La fête du court-métrage 2022 – En haut de l’affiche

Les aoûtiens

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André doit récupérer chez son ex un immense plant de cannabis et ne sait pas comment le transporter discrètement dans Paris… 

Le duo Hugo Benhamozig-Victor Rodenbach, plutôt spécialiste des séries, s’embarque dans un court-métrage comique qui mise gros sur le potentiel du tandem Pablo Pauly-William Lebghil. En bras cassés encombrés de leur énorme plan de weed, les deux s’amusent avec des dialogues aux petits oignons, et des guests bien trouvés (mention spéciale au fleuriste). On note un joli travail technique sur le cadrage, le hors champ, l’incrustation de SMS à l’écran et même une petite ouverture à l’iris. La lumière estivale habille l’ensemble d’une tonalité sympathique et chaleureuse, et il ressort de ce Paris vidé des vacanciers/ères un côté presque village. C’est frais, amusant, sympathique et plutôt tendre.

Serval et Chaumier, maîtres des ombres

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En arrivant au village où il souhaitait se produire, un magicien découvre que son ancien élève est désormais rival est déjà bien installé…

Il faut un certain temps pour comprendre où veulent en venir Bastien Daret et Arthur Goisset avec ce court-métrage d’époque, qui joue classiquement sur la rivalité entre deux personnages de générations différentes. Philippe Rebbot, l’ancien, arc-bouté sur son statut de « maître des ombres » en veut toujours à son ancien apprenti qui lui a piqué ses trucs et sa femme. Le combat de bonimenteurs produit une scène sympathique avec un chouette travail de son et du hors champ, montrant uniquement les visages captivés des spectateurs/trices, et nous laissant imaginer les tours auxquelles ils/elles réagissent. L’emploi des codes du western (musique, jeux de regards) sert ici une veine comique. Mais le rebondissement final est la vraie bonne idée du court-métrage, qui devient une réflexion méta sur le pouvoir hypnotique du cinéma.

La queue

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Mandaté par sa femme pour aller faire les courses au supermarché pour le repas du soir avant l’arrivée des invité(e)s, un homme se retrouve coincé à la caisse dans une queue interminable…

Yacine Serdar s’offre Jean-Paul Rouve en rôle principal de ce court-métrage à l’humour acide sur les travers de nos de nos contemporains et les grands magasins perçus comme une forme de purgatoire où la queue devient un genre de « jour sans fin ». Le travail de la musique, digne d’un concert du Nouvel an, contribue à l’ironie en accompagnant des plans sur les pieds qui piétinent et les caddies qui n’avancent pas. À mesure que le personnage devient transpirant et rougissant, la tension monte et le climat se fait anxiogène. La galerie des autres consommateurs/trices rappelle des personnages de Jeunet et accrédite l’idée que l’enfer, c’est les autres. C’est sans doute le grand réalisme des situations, ici cumulées pour créer l’exacerbation des passions, qui contribue à la fois à l’humour et au malaise.

Mon dernier rôle

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Patrick Chesnais s’offre la suite présidentielle d’un grand hôtel, dans l’optique d’y mettre fin à ses jours. L’acteur a tout imaginé, du moyen de suicide aux hommages qui lui seront rendus, mais rien ne se passe comme prévu…

Olivier Ayache Vidal (Les Grands Esprits) propose à Patrick Chesnais une partition digne d’un épisode de Dix pour cent : l’acteur doit faire preuve d’une bonne dose d’autodérision pour jouer son propre rôle mais présenté comme celui d’un acteur en perte de vitesse et de popularité, désargenté et qui ne voit plus que la mort pour lui redonner une forme de gloire populaire. Le jeu des extraits télévisés, faisant apparaître des grands noms du petit et du grand écran, contribue au réalisme et à la cruauté du scénario. La scène du dialogue avec le homard est cocasse, de même que la préparation de l’arme à feu. Mais la noirceur de l’humour qui domine ne sera pas forcément du goût de tous/tes.

L’âge de raison

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Dans le monde de Pablo, c’est à sept ans que l’on choisit le métier que l’on exerce rat toute sa vie. Fils d’une danseuse étoile et d’un rocker, le petit garçon refuse la carrière de cosmonaute qui lui tend les bras…

 On avait adoré son Shiny Happy People, qui trouvait déjà un moyen de dénoncer les travers de la société avec une bonne dose de poésie et de tendresse. Mathilde Petit est aussi l’autrice de cet Âge de raison qui utilise la métaphore du choix d’orientation pour critiquer l’égoïsme d’une génération imprévoyante envers celle de ses enfants. Dans un univers coloré et fantaisiste, qui réussit avec peu à faire croire complètement à son postulat de départ, elle dirige un casting d’enfants porteurs de valeurs révolutionnaires et d’une sagesse inattendue. Dans cette fable singulière, le tandem parental Judith Chemla–Benjamin Lavernhe n’est pas le moindre des plaisirs. C’est tellement frais et pertinent, que ça finit trop vite et qu’on aimerait voir le concept décliné en long-métrage.

 

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