« Les Meilleures » : m’asseoir sur un banc rose cinq minutes avec toi

Lorsque Zina emménage à côté de chez elle, Nedjma est rapidement troublée par la jeune fille. Mais son groupe de copines prend en grippe la nouvelle arrivante et décide de lui tendre un piège…

C’est inspirée par son expérience auprès de jeunes du XVIIIe arrondissement parisien alors qu’elle était tutrice au moment des manifestations pour et contre le mariage pour tous que Marion Desseigne-Ravel a eu l’idée du scénario des Meilleures. Le titre fait référence à l’expression employée par les adolescentes pour désigner leur « BFF ».

On s’attend donc à un film sur l’amitié adolescente, et c’est bien ce qu’on découvre au départ. Un groupe de quatre copines soudées, comme dans Mignonnes ou Bande de filles, qui ont leurs habitudes, leurs délires communs et leur point de ralliement, un banc repeint en rose sur lequel personne d’autre n’a le droit de s’asseoir.

C’est d’ailleurs par celui-ci que le scandale arrive, le jour où la nouvelle arrivante Zina (Esther Rollande), s’y installe sans savoir qu’elle commet un « crime de lèse-majesté ». Une histoire de gamines qui déchaîne des représailles via les réseaux sociaux, et fait prendre conscience à Nedjma (Lina El Arabi) qu’elle ne souhaite pas de mal à Zina, bien au contraire…

La romance lesbienne démarrée sur un coup de tête par un baiser dans le couloir prend du plomb dans l’aile avec l’adversité : le scénario s’attache à montrer l’intolérance du milieu dans lequel évoluent les deux jeunes filles. En dépit de son esthétique aux couleurs pop (le rose de Zina qui envahit l’écran par petites touches), la violence est bien présente, verbale et physique, entourant Nedjma, la protagoniste, d’une sorte de brouhaha hostile constant, qui s’exprime tant en face-à-face que par le biais d’insultes au marqueur dans l’ascenseur ou sur les réseaux. Face à une homophobie ancrée, l’échappatoire est à chercher vers le ciel : c’est sur les toits que Zina et Nedjma trouvent un espace de liberté. Un symbole fort, où le caché est ce qui se voit en plein jour.

Le casting mi-amateur mi-professionnel est à la hauteur, le sujet d’importance. Il est même triste qu’il soit encore nécessaire à ce jour de devoir créer des œuvres pour ouvrir les esprits et faire réfléchir sur de telles thématiques. Côté réalisation, en dehors d’une scène surréaliste qui fonctionne, l’ensemble reste très classique et s’appuie sur de nombreux lieux communs de la représentation des « quartiers » au cinéma. Au moins le film est-il esthétiquement très accessible, avec des références musicales qui peuvent parler aux jeunes, ce qui devrait permettre de toucher un public de concerné(e)s et générer des prises de conscience salutaires.

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