« Only you » can have my soul

Après une soirée du Nouvel An, Elena, ivre, partage un taxi avec un inconnu, Jake. Entre les deux, l’entente est immédiate et le coup de foudre réciproque, en dépit des 10 ans de plus de la jeune femme…

Pauvre Laia Costa, boudée par les cinémas français, qui depuis Victoria qui l’avait révélée a vu tous les films dans lesquels elle tient un rôle important relégués à une sortie direct VOD/DVD. Après Newness, Piercing, c’est aussi le destin qu’a connu Only You, premier long-métrage de la britannique Harry Wootliff, pourtant primé dans plusieurs festivals (notamment à Dinard).

À première vue, le film tient de la comédie romantique relativement classique avec une rencontre sous le signe d’un hasard que d’autres appelleraient prédestination, qui met en présence Laia Costa et Josh O’Connor dans des rôles assez charmants. Elle est assez égale à elle-même, avec un personnage qui rappelle fortement celui qu’elle incarne dans Foodie Love en particulier : mutine, sensuelle, cachant volontiers ses tourments et ses difficultés qui peu à peu empoisonnent ses relations. Lui est plus différent des rôles assez taiseux et pudiques auxquels il nous avait habitués, ici plus ouvert et moderne, mais aussi plus enthousiaste et optimiste. La photo est douce, dans des teintes chaudes et un appartement cosy comme lieu principal de la romance, les protagonistes élégamment vêtus, l’atmosphère chaleureuse propice à l’emballement des sens.

Mais petit à petit, alors qu’on pouvait penser que le sujet principal qui pourrait peser comme obstacle dans la relation serait la différence d’âge entre les protagonistes, Elena évoquant rapidement l’idée d’un partenaire masculin pouvant désirer aller voir ailleurs et rencontrer une compagne plus jeune, une autre thématique se dessine. Sans qu’on l’ait vu venir, Only You se tourne vers un sujet intime inspiré par l’expérience de la cinéaste : les difficultés à concevoir un enfant.

Ce qui n’était qu’un projet un peu fou et précipité, à peine réellement consenti par la jeune femme, devient l’épicentre de la relation amoureuse et l’obsession qui ronge le moral et ruine la complicité des personnages. À mesure que le test positif se fait attendre, chacun(e) s’enfonce dans son marasme. Et alors qu’elle semblait la moins convaincue des deux initialement, c’est surtout Elena que l’on voit souffrir de la situation. Les complexités du parcours de la FIV sont très bien présentées, de façon claire et sensible, avec des étapes telles que les rendez-vous médicaux, le traitement hormonal par injection, l’implantation des embryons… Sur les aléas de la FIV, le film rappelle quelque peu l’italien Mamma + Mamma, mentionnant notamment le coup assez exorbitant d’une telle procédure, qui contraint les protagonistes à solliciter l’aide financière de la famille de Jake.

Le tandem à l’écran est crédible en tant que couple et très investi, avec des scènes lourdes en émotions, et nul doute que le film saura toucher profondément les personnes sensibles à la question de la fondation d’une famille et des obstacles qu’un couple peut rencontrer dans cette quête. Plus prosaïquement, on a aussi envie de secouer les personnages pour leur faire prendre conscience de la chance qu’il et elle ont déjà de s’être trouvés et tenter de leur ouvrir les yeux sur la mauvaise pente qui les aspire. En tous les cas, il y a peu de chances que ce long-métrage sensible laisse indifférent(e).

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