« Demain et tous les autres jours » : je lui dirai les mots chouettes

La mère de Mathilde est un peu bizarre, mais elle lui offre un cadeau extraordinaire : une petite chouette apprivoisée, qui se révèle fort bavarde la nuit. Ensemble, la fillette et l’oiseau tente d’apprivoiser les étrangetés de la mère…

Movie Challenge 2022 : un film dont le personnage principal est un enfant

Avant son prochain long-métrage La Grande Magie attendu bientôt, retour sur le précédent film de Noémie Lvovsky, Demain et tous les autres jours. Moins plébiscité que le précédent, Camille redouble, les deux œuvres partagent pourtant un univers propre à la réalisatrice où rien n’est impossible, ni les sauts dans le temps ni les animaux qui parlent, et où l’amour entre enfant et parents est au centre de l’intrigue. Accompagnée de sa fidèle coscénariste Florence Seyvos, Noémie Lvovsky rend hommage à sa propre mère à travers le personnage qu’elle incarne.

Sous des abords très courtois et une apparence lambda, la mère de Mathilde est rapidement perçue par les autres adultes comme un peu particulière. C’est une façon de s’excuser dix fois pour une erreur de grammaire, une incapacité à suivre le cours d’une conversation, puis des oublis répétés, jusqu’à son adresse. Si elle regrette elle-même de n’être pas « une bonne mère », on peut dire comme la directrice de l’école qu’elle « fait de son mieux », notamment par ce cadeau original qui tient compagnie à la petite fille, mais aussi lors de son choix final.

Quant au père (Mathieu Amalric), il est présent de loin, conscient de la situation mais comme désireux de ne pas interférer dans ce qui peut se construire entre Mathilde et sa mère.

La vraie star du film, qui illumine l’ensemble de son mélange de gravité déjà si mûre et de sa candeur enfantine, c’est la jeune Luce Rodriguez qui prête ses traits à Mathilde. Affublée de tenues colorées et hétéroclites, n’hésitant jamais à se salir ou à se mettre en danger, comme les enfants les plus jeunes, elle est pourtant capable de se débrouiller seule au quotidien, qu’il s’agisse de faire la cuisine, les courses, ou de s’occuper en l’absence de sa mère.

Leur relation est complexe, à la fois tressée d’un amour intense qui se manifeste dans les jeux de regard entre les deux actrices, et d’une impuissance qui met parfois l’enfant en rage, désolée de ne pouvoir pallier toutes les insuffisances maternelles du haut de son jeune âge.

Cette mère fantasque rappelle étrangement En attendant Bojangles, de même que la présence de l’oiseau de compagnie, et l’imagerie de l’étang. Il faut dire que Mathilde a une imagination fertile, qu’il s’agisse d’inventer un conte trouble où elle se voit en Ophélie shakespearienne, ou de prendre soin de l’âme du squelette de l’école.

Entre l’univers réaliste et celui du conte, la chouette fait le lien, avec son regard curieux et attentif et ses reparties portées par la voix de Micha Lescot, qui occasionnent quelques rires. Ce drôle de Jiminy Cricket est ce qui allège la réalité pourtant triste et contribue, avec l’univers visuel coloré et quelques effets comiques comme la préparation de Noël en accéléré, à rendre supportable le triste de constat de la maladie qui affecte le quotidien de plus en plus.

Dans un rôle écrit pour combler un imprévu de tournage, Anaïs Demoustier surprend avec sa capacité à se glisser dans les pas de l’enfant pour quelques scènes touchantes qui mettent du baume sur les plaies, comme pour éviter de finir sur un constat trop réel et trop triste.

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