« Les Cyclades » : est-ce que tu viens pour les vacances ?

Après un divorce et une dépression, Blandine est poussée par son fils à renouer avec son amie d’enfance, Magalie. Mais les deux femmes sont devenues encore plus différentes qu’à l’époque où elles rêvaient de fuguer sur les traces du Grand Bleu…

Dans une filmographie éclectique où l’on trouve aussi bien des pépites assez fines et bien interprétées telles que Maman a tort que des comédies populaires comme Selfie, Marc Fitoussi revient avec un hybride. Avec Olivia Côte et Laure Calamy comme têtes d’affiche, Les Cyclades est définitivement une comédie qui peut attirer le grand public, mais pour autant on est plutôt agréablement surpris(e) par la qualité de l’écriture des personnages et le traitement de certains sujets.

Le voyage en Grèce qui donne son titre au film est moins le sujet réel de l’histoire (pour évoquer le quotidien des Grecs, en particulier depuis la crise, et le rapport avec les Français(es), on préférera I Love Greece) que le décor, certes solaire avec d’impressionnants paysages maritimes ou semi-désertiques, d’une histoire d’amitié féminine. Le film fonctionne d’abord d’une façon assez classique sur l’opposition de deux caractères : Blandine, enfant sage devenue une femme triste après son divorce, peu sociable et souvent inquiète, retrouve la pétulante Magalie, qui dans leur jeunesse l’entraînait pour faire les 400 coups et qui aujourd’hui fauchée comme les blés profite de l’opportunité d’un voyage tous frais payés. Ce sont deux visions de la vie qui s’affrontent, l’une qui apprécie le confort et la prévoyance, l’autre avide d’aventure dans tous les sens du terme, et si c’est un classique des films de voyage, ça fonctionne à merveille grâce à l’abattage de ses deux comédiennes. Alors que son autre apparition au Festival du film francophone d’Angoulême dans Annie Colère avait donné l’opportunité à Laure Calamy de montrer une facette plus en retenue, elle retrouve ici une partition qui lui permet de bouffer l’écran et d’incarner l’exubérance.

Le film réussit à dépasser le clivage à partir du moment où il introduit un troisième personnage féminin, et se paye le luxe de faire jouer sa créatrice de bijoux par Kristin Scott Thomas. Toujours délicieuse, celle-ci prône une philosophie de vie axée sur la joie et le plaisir, mais c’est par son personnage que celui d’Olivia Côte comprend que sembler écervelée ne veut pas forcément dire ne connaître aucun traumatisme. Si « l’humour est la politesse du désespoir », la joie de vivre peut être aussi une façon de mettre au placard des problèmes graves. Réellement drôle dans ses dialogues et son comique de situation, Les Cyclades n’en est pas moins assez touchant dans son amitié féminine au-delà des différences de tempérament. Pas une histoire révolutionnaire, mais un film grand public de bonne facture, qui parvient à faire rire sans jamais taper méchamment sur personne.

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