« Blue Bayou », déménagement sans ménagements

Antonio LeBlanc va bientôt être papa, et tente d’approfondir son lien avec la fille aînée de sa compagne. Mais au supermarché, il est pris à parti par le père de la petite fille et son collègue policier, qui l’interpelle et demande son expulsion…

Justin Chon repasse derrière la caméra pour un sujet qui lui tient à cœur, autour d’un travers de la loi américaine envers les enfants adoptés avant 2000. Ayant lui-même beaucoup côtoyé des enfants adoptés dans son enfance, le cinéaste percevait la différence de vécu avec lui-même, né en Amérique. Ici, il vise à dénoncer l’expulsion d’enfants adoptés vers des pays avec lesquels ils n’ont plus aucun lien, sous la pression de la police de l’immigration américaine.

Dans le film, le personnage d’Antonio a la malchance d’apparaître comme un obstacle pour Ace, l’ex de sa compagne, qui souhaite voir davantage leur fille Jessie. Le collègue d’Ace s’en mêle et décide unilatéralement de tout faire pour qu’Antonio soit expulsé. Commence alors un parcours du combattant pour la famille qui ne souhaite pas être séparée. L’avocat présente les options, très minces, qui s’offrent à eux.

Il faut dire que le scénario a particulièrement chargé le destin d’Antonio, qui a subi de nombreux drames que l’on découvre progressivement au fil du récit, en même temps que sa compagne, ce qui cause des crises qui ébranlent le couple. La souffrance originelle, qui implique la mère biologique d’Antonio, fait l’objet de nombreux flashbacks, d’abord assez énigmatiques puis de plus en plus cohérents, mais dont la répétition finit par lasser. L’intrigue aurait gagné à se concentrer sur son sujet premier, sans ajouter des péripéties, qui certes peuvent exister, mais constituent un peu beaucoup pour un seul homme.

On peut saluer cependant l’arc narratif autour de Parker (Linh-Dan Pham), qui va permettre à Antonio de réfléchir aux options possibles sous un nouvel angle, et lui faire découvrir une autre culture. La scène de la fête chez Parker constitue l’épiphanie du métrage, lors de laquelle Alicia Vikander chante merveilleusement le morceau qui donne son titre au film.

En dépit de belles choses, et d’un fond appelant la révolte, le film souffre de son image en pellicule 16 mm qui lui donne une qualité vraiment insuffisante pour ses scènes oniriques et de longueurs visant à arracher des larmes, sur un sujet qui n’avait pas besoin d’insistance pour cela.

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