« Les lendemains de veille », le temps des copains

À la mort de Pierre, un ancien groupe d’ami(e)s se réunit dans la maison où ils et elles ont vécu en communauté à leurs 20 ans et dont le groupe hérite ensemble…

Après un premier long-métrage déjà centré sur l’amitié et faisant appel au casting à son propre groupe d’ami(e)s, Loïc Paillard récidive avec une idée née pendant le premier confinement. Une idée qui, sur le papier, ressemble sacrément à un film très connu. Un groupe d’ami(e)s, une maison de vacances en commun, le décès de l’un d’entre eux… Si en plus on ajoute une chanson à la guitare façon coin du feu, on n’est pas loin d’un remake des Petits mouchoirs.

Sauf que les personnages sont un peu plus jeunes, et que le bilan à tirer est ici celui du milieu de la trentaine, pour un groupe qui a vécu en communauté à l’orée de ses 20 ans. Loïc Paillard se sert abondamment des images d’archives tournées entre potes pour créer le background nécessaire à la fiction. On peut d’ailleurs parler d’autofiction puisqu’il s’octroie le rôle du mort, dans un fantasme initial dont l’intrigue trouve heureusement des moyens de se détourner quelque peu.

Porté par une troupe éclectique, mais tout de même essentiellement issue du théâtre, ce long-métrage rappelle le succès de Léa Fehner Les ogres dans son association de personnalités très hautes en couleur, qui ont gardé de leur jeunesse une fougue parfois bien planquée sous les atours des normes sociales respectées. L’ensemble oscille donc entre une tonalité pleine d’énergie qui joue sur les conflits présents ou passés et les attirances entre les personnages pour faire des étincelles, et un côté plus mélancolique lié au deuil et à la prise de conscience du temps qui passe et du vieillissement. L’équilibre entre les deux est précaire, et on sent parfois que le film a été écrit en même temps qu’il se tournait, ce qui produit quelques moments de flottement.

On peut regretter que l’écriture des personnages, puisqu’elle s’appuie sur des personnalités réelles, n’évite pas un certain nombre de clichés : l’ado attardé qui passe son temps à boire et fumer des joints en proclamant son sex-appeal à tout-va, le type rangé bouffé par son travail et dont le couple bat de l’aile, la fille à papa prête à se marier davantage par convenance que par passion… Globalement, l’écriture flirte souvent avec l’excès voir le mauvais goût, qui vient parfois rompre le charme douloureusement.

Il y a pourtant une certaine séduction à se laisser entraîner par les élans musicaux qui portent l’ensemble et procurent les plus belles scènes d’émotion. On pense en particulier à la chanson qui donne au film son titre très bien trouvé, mais aussi à la scène de clôture, plus audacieuse que le reste avec sa caméra mouvante et stylisée, qui prend de l’ampleur grâce au choix du titre de Clara Ysé « Le monde s’est dédoublé ».

Finalement, comme son précédent au casting all stars, ce film plus modeste et plus intime peine à créer l’unité entre la volonté d’amuser et celle d’émouvoir. On y repère tout de même le talent et la nature cinégénique de Marica Soyer, qu’on verra bientôt à l’affiche de l’adaptation de la pièce d’Alexis Michalik, Une histoire d’amour.

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