« Un jeu d’enfants », le ver est dans le fruit

Récemment installée dans l’appartement qu’occupaient précédemment ses parents, Marianne reçoit la visite des Worms, un frère et une sœur qui ont habité là il y a longtemps. Peu après, ses enfants commencent à se comporter bizarrement…

 Movie Challenge 2022 : un film dont un personnage porte le prénom de ton ami(e) d’enfance (Aude)

On n’aurait pas forcément attendu Karin Viard ni Charles Berling dans un film d’horreur. Si Laurent Tuel les a choisis pour son projet, c’est pour leur carrière plutôt fondée sur des rôles psychologiques. Désireux de réaliser un film qui fait peur, le réalisateur s’appuie sur sa plus grande crainte : que le mal vienne des personnes qui lui sont le plus chères.

On comprend donc extrêmement rapidement, rien qu’avec le titre du film, que les enfants du couple vont incarner la malignité et causer du tort à leur famille. De plus, le plan d’ouverture sur une coupure de journal montrant l’appartement en flammes est extrêmement programmatique. Autant il est vrai qu’il est possible de générer l’angoisse autrement que par le suspense, autant annoncer autant d’éléments d’emblée constitue pour le scénario une façon de se tirer une balle dans le pied.

Il y a finalement très peu de surprises dans ce long-métrage qui joue sur beaucoup de clichés pour manipuler ses personnages : l’allusion à des troubles psychiques passés et à la perte d’un enfant pour la femme, la pression professionnelle pour l’homme, et le fait pour chacun(e) de croire davantage ses enfants que son/sa conjoint(e)…

Or beaucoup d’éléments qui auraient pu être exploités sont finalement laissés de côté, par exemple le fait qu’une cave soit associée à l’appartement, la présence de la grand-mère ou les circonstances du décès du troisième enfant du couple. À l’inverse, on ne comprend pas très bien l’obsession pour la machine à laver.

Esthétiquement, la façon de jouer sur les cadres et notamment sur les portes, les couloirs, et la colorimétrie grisâtre tirant sur le vert sont plutôt correctes pour créer une ambiance propice à faire de l’appartement un lieu inquiétant, qu’on croirait volontiers hanté. Dans une réalisation plutôt sobre surgissent des scènes complètement baroques dont on ne parvient pas bien à savoir si elles existent vraiment ou correspondent à des hallucinations des personnages principaux, qui par ailleurs sont sujets à des cauchemars. La mise en scène de ces passages flirte avec le style Dupontel, en particulier pour la crise de violence du mari à son travail et les scènes sexuelles. Ce sont les seuls passages qui parviennent à susciter un peu plus que l’ennui poli global, même s’il s’agit plutôt d’un malaise déclenchant le rire que d’une vraie frayeur.

Jusqu’au bout, le film reste dans un cadre très balisé, et se rajoute même une scène de clôture qui boucle inutilement la boucle en perdant la cohérence initiale autour de l’appartement. Heureusement, depuis 2001, le cinéma d’horreur français a prouvé qu’il pouvait faire beaucoup, beaucoup mieux.

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