« Les Amours d’Anaïs », légère et cœur têtu

Anaïs doit finir sa thèse mais se laisse emporter dans ses histoires amoureuses. Elle quitte Raoul pour Daniel, un homme plus vieux rencontre chez des ami(e)s. Mais celui-ci est marié avec Émilie…

On avait adoré Pauline asservie, l’un des courts les plus brillants de ces dernières années. La cinéaste Charline Bourgeois-Taquet était donc très attendue avec son premier long Les Amours d’Anaïs, pour lequel elle retrouve Anaïs Demoustier dans le rôle-titre. Le personnage d’Anaïs a quelques similitudes avec celui de Pauline : une thèse de littérature en cours qu’elle néglige au profit de ses histoires d’amour et une propension à s’attacher à des personnes qui ne sont pas libres.

Le temps d’un été, qui permet une photo lumineuse à l’instar de sa protagoniste, et des paysages de randonnée et de plage savoureux, le scénario nous offre les atermoiements d’Anaïs entre Raoul, dont elle est tombée enceinte et veut avorter (Christophe Montenez, qu’on a plaisir à retrouver cette année dans ce film et Amants après son apparition dans Le Discours), Daniel qui a l’âge de son père (Denis Podalydès) et l’épouse de celui-ci, Émilie (Valéria Bruni-Tedeschi).

Le tempérament folâtre d’Anaïs nous offre quelques bonnes scènes de comédie, avec un certain sens du rythme et du dialogue, et les mines de Denis Podalydès font merveille. Mais l’ensemble souffre, comme pas mal de longs s’appuyant sur un court précédent, de quelques longueurs. Il faut dire aussi que le métrage semble sans cesse hésiter entre la vraie comédie et la comédie romantique, ou plutôt la chronique romantique. Et l’hybridation ne prend pas vraiment.

Sur le fond, on aurait pu envisager l’idée du trouple comme dans un À trois on y va, mais la réalisatrice s’en tient à un léger vaudeville sur les secrets d’un couple et une partie plus douloureuse autour de la mère qui reste de l’ordre de l’anecdote (dommage, car la trop rare Anne Canovas aurait mérité davantage de développement à l’écran). La critique de l’addiction aux SMS a disparu, de même que les grandes théories inquiètes. Anaïs se juge « trop légère » et cette légèreté est à la fois ce qui donne au film un ton plaisant et une absence de pesanteur et ce qui l’empêche d’être autre chose qu’un moment agréable et pétillant vite oublié.

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