« La famille Addams », nous n’avons pas les mêmes valeurs

Gomez Addams, son épouse Morticia et leurs enfants voient revenir au foyer Fester, le frère de Gomez disparu depuis 25 ans. Mais est-il vraiment celui qu’il prétend ? Ne va-t-il pas troubler la quiétude du foyer ?

En 1991, la famille morbide qui a déjà rencontré le succès en dessins puis en série télévisée depuis les années 60 est portée sur le grand écran par Barry Sonnenfeld, dont c’est le premier long en tant que réalisateur. Si Tim Burton avait été pressenti, son goût du gothique pouvant s’accommoder de cet univers morbide à souhait, c’est finalement l’ancien directeur de la photographie qui hérite du projet.

La demeure des Addams (réellement construite pour un budget de 100 000 $), a de l’allure, tant de l’extérieur, avec son jardin-cimetière dont les mausolées rappellent les grands méfaits commis par les glorieux ancêtres Addams, que de l’intérieur, avec des salles sombres et majestueuses, un escalier monumental finement utilisé dans le deuxième volet, Les Valeurs de la Famille Addams, qui fait suite en 1993 au succès du premier opus. On aime en particulier les passages secrets et la Voûte, avec son lac souterrain sur lequel on peut circuler en gondole, ainsi que les vide-ordures qui « recrachent » les personnages à l’extérieur s’ils tentent de s’approcher des richesses de Gomez.

La famille elle-même est incarné par un casting de choix, fidèle aux apparences de la série : Raúl Julia avec un look de mafieux, Anjelica Huston en icône gothique sensuelle, Christina Ricci qui crève l’écran en Mercredi, petite psychopathe en puissance mais dont l’intelligence vient à plusieurs reprises sauver ses proches de la catastrophe. Et puis l’Oncle Fester/Fétide, le toujours excellent Christopher Lloyd, dont les cernes violettes, les dents pourries et les mimiques composent un affreux jojo idiot absolument réjouissant.

Le deuxième opus s’offre une invitée de choix en la personne de Joan Cusack, qui incarne la nouvelle nounou des enfants. Veuve noire délirante cachant sous une robe pastel et des boucles blondes un cœur aussi noir que celui de ses employeurs, elle vole la vedette au reste de la distribution, pour notre plus grand plaisir.

Si le premier film avait quelques atouts qu’on ne retrouve pas dans sa suite, notamment du côté de la découverte des « personnages » (le majordome, la Chose, le cousin It…) et des objets magiques de la maison (on adore le fonctionnement des livres), et un vrai morceau de bravoure avec la danse de la mamuschka, la suite s’enrichit de nouveaux thèmes tels que la jalousie entre frères et sœurs se transmettant à chaque génération, le désir d’amour de l’oncle Fester, mais aussi la confrontation des enfants Addams, rapidement vus en compagnie de leurs camarades lors de la pièce de théâtre du premier film, avec un groupe de jeunes héritiers/ères en camp de vacances. On apprécie d’autant mieux la revanche de Mercredi qu’on y décèle des thématiques sociales et politiques (le traitement de l’histoire des États-Unis par les descendants des Pilgrims Fathers, le mépris des classes aisées pour les plus populaires, l’entre-soi de la jeunesse dorée…) qui apportent du fond au divertissement.

9 commentaires sur “« La famille Addams », nous n’avons pas les mêmes valeurs

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    1. Je découvre tellement de films que j’aurais pu voir enfant ces derniers temps ! Un vrai bonheur, je ne peux que te conseiller cette expérience si tu as un moment !

      1. J’ai toujours un peu peur avec ce genre de films – qu’on aurait pu voir enfant, mais finalement non – d’être déçue à cause d’un vieillissement du film ou d’un sens critique un peu plus fort maintenant. Du genre Gremlins ou L’histoire sans fin (que je n’ai même jamais réussi à voir en entier).

        1. Ah c’est rigolo que tu parles de Gremlins, je viens de le voir ! Il y en a qui ont plus mal vieilli que d’autres en effet. J’ai beaucoup aimé surtout les Retour vers le futur, et hier soir Small Soldiers m’a scotchée, je trouve ça visuellement très beau alors que ça a plus de 20 ans !

          1. Coïncidence amusante ! ^^
            Je ne connais pas du tout Small Soldiers (même le nom ne me dit rien), mais j’ai aussi découvert les Retour vers le futur sur le tard et je les apprécie aussi (moins le second : la représentation du futur a très mal vieillie, je trouve ^^).

            1. Je te le recommande vivement, Small Soldiers, mais je vais en parler plus précisément sur le blog la semaine prochaine ! Je suis assez d’accord, je préfère le 1e, j’adore Lorraine, elle me fait trop rire !

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