« Liz et l’oiseau bleu », toi qui as le cœur gai

Dans l’orchestre du lycée, Mizore et Nozomi jouent ensemble un duo représentant l’histoire de Liz et l’oiseau bleu. L’une est aussi réservée et solitaire que l’autre est populaire et sociable…

La réalisatrice Naoko Yamada contribue à l’adaptation de la série de livres Sound ! Euphonium avec Liz et l’oiseau bleu, un opus de cinéma après plusieurs séries qui peut se regarder séparément car ses protagonistes sont des personnages secondaires des arcs narratifs principaux, et l’histoire, si elle a pour cadre le même établissement scolaire, n’implique pas de connaître ce qui s’y est déroulé précédemment.

Présenté comme un conte adapté en musique, Liz et l’oiseau bleu est en fait la retranscription d’une pièce de Maurice Maeterlinck, dont l’adaptation en albums pour enfants, que lit le personnage de Nozomi au début du film, constitue une partie du long-métrage, qui réussit à enchâsser dans son intrigue principale ce récit poétique avec un style graphique un peu différent, plus proche de l’aquarelle et un peu plus enfantin, avec des couleurs plus vives, des pelouses d’un vert tendre et des baies d’un rouge vif, une protagoniste blonde et l’autre aux cheveux bleus, alors que dans l’intrigue principale, les couleurs sont plus douces et pastel, les uniformes bleus également mais plus clair, moins vif, les chevelures des personnages brunes ou éventuellement blond vénitien.

Ce qui unit les deux univers, c’est avant tout le parallélisme entre les deux intrigues : Nozomi dit elle-même à son amie Mizore que Liz et l’oiseau bleu lui évoque leur relation, et les deux jeunes filles mais aussi tout leur entourage ne vont avoir de cesse de comparer la réalité à la fiction. L’autre pont entre les deux histoires, c’est la musique, bien que deux compositeurs différents aient travaillé d’une part sur les illustrations sonores du conte et le morceau joué par l’orchestre, et d’autre part sur un habillage sonore plus discret accompagnant la vie quotidienne au lycée, mais marqué par une belle intégration des sons de tous les jours. Le duo pour hautbois et flûte qui symbolise le moment où Liz accepte de laisser s’envoler l’oiseau devient la clé de l’intrigue dans les deux univers.

Très délicat aussi bien dans son dessin que dans son écriture, le long-métrage prend le temps de déployer les caractères de ses protagonistes et de nourrir petit à petit leur relation à nos yeux en nous révélant des éléments en flashbacks ou au fil des conversations. L’ensemble est extrêmement juste dans ce qu’il saisit de cet âge, à la fin du lycée, au moment où chacun et chacune doit prendre ses propres décisions concernant son orientation et son avenir. Ce qui attend les deux jeunes filles, c’est une nouvelle vie ailleurs que sur les bancs du lycée où elles se sont côtoyées pendant trois ans, ainsi que leurs autres camarades, qui apparaissent au fil de l’œuvre comme des adjuvantes pour les aider à mieux se comprendre et se connaître, également leurs professeur(e)s toujours bienveillant(e)s. Il n’y a pas d’adversaire dans ce film, pas d’opposition, pas d’autre quête que celle de ses propres aspirations profondes. Unies par une amitié fusionnelle du point de vue de Mizore, dont l’intensité flirte avec le sentiment amoureux avec la porosité propre à ce jeune âge aux émotions décuplées et pas toujours rangées dans des cases, les deux jeunes filles semblent pourtant totalement opposées de caractère. Mais si la relation paraît déséquilibrée entre la meneuse joyeuse, populaire, plus expansive et moins sérieuse, et la jeune fille discrète qui passe son temps libre à venir nourrir et observer les poissons de la classe de science lorsqu’elle ne peut être aux côtés de son amie, le scénario a l’intelligence de ne pas en rester au cliché et de déployer toute la complexité des deux personnalités et de la relation qui en résulte. Si tout le monde n’a pas le grand talent artistique des protagonistes, qui donne lieu à beaucoup de très belles séquences musicales, et en particulier la dernière répétition de l’orchestre, il sera aisé de reconnaître des éléments de ses propres amitié de jeunesse, ici traités avec une grande tendresse.

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