pour être contacté par message privé si vous gagnez. Le jeu est ouvert jusqu’au 31 janvier 2018 à minuit. Les 5 gagnants seront tirés au sort parmi les participants et contactés par mes soins, et les résultats seront annoncés sur le blog.

Je décline toute responsabilité en cas de perte par la Poste des places envoyées.

Bonne chance à toutes et à tous !

Les gagnants du concours sont : Amélie Provost, Thomas B, Elisabeth Gresset, A Marty et Claudiapassionlivres (tirage au sort effectué avec dCode). Un grand bravo à vous et un grand merci à tous pour votre participation ! Les gagnants seront contactés très rapidement par message privé pour recueil de leurs coordonnées.

Gaspard va au mariage, en salles le 31 janvier 2018

Un film de  Antony Cordier

Avec Félix Moati, Lætitia Dosch, Christa Théret, Johan Heldenbergh, Guillaume Gouix, Marina Foïs

  • Durée 105 min
  • Langue Français
  • Réalisation Antony Cordier
  • Scénario Antony Cordier, Julie Peyr, Nathalie Najem
  • Montage Christel Dewynter
  • Musique Thylacine
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« Grand froid » : macchabée en cavale

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affiche-film-grand-froidTout va mal pour la maison Zweck : en cette fin d’année, personne ne décède, et l’entreprise de pompes funèbres est à deux doigts de déposer le bilan. Enfin, une famille se présente pour l’enterrement d’un défunt. Les deux employés, Georges et Eddy, s’en occupent…

 Movie challenge 2018 : un film dont je voudrais changer la fin

J’avais repéré ce film à sa sortie en salles en voyant sa bande-annonce, qui m’avait bien fait rire, et je l’avais mis dans ma liste de rattrapages. J’entame donc 2018 pleine de bonnes résolutions (pas tant que ça en fait, mais au moins avec l’idée de voir les films que j’ai notés de côté) et j’ai choisi ce premier film français pour débuter l’année sous de bons auspices cinématographiques.

Après des visionnages assez lourds fin 2017, j’avais envie de rire un peu, même si le choix du sujet ne semble guère s’y prêter. Pourtant, qu’on ne s’y méprenne pas, Grand froid se situe bien dans une veine comique. Il ne s’agit pas de se rouler par terre non plus, mais l’humour souvent noir, pince-sans-rire, déployé par le film fonctionne assez bien. On est dans une ambiance très particulière qui m’a évoqué plusieurs références. On parle souvent d’humour belge pour le côté décalé, sombre, et c’est vrai qu’un Benoît Poelvoorde par exemple n’aurait pas déparé dans ce casting. J’ai surtout pensé au style de Jean-Pierre Jeunet dans les décors des boutiques qui se font face dans cette ville dépeuplée : la boutique de pompes funèbres emplie de plaques commémoratives et couronnes de fleurs mortuaires, et le restaurant asiatique à l’unique client amateur de saké.

Par la suite, le côté morbide de l’intrigue m’a fait pensé au dernier film de Pascal Chaumeil, Un petit boulot, qui partage ce rapport particulier à la mort, traitée comme objet comique. Ici, à travers le récit d’Eddy, le jeune employé (Arthur Dupont, plus sobre et sympathique qu’à l’ordinaire), on découvre peu à peu le quotidien de la maison Zweck, entre Edmond, le patron soucieux qui reporte son angoisse sur ses employés (Olivier Gourmet), Georges, l’employé de longue date en proie à des angoisses morbides (Jean-Pierre Bacri, fidèle à lui-même), et l’habituée Mme Cisca (Françoise Oriane) qui vient chercher de la compagnie en venant papoter avec les conseillers funéraires qu’elle emploie comme médecin ou coiffeur à l’occasion.

Si je me suis plutôt amusée au début, mais sans plus, j’ai trouvé que le film commençait à décoller au moment où l’on suit l’itinéraire du corps de Simon Bartolo, emmené au cimetière mais qui va connaître en route quelques péripéties, de même que la famille du défunt. Cependant, alors que je voyais le film tourner au polar lorsqu’il devient évident que le mort n’a pas subi une crise cardiaque comme annoncé par ses proches, j’ai été surprise de la fin choisie par les scénaristes. Je ne sais pas comment se clôt le livre de Joël Egloff dont le film est adapté mais j’ai été déçue de cette fin, qui certes a déjoué mes attentes mais qui m’est apparue assez facile et triste. J’aurais de loin préféré que Gérard Pautonnier s’embarque dans une confrontation plus rocambolesque entre tous les personnages. Car la conclusion du film ne provoque guère de rires et la scène finale gentillette autour du personnage d’Eddy apparaît comme une rustine sur une jambe de bois.

Vraiment dommage que cette chute vienne amoindrir la réussite de ce premier film prometteur qui avait su installer une ambiance et faire rire autour d’un univers professionnel méconnu.

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#PMR18, « Derniers feux sur Sunset »

couverture-livre-derniers-feux-sur-sunsetManquant de fonds pour financer l’hôpital psychiatrique de son épouse Zelda, Scott Fitzgerald s’installe à Hollywood, comme scénariste pour la MGM. Mais l’écrivain sur le retour découvre un milieu instable…

De Scott et Zelda Fitzgerald, je ne connaissais pas grand chose. Une vague image de Gatsby, un milieu de fêtes et d’excès, un amour fou, quelques flashes du très beau Midnight in Paris.

Et puis, coïncidence aidant, j’ai reçu Derniers feux sur Sunset au moment où j’écoutais (en boucle) le nouvel album des Brigitte (il faudra que je vous en parle), sur lequel figure la chanson « Zelda ».

« Un éternel conflit, une inséparable idylle » disent les deux chanteuses et c’est un bon résumé de la relation entre Scott et sa femme, telle que le début du roman la dépeint. Sous la plume de Stewart O’Nan, on découvre une Zelda tour à tour enthousiaste et apathique, parfois prise de crises de violence. Si son comportement dans le roman s’approche davantage du trouble bipolaire que de la schizophrénie qu’on lui avait diagnostiquée, l’auteur s’attache surtout au point de vue de Scott qui la voit à la fois comme le grand amour de sa vie, une entrave irréductible et une victime de ses propres comportements excessifs.

Au début, j’ai eu du mal à suivre les péripéties de l’écrivain à Hollywood, tant parce que je ne savais pas trop si je le trouvais sympathique ou insupportable que par difficulté à me repérer entre tous les personnages qu’il croise à Hollywood, tous affublés de surnoms rendant leur identification d’autant plus complexe (Bogie, Mayo, Dottie…).

Mais je suis entrée peu à peu dans cette lecture, grâce aux figures féminines qui entourent Scott et sont en quelque sorte la meilleure part de lui-même : Sheilah, qui malgré ses reproches finit toujours par se dévouer pour s’occuper de lui lorsqu’il s’épuise la santé, sa fille Scottie qui fait preuve de finesse et de maturité, et vers la fin du récit, la jeune secrétaire Frances, toujours enthousiaste.

J’ai eu beau trouver Scott irresponsable, en particulier dans son rapport à l’argent et à l’alcool, j’ai fini par adhérer au personnage dépeint par Stewart O’Nan, au point de me sentir motivée à découvrir Great Gatsby, qui sera probablement ma lecture en anglais de l’année. Et jusqu’à verser une larme à l’évocation des derniers moments d’un homme enfin amendé et passionné par son œuvre en cours. Mais nul talent ne peut survivre à l’extinction des feux.

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« Split » : il faut qu’on parle de Kévin

affiche-film-splitAprès un goûter d’anniversaire, trois jeunes filles sont enlevées par Dennis, un homme souffrant de TOC liés à la propreté. Mais rapidement, elles découvrent que Dennis n’est qu’une des nombreuses personnalités de leur ravisseur… 

C’est avec ce film, que je n’avais pas spécialement prévu de voir, que j’ai conclu mon année cinéma 2017. C’était mon premier film de M. Night Shyamalan (oui, je n’ai pas vu Sixième Sens), et je l’ai vu plus ou moins par hasard.

Je dois dire que je craignais vraiment que ce film me traumatise, n’étant pas fan des histoires à suspense ou qui font peur. Cela dit, j’étais curieuse de découvrir la prestation de James McAvoy. En effet, bien que je l’aie vu dans plusieurs rôles depuis (je retiendrai en particulier Jane et Reviens-moi), cet acteur reste pour moi éternellement lié à son rôle de Mr. Tumnus dans la saga Narnia. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Split avait de quoi écorner mes souvenirs d’enfance !

Stressant, le film l’est, avec une mise en scène plutôt rythmée, des décors glauques à souhait, trois jeunes filles court vêtues retenues prisonnières et bien sûr Kévin, l’homme aux 23 personnalités. Honnêtement, le jeu de James McAvoy est épatant, et cette grosse performance mériterait sans nul doute des prix prestigieux. En un clin d’œil, l’acteur réussit à métamorphoser sa voix, ses expressions faciales, sa posture, pour incarner aussi bien le psychorigide Dennis que le gamin zozotant Hedwig. Son jeu est brillant et c’est clairement le point fort du film, avec en contrepoint la faussement fragile Casey (Anya Taylor-Joy) dont on découvre peu à peu dans des flashes l’enfance et le terrible quotidien.

Jusqu’aux trois quarts du film environ, j’étais vraiment convaincue. Je me suis laissée prendre par l’histoire, je voulais que les jeunes filles s’en sortent, en particulier Casey, j’étais tenue en haleine, je croyais à cette histoire de trouble dissociatif de l’identité, appuyée par les analyses de la psy de Kévin (Betty Buckley).

Malheureusement, je ne sais pas de quel délire a été pris le réalisateur sur la fin. Autant les personnalités de Kévin étaient toutes crédibles et leurs rapports assez compréhensibles, autant le basculement ésotérique autour de « la Bête » m’a d’abord agacée, puis carrément affligée. Au moment où j’aurais dû trembler, je n’ai pu m’empêcher de rire face à cette « créature » qu’on nous présente comme une sorte de surhomme. Je veux bien croire qu’une seule des personnalités de Kévin soit atteinte de diabète, pourquoi pas, mais de là à imaginer qu’il puisse d’un coup se métamorphoser comme s’il était dopé aux amphets et se prendre pour Spiderman ? Cette idée de « super-pouvoirs » rompt complètement avec l’univers du film et ramène ce bon thriller psychologique du côté du blockbuster d’action le plus basique, et c’est vraiment dommage de gâcher ainsi ce qui avait le potentiel pour être un excellent film. D’autant plus qu’il y avait totalement moyen de se passer de ce pétage de plombs superflu !

Bref, je ne suis pas certaine de regarder la suite, à moins qu’elle revienne à quelque chose de plus profond et sensé qu’une histoire de dingue qui crapahute sur les murs.

« Submarino » : deux frères et un couffin

affiche-film-submarinoNick et son frère s’occupent du bébé que leur mère alcoolique délaisse et lui choisissent ensemble un prénom. Des années plus tard, les deux frères tentent tant bien que mal de surmonter leurs blessures d’enfance, séparément…

On peut dire que je n’aurai pas terminé l’année 2017 sur des films joyeux puisque mon avant-dernier visionnage a été consacré à ce film de Thomas Vinterberg que j’avais échoué à caser dans le Movie challenge. Vinterberg fait partie depuis La Chasse de mes cinéastes favoris. J’aime autant sa façon de dépeindre la noirceur quotidienne (comme dans Festen) que sa capacité à mettre en scène des personnages profondément humains (comme dans Loin de la foule déchaînée) et Submarino faisait donc partie des films que je voulais absolument voir, sans savoir réellement de quoi il était question.

Disons que le revers de ma tendance à vouloir voir les films en sachant le moins de choses possibles sur leur contenu, c’est de ne pas pouvoir anticiper les séances agréables et celles plus délicates. Attention donc, si vous êtes particulièrement sensibles à la violence, au sort des enfants et des femmes, aux histoires de drogue, aux meurtres, et même aux mutilations, je ne vous conseille pas ce film.

Oui, Submarino est un film glauque, jusque dans ses éclairages et ses couleurs (je rappelle qu’au sens propre « glauque » signifie « verdâtre »). Car dans la vie de Nick et de son frère, les éclaircies ne sont pas légion. Certes, le cadet peut compter sur son fils, l’adorable Martin, pour un peu de distraction, mais il a beau l’aimer, il ne parvient pas à prendre le dessus sur son addiction à la drogue pour s’en occuper convenablement. Quant à Nick, il vit dans un foyer et passe ses nerfs à la salle de sport, ou en cognant sur les objets qui se présentent.

Le film est construit 4 parties : une introduction qui présente la jeunesse des protagonistes en quelques scènes, afin de faire connaître aux spectateurs le traumatisme initial, puis l’on suit Nick adulte, avant de revenir en arrière pour observer la vie de son frère. Enfin on assiste aux retrouvailles des deux frères, dans des circonstances pour le moins particulières.

Même si le film est très dur avec beaucoup de thèmes lourds, notamment autour des enfants et des violences faites aux femmes (le personnage d’Ivan est particulièrement abject envers elles), je l’ai trouvé intéressant, à la fois grâce à sa construction mais aussi grâce au jeu des acteurs. Tous sont totalement crédibles et en particulier les deux frères. J’avais déjà eu l’occasion de voir Peter Plaugborg en personnage inquiétant dans Les enquêtes du département V et de fait je l’ai trouvé ici aussi assez stressant, alors que j’ai eu plus de compassion pour Nick, sans doute parce que j’avais en tête le rôle de gentil flic de Jakob Cedergren dans la série Meurtres à Sandhamn. Submarino prouve la capacité de l’acteur danois à incarner des personnages très divers, car pour un peu je ne l’aurais pas reconnu !

Enfin, la fin du film offre une note d’espoir en même temps qu’elle fait la boucle avec la scène du début. Certes, j’avais compris depuis le milieu du film ce que Nick va raconter à Martin, mais j’ai tout de même trouvé cette chute bien amenée et touchante.

Un film très dur qui dévoile tout le talent de Vinterberg pour filmer les personnages cabossés par la vie, sans craindre de se confronter aux pires tares de l’humanité.

#PMR2018, « Lucie ou la vocation »

couverture-livre-lucie-ou-la-vocationÉlève malheureuse en classe prépa, Lucie se rend grâce à son amie Mathilde dans une basilique où elle aime prier. En rencontrant des sœurs, elle se découvre la vocation et décide d’entrer au couvent comme religieuse. Elle fait vœu de pauvreté, d’humilité, de chasteté et de silence…

J’ai été assez surprise du thème du roman de Maëlle Guillaud, pour le moins original : l’histoire d’une jeune fille d’aujourd’hui qui se sent la vocation de devenir religieuse. La couverture est belle et inspirante et j’avais hâte de me plonger dans ce roman mystérieux. On ne peut pas dire que les choses de la foi fassent partie de mes centres d’intérêt (doux euphémisme) mais, comme avec Féminine lu il y a quelques semaines, je suis toujours intriguées des parcours de jeunes femmes qui diffèrent radicalement du mien.

Au début j’ai plongé facilement dans le récit, mais j’ai été assez perturbée au fil de la lecture par l’alternance des points de vues, pas toujours très claire (entre Lucie, son amie Juliette et la mère de Lucie), et par la gestion de la temporalité. Tantôt j’avais l’impression que Lucie était entrée au couvent depuis quelques semaines, tantôt depuis des années. J’imagine que c’est une façon pour l’auteur de nous faire entrer dans ce monde singulier coupé de la vie séculière et sur lequel le temps habituel n’a pas d’emprise. Les journées des religieuses sont rythmées par des rituels immuables qui font de leur vie un éternel recommencement.

Je dois dire que je n’ai pas trouvé les personnages très sympathiques, et en premier lieu Lucie. Celle-ci se plaint beaucoup de ses années de prépa et la description qui est faire de ce milieu m’a parue vraiment exagérée (et je parle en connaissance de cause). Certes, on peut admettre qu’elle ne se sente pas dans son élément mais il paraît beaucoup plus facile de choisir de se réorienter que de tout plaquer pour entrer au couvent ! Je trouve que la découverte de la « vocation » n’est pas bien évidente pour le lecteur et que cet élan ne réussit pas à justifier tout ce que Lucie s’infligera par la suite.

Bien sûr, tout n’est pas rose dans la congrégation, et très vite on pense à La Religieuse de Diderot, qui a clairement dû inspirer l’auteur. On retrouve le mélange de brutalité et de séduction dont font preuve les supérieures pour embobiner les novices, la manipulation et la corruption attendues, bref, tout un tas d’actions et de pensées fort peu chrétiennes. Mais finalement je m’attendais tellement à ces travers, et ils correspondent si bien aux préjugés que l’on peut avoir sur ce milieu depuis l’œuvre de Diderot (et également dans des fictions plus récentes telles que la série Ainsi soient-ils) que j’ai été un peu déçue (sauf par la fin, qui clôt de façon assez courageuse le propos tenu jusque-là).

J’aurais aimé un peu plus de subtilité et de diversité dans les portraits des religieuses. Pourquoi ne s’intéresser qu’à celles qui semblent malhonnêtes et manipulatrices ? Pourquoi ne pas présenter aussi des jeunes femmes qui appliquent vraiment les valeurs qu’elles professent ? Il est assez peu crédible de supposer qu’il n’y en ait aucune, sur tout un couvent ! Il semble donc que j’aie trouvé encore moins nuancée que moi vis-à-vis de ce type d’institution, et je le regrette car le livre aurait gagné à présenter plus de diversité et de subtilité, au lieu de ressasser à ce point les questionnements inaboutis de Lucie.

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« N’oublie jamais » de ne pas revoir ce film

affiche-film-n-oublie-jamaisÀ la fête foraine, Noah, qui travaille à la scierie, repère Allie, lycéenne en vacances qui s’apprête à entrer à l’université. Prêt à toutes les audaces pour la séduire, il finit par la convaincre de sortir avec lui…

Je sens que je ne vais pas me faire que des amis avec cette chronique. De mémoire, j’avais plutôt en tête que ce film devait être une sorte de mélo adapté de Nicholas Sparks, rien qui ne me fasse terriblement envie. Mais à force de voir ce film cité dans tous les tops comme LE film romantique incontournable, d’en entendre dire du bien par mes copinautes et qu’on me le recommande vivement, j’en étais venue à avoir hâte de le découvrir.

Après tout, j’assume mon côté fleur bleue et j’aime pleurer devant un film, alors celui-ci aurait dû me correspondre. Mais en fait, pas du tout.

Dès la première scène avec Noah et Allie, j’ai senti que ça partait mal. Le jeune homme (Ryan Gosling) aborde Allie d’une manière totalement déplacée, devant le petit ami de la jeune femme, et refusant d’entendre son refus de sortir avec lui, il la harcèle, employant aussi bien le chantage au suicide que la complicité d’un ami pour parvenir à ses fins. Comment peut-on décemment laisser croire aux spectateurs qu’une belle histoire d’amour peut naître d’une situation de harcèlement, cela me laisse toujours pantoise.

Mais une fois que l’on oublie ces débuts désagréables, Noah se révèle un jeune homme plutôt sympathique, attentionné, joyeux, plein d’initiative, bon camarade avec son ami Fin, fils reconnaissant envers son père, et petit ami fougueux et aux petits soins pour Allie. Ah, Allie… j’ai rarement trouvé un personnage féminin aussi insupportable, mais je ne sais pas au juste si c’est à elle que je dois en vouloir ou à son interprète Rachel McAdams. Son rire exubérant m’a vrillé les tympans, ses réactions excessives m’ont agacée, j’ai trouvé qu’elle se comportait en tout point comme une petite fille pourrie gâtée.

On peut penser que le surjeu constant de l’actrice est en cause, mais je n’en suis pas totalement persuadée. Car le scénario pèche lui aussi, en nous servant une histoire absolument prévisible. J’avais deviné dès les 5 premières minutes du film qui étaient les personnages plus âgés que l’on voit lire à la maison de retraite et le film n’avait pour moi aucun suspens (j’avais même deviné la fin alternative, si si). De plus, le film enfile les clichés comme des perles sur un fil narratif manquant de finesse : ils s’aiment mais ne sont pas du même milieu social, forcément ses parents ne sont pas d’accord, forcément ils vont se séparer, forcément ils se retrouveront, forcément il y aura une scène romantique sous la pluie, et forcément suivie d’une scène d’amour torride, bref, vous avez compris.

Les dialogues sont de la même eau avec des phrases absolument bateau, en particulier dans la bouche de l’héroïne, du style (je vous les traduis) « fais-moi l’amour », « c’était si bien, dire que j’ai raté ça pendant tout ce temps, recommençons ». Vous me voyez bondir d’énervement sur mon canapé ?

Cela dit à force de ne pas adhérer à l’histoire j’ai fini par passer une séance plutôt drôle. Aux moments où j’aurais dû fondre devant la passion des personnages, j’étais hilare : « mais ils vont tremper les lambris », « sérieusement, il la porte dans les escaliers avec son pantalon aux chevilles ? » « ah, elle enlève ses boucles d’oreilles pour faire l’amour mais elle garde son collier. Ah non elle ne l’a plus, joli faux raccord ! »

Avant que tous les fans de ce film ne viennent m’assassiner dans mon sommeil, je tiens quand même à saluer la performance de Gena Rowlands et James Garner. Leur jeu est crédible et leur situation plutôt touchante, c’est sûrement ce qu’il y a de mieux dans ce film. Bref, aux oubliettes le Notebook, ça m’apprendra à écouter les recommandations ! 😉

Tag Je suis ce que je lis…

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Crédit photo : Sean Kernan

Le principe du tag est de répondre aux questions par des titres de livres lus dans l’année écoulée.

J’ai repéré ce tag qui circulait sur la blogosphère, notamment chez Bric à Book et Folavril, et j’ai décidé d’essayer d’y répondre à mon tour. Un exercice de réflexion intéressant qui permet de replonger une dernière fois dans les lectures de 2017 !

Décris-toi : Le commun des mortels

Comment te sens-tu ?  Féminine

Décris où tu vis actuellement : Neverland

Si tu pouvais aller où tu veux, où irais-tu ? Kallio

Ton moyen de transport préféré : La baleine thébaïde

Ton/ta meilleur(e) ami(e) est : Une présence idéale

Toi et tes amis vous êtes : Le camp des autres

Comment est le temps ? Calme comme une bombe

Quel est ton moment préféré de la journée ? Arrêt non demandé

Qu’est la vie pour toi ?  Les vérités provisoires

Ta peur ?  Dire au revoir

Quel est le conseil que tu as à donner ? Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier

La pensée du jour : Comment vivre en héros ?

Comment aimerais-tu mourir ? Parmi les miens

Les conditions actuelles de ton âme ? Vivement l’avenir !

Ton rêve ? Un jour tu raconteras cette histoire

Voilà, n’hésitez pas à reprendre le tag s’il vous amuse ! 🙂

#PMR2018, « Histoire du lion Personne »

couverture-livre-histoire-du-lion-personneYacine quitte son village avec une recommandation du prêtre pour aller étudier en ville. Dans la savane, il trouve un lionceau orphelin qu’il sauve de la mort et emmène avec lui. Le gamin et son lion sont recueillis par le gouverneur français…

Je n’avais pas encore eu l’occasion de l’annoncer sur le blog mais j’ai eu le privilège d’être sélectionnée pour faire partie du jury de l’édition 2018 du Prix du Meilleur Roman PointsPrix du Meilleur Roman Points. C’est un honneur qui ne se refuse pas et qui me rappelle la très belle expérience du Prix du Roman des Étudiants France culture-Télérama il y a quelques années. Je serai donc moins au fait de la rentrée de janvier cette année car prise par ce nouveau défi auquel je suis ravie de participer !

Parmi les quatre premiers romans envoyés au jury figurait le conte initiatique Histoire du lion Personne. J’avais entendu parler favorablement de ce titre à sa sortie et il m’avait semblé qu’il avait reçu des échos unanimement positifs. Je dois dire que j’ai été un peu surprise par le style au premier abord. La plume de Stéphane Audeguy est très recherchée, avec un côté XVIIIe siècle qui m’a un peu déroutée durant quelques pages. Je me suis donc plongée dans le récit en m’imaginant ouvrir un conte philosophique de l’époque de Voltaire (et de l’époque de l’histoire narrée, donc), et cela a fonctionné. Je me suis abstraite de ma rame de métro pour plonger dans la savane et les colonies africaines.

J’ai pensé de prime abord que le livre suivrait le parcours du jeune et sympathique Yacine, mais assez vite c’est bien le lion Personne qui se dégage comme personnage principal d’un récit dont les différents chapitres évincent à chaque fois plusieurs autres personnages. C’est le lion seul auquel le narrateur s’attache, de la brousse au port du Havre et jusqu’aux jardins botaniques de la région parisienne.

Un beau périple pour l’animal qui nous permet une immersion dans ce siècle de faste mais aussi de violence, de société hiérarchisée et de misère. J’ai pris plaisir surtout à suivre les péripéties des humains qui entourent l’animal, car finalement, le lion lui-même n’est pas si intéressant, étant doté d’assez peu de sentiments. On peut cependant s’indigner des mauvais traitements qu’il reçoit, en particulier pendant la traversée en bateau. À l’inverse, bien traiter Personne est un gage de bonté pour les humains qui se confrontent à ce roi bien inoffensif.

Ce petit livre se dévore vite et plaisamment mais ne m’a pas pour autant laissé un souvenir impérissable. Pour moi, un conte de ce style comporte une morale ou une satire plus évidente, et ici je n’ai pas trouvé si originale la dimension éthique du récit. Je ressors donc de cette lecture avec une satisfaction mitigée.

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« La Villa » : maison de famille

affiche-film-la-villaLorsque leur père est victime d’une attaque, Armand, Joseph et Angèle se retrouve dans leur villa des calanques marseillaises. L’occasion pour le restaurateur en difficulté, l’ancien syndicaliste en pré-retraite et la comédienne de faire le point…

J’ai découvert le cinéma de Robert Guédiguian en 2017 avec le solaire Les Neiges du Kilimandjaro puis le sombre La Ville est tranquille, il me fallait absolument clôturer cette année de cinéma avec La Villa, qui fut ma dernière séance de l’année. Je ne regrette pas ce choix qui symbolise assez ce que j’aime dans le cinéma français : l’engagement, les personnages forts, les sujets de société, traités avec humanité, mélancolie et humour.

C’est bien l’univers habituel du réalisateur que l’on retrouve dans cette villa perchée sur une calanque écrasée de soleil, avec le Sud que l’on entend dans la voix des protagonistes, un milieu modeste et solidaire comme on en voit si peu au cinéma, et ses acteurs fétiches, Ascaride-Darroussin-Meylan, sans oublier Anaïs Demoustier, que je suis ravie de revoir à l’écran ses dernières semaines (déjà dans Jalouse).

On a beaucoup dit de La Villa que c’était un film sur le drame des migrants, mais cela me semble à relativiser. Certes, le sujet est abordé dans le dernier tiers du film et se trouve incarné par un trio d’enfants arabophones, mais on ne peut pas dire que ce soit le thème majeur du film. Celui-ci tourne autour du temps qui passe et d’une famille déchirée par un drame (le décès de Blanche, la fille d’Angèle, 20 ans plus tôt) et qu’un autre drame (l’AVC du grand-père, propriétaire de la villa) permet de ressouder. Sur un sujet de saga de l’été, Robert Guédiguian livre un film sensible mais assez peu original, si ce n’est dans les saillies de Joseph (Jean-Pierre Darroussin), auquel on doit des répliques vraiment drôles.

J’ai surtout trouvé très touchants les personnages secondaires, en particulier le couple des voisins que l’augmentation des loyers dans les calanques contraint à trouver une solution pour ne pas quitter leur cabanon, et leur fils médecin. Alors que la famille de la villa m’a paru se complaire un peu trop dans l’auto-apitoiement, j’ai apprécié la retenue et la discrétion des voisins. Et tant pis si certains événements de l’intrigue sont un peu prévisibles, car ils occasionnent de beaux plans de cinéma (notamment la scène où tous les personnages se rassemblent pour fumer sur la terrasse).

Un beau film humaniste qui vaut sans doute davantage pour ses valeurs et le talent de ses acteurs que pour sa trame narrative.