1 mois, 1 plume, 1 œuvre : 8 femmes (février 2002), par Clémence Pouletty

1 mois, 1 plume, 1 œuvre : le dernier dimanche de chaque mois, un(e) invité(e) vient évoquer une œuvre (livre ou film) sortie ce mois-là… d’une année de son choix.

La plume

Adepte des réseaux sociaux où elle distille un mélange de drôlerie et de mélancolie, Clémence Pouletty est d’abord YouTubeuse depuis quatre ans, et présente sur sa chaîne ses lectures, mais aussi ses coups de cœur cinéma. Mais la vidéo n’est pas son seul médium, puisqu’on peut la retrouver sur Soundcloud dans son podcast « Dis, tu l’as aimé ? » ainsi que sur Slate où elle a récemment fait ses débuts avec un article sur Annie Ernaux. Pour cette rubrique, elle a choisi d’évoquer un éveil cinématographique.

L’œuvre

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8 femmes – corps accomplis.

8 femmes est un film réalisé par François Ozon, le film est sorti le 6 février 2002.

Ozon ici adapte une pièce de théâtre d’un dramaturge québécois nommé : Robert Thomas. Maintenant que les présentations sont faites, passons aux seules sérieuses : les actrices.

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Huit femmes tournent autour d’un même homme, que nous ne verrons jamais, si ce n’est de dos. Un homme décédé. Assassiné, sûrement, puisque la bâtisse enneigée, occupée par tous, est coupée du reste du monde. Du monde, mais pas de…

Catherine Deneuve. Somptueuse, armée de sa fourrure, elle joue la mère, sublime et délicate. En sa robe verte, elle ne pleure qu’à moitié son mari, son Marcel, sa joie ? Son amour ? Mais enfin, regardez jusqu’à la fin. Vous le saurez.

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Isabelle Huppert, la vieille fille à lunettes. Elle est ici, la sœur de Deneuve. Elle est seule et s’occupe de leur mère, en fauteuil roulant. Handicapée ou presque, Danielle Darrieux est la grand-mère. Objet comique. Mais évidemment, pas seulement. L’atmosphère est pesante durant tout le long. Même lorsqu’Emmanuelle Béart, la femme de chambre très « bonne » apparaît. La belle est consciente de chacun de ses charmes dont elle n’hésitera jamais à user, user jusqu’à la corde de tous les cous qui se pencheront sur ses lèvres.

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Fanny Ardant, la délicieuse sœur du père, elle incarne la passion, du rouge de sa robe à celui de ses lèvres, la beauté de sa voix, de chacun de ses gestes, nous embarquent. À s’en damner. À s’en fâcher. Avec sa jeune nièce ? Virginie Ledoyen, la fille aînée. Elle revient d’Angleterre, où elle vit avec son fiancé. Elle attend un enfant. Est-elle heureuse ? La belle enfant rose, son minois à la Audrey Hepburn, cachent-ils une terrible confidence ? Si oui, est-elle détenue par sa petite sœur ? Ludivine Sagnier, adolescente. farouche. La petite choupette du paternel. Celle qui aime fort fort son papounet, quand bien même il n’est plus dans le coup. Elle lit des romans qui ne sont pas de son âge. Elle est en ébullition. Elle tremble de jouer et de jouir, elle voudrait tout savoir sur l’amour charnel. Elle lit tant de polars, qu’elle se pense détective. Elle s’amuse, qui a pu tuer son père ? Ah mais… peut-être est-ce Firmine Richard. L’autre bonne. La solitude en un personnage. La bonté déchue. Elle est surtout celle à qui l’on doit l’interprétation déchirante de « Pour ne pas vivre seule » Ah oui, ne vous l’ai-je pas écrit… ici, à chaque femme, sa chanson.

Alors ne révélons rien. Aimez, appréciez, jubilez devant ce huis clos à neuf car il ne faut pas oublier le corps du père, enfermé, inerte en sa chambre.

8 femmes, c’est le premier émoi sensuel de nombre de jeunes gens. Corps et cœurs des filles et garçons ne peuvent que s’emballer devant ce thriller musical où les femmes peignent avec un panache digne de reines, élues de nos fantasmes, un portrait indécent de toutes les formes de la sensualité féminine.

Ce film n’est pas notre complice, il est notre objet, notre spectacle. Et surtout, notre éducation. Prononciation, mots dits, dits à moitié, entre ceux cachés et ceux chantés, on ne sait où donner de la tête, de l’oreille et de l’émoi. Oui, 8 femmes, émoustille.

Clémence Pouletty

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