« I Wanna Hold your Hand », les groupies en folie

Trois copines de Maplewood recrutent des compagnons de voyage pour aller à New York dans l’espoir d’y voir les Beatles, qui viennent exceptionnellement se produire aux États-Unis…

Movie Challenge 2021 : un film qui se déroule dans un hôtel

Repéré après un court-métrage d’études, Robert Zemeckis se retrouve en capacité de réaliser deux films dont Steven Spielberg est producteur exécutif. Le premier sera I Wanna Hold your Hand (titré Crazy Day en France de façon un peu générique), l’histoire d’adolescentes qui rêvent de rencontrer les Beatles, leurs idoles. La Beatlemania a marqué la décennie précédente, et inspire au duo Zemeckis-Gale l’écriture un road movie vitaminé à la suite de personnages exubérants et passionnés.

Le trio initial composé de Grace (Theresa Saldana), Rosie (Wendie Jo Sperber) et Pam (Nancy Allen, qu’on retrouve ici entre deux films de De Palma) permet de mettre en lumière plusieurs facettes du phénomène des « groupies », ces fans extrêmes prêtes à tout pour approcher leurs idoles. Grace souhaite réussir à les photographier afin d’utiliser les clichés pour percer professionnellement, elle est donc quelque part celle dont l’objectif est le plus rationnel, ayant bien compris que l’engouement autour des vedettes peut générer du profit. Rosie incarne la version écervelée et romantique qui pense se marier avec Paul McCartney, jure qu’elle n’aimera jamais que lui au monde et vendrait un rein pour pouvoir l’approcher. C’est le personnage qui apporte la majorité des éléments comiques avec ses mimiques et le running gag du jeu radiophonique auquel elle tente de participer à chaque occasion. Pam paraît d’abord moins engagée et plus suiveuse, car elle a d’autres projets personnels : elle s’apprête à épouser son petit ami. Mais le voyage à New York va révéler chez elle une fibre rêveuse et aventurière qui la fait revoir ses plans de vie.

Les trois filles sont accompagnées par Janis (Susan Kendall Newman) et Tony (Bobby Di Cicco), qui représentent la tendance adverse : respectivement amatrice/teur de folk et de rock, la musique des Beatles leur déplaît fortement et ils ne manquent pas une occasion de conspuer l’exaltation des jeunes filles pour ce groupe. Se retrouve aussi embarqué dans l’aventure le timide Larry (Marc McClure), pour la seule raison que son père, entrepreneur en pompes funèbres, possède une limousine jugée nécessaire à la réussite du plan.

À partir de là, Zemeckis s’amuse (et nous avec) en accumulant les péripéties. La jeune troupe arrive à l’hôtel où sont logés les Beatles, et tous les stratagèmes sont bons pour parvenir à les approcher, voire, but ultime, entrer dans leur chambre, évidemment dûment gardée. L’inventivité du cinéaste s’incarne dans les plans farfelus de ses personnages, incluant tous les ingrédients possibles : ascenseurs, cage d’escalier, chariot des repas, chambres vides, jusqu’aux draps et à la moquette qui deviennent des éléments de l’intrigue. Le dynamisme visuel est redoublé par la bande-son, évidemment composée de tubes des Beatles, auxquels s’ajoutent les hurlements de la foule hystérique dès qu’on s’approche des lieux où ils sont censés passer. Sous couvert d’amusement, le film révèle aussi l’absurdité des comportements des fans, qui perdent tout sens de la raison et de la mesure, mais aussi des détracteurs les plus véhéments à l’instar de Tony, frappé par la foudre dans une scène qui prépare l’utilisation de l’élément électrique dans Retour vers le futur. Une voiture, des jeunes exaltés, la foudre, un projet un peu fou et des émotions adolescentes, on voit bien en germe dans ce premier long au thème original et bien traité tout ce qui fera plus tard l’immense succès du réalisateur, même si sa créativité est ici plus limitée dans ses moyens que dans la suite de sa filmographie, faisant du film une comédie sympathique et déjantée plus qu’une œuvre majeure.

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3 commentaires sur “« I Wanna Hold your Hand », les groupies en folie

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  1. Vu sur tes conseils et très sympa avec des éléments qui préfigurent Retour vers le futur… mais aussi des films de John Hughes comme Breakfast Club. Merci pour l’article & la reco !

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