« La Proie d’une ombre » ne nous a pas embarqué(e)s

Le monde de Beth s’effondre lorsque son mari, Owen, se suicide sans signe avant-coureur, après 14 ans de mariage. La nuit, elle commence à percevoir des signes étranges aux abords de leur maison…

Sur un scénario de Ben Collins et Luke Piotrowski, le réalisateur David Bruckner, habitué de l’horreur, tente de nous effrayer avec une intrigue à mi-chemin avec l’histoire de fantômes et la possession par une entité maléfique. Mais encore faut-il passer les trois-quarts du film pour comprendre de quoi il retourne réellement. Celui-ci prend largement son temps pour instaurer une atmosphère stressante dans la maison où Beth et son mari ont coulé des jours apparemment heureux avant que l’homme ne mette subitement fin à ses jours. Les manifestations d’une présence fantomatique empruntent au lexique visuel classique du genre de l’épouvante : appareils électriques qui s’allument tout seuls, dont les lumières bien sûr, textos du défunt qui n’apparaissent plus dans son téléphone le lendemain, empreintes de pas humides sur le sol en provenance du lac. On pense d’emblée à plusieurs références évidentes, qui ne se démentent pas par la suite : par exemple The invisible Man pour la présence invisible qu’on devine à ses pas mouillés et à une ombre très mal amenée dans les décors, puis de façon esthétiquement plus réussie lors de son interaction physique avec Beth. Mais aussi Apparences pour la maison au bord du lac, les doubles, la présence d’une autre femme sur les lieux et l’importance de l’accident grave vécue par la protagoniste dans le dérèglement de sa vie. Beaucoup de choses déjà vues ailleurs, et entre lesquelles le liant ne se fait pas toujours bien. Le film hésite bien trop, nous laissant sans cesse le doute avec plein de plans où Rebecca Hall semble émerger du sommeil, comme si tout n’était qu’un mauvais rêve. Un topos encore une fois tout sauf inédit. C’est d’autant plus dommage que le film s’embrouille dans ses multiples idées que dans le tas, quelques-unes n’étaient pas mauvaises.

On aurait par exemple apprécié que l’idée des labyrinthes gallois (« caerdroia« ) soit davantage exploitée que lors du délire final où la maison semble évoluer. On s’attendait à découvrir tout un sous-sol complexe mais le concept reste effleuré. Le film aurait aussi pu se centrer sur l’idée qu’on ne connaît jamais vraiment quelqu’un et que le personnage de Rebecca Hall découvre post-mortem la vraie nature de son époux. Mais la fin, en dépit de l’exploitation de cette piste, revient à une facilité de scénario. Il reste quelques jolis plans, particulièrement dans la « communication » entre Beth et le défunt, mais les liens interpersonnels sont globalement sous-exploités, et ne parlons pas des personnages secondaires anecdotiques tels que ceux de Stacy Martin et de Vondie Curtis-Hall, qui apparaissent à l’écran pour bien peu de choses. Bref, rien de bien neuf ni dans le fond ni dans la forme.

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