Festival international du film fantastique de Gérardmer – Aya et la sorcière

Manigance est abandonnée par sa sorcière de mère devant un orphelinat. Rebaptisée Aya, la petite fille mène son monde, jusqu’à son adoption par un couple haut en couleurs qui veut l’utiliser comme « petite main » dans un labo de sorcellerie…

La première proposition 3D des studios Ghibli a fait couler beaucoup d’encre avant même d’avoir été vue, d’aucun(e)s reprochant à Goro Miyazaki le choix de cette technique qui diffère des films habituels du studio, dont ceux de son père Hayao, derrière l’idée de cette nouvelle adaptation d’un roman jeunesse de Diana Wynne Jones (également autrice du Château de Hurle qui a donné lieu au Château ambulant), mais aussi bien de ses propres œuvres précédentes (Les contes de Terremer et La colline aux coquelicots).

Dès le générique, on comprend qu’on est dans le cadre d’une œuvre résolument dynamique, avec une bande-son pêchue et un festival de couleurs. De fait, pas le temps de s’ennuyer devant ce film de 82 minutes, qui nous embarque à la suite de sa petite héroïne très décidée. Tout de même, il faut pour entrer dans l’intrigue accepter de dépasser les défauts de ces fameux graphismes 3D. Si les décors britishs sont plutôt très jolis, avec de beaux nuages roses dans les cieux, des bâtiments pleins de charme et une végétation réaliste, les personnages ont des visages bizarres, qui s’animent de grimaces façon émoji manga, des cheveux qui ressemblent à des ressorts ou du plastique, bref, on est très loin des tendances à la texturisation des Disney/Pixar, mais aussi très loin de ce que Ghibli a pu proposer jusque-là. Cependant, si c’est objectivement assez moche, l’ensemble réussit à charmer par le côté mignon de l’histoire.

Pas d’antagoniste clairement déclaré dans cette intrigue centrée sur la vie quotidienne de la petite Aya, d’abord au sein de l’orphelinat où elle grandit puis chez Bella Yaga et Mandrake qui l’ont adoptée. Aya a un sacré caractère, ne se laisse jamais abattre et est certaine de toujours finir par réussir à manipuler son monde. Ce n’est clairement pas une gentille petite fille modèle, mais c’est agréable de voir une héroïne qui ne s’en laisse pas compter, trouve des solutions par elle-même… en pouvant tout de même compter sur son allié le chat Thomas (un genre de Jiji aux yeux verts).

Le vrai regret vient de la fin abrupte du film, qui laisse penser à un pilote de série animée dont on attendrait la suite. Il semble assez peu imaginable de s’en tenir à cette chute qui laisse en suspens tant d’aspects qui auraient pu amener des développements. Car justement l’univers installé a de quoi proposer moult idées, par la pluralité de ses personnages, leurs backgrounds mystérieux, et les multiples thématiques qui traversent l’histoire. On aime particulièrement l’aspect créatif et artistique très présent chez les personnages : les romans de Mandrake, le groupe Earwig (les scènes musicales sont vraiment chouettes, on en redemande !), les dessins d’Aya…

Une entrée en matière sympathique, sans être esthétiquement à la hauteur, mais qui se suit tout de même avec plaisir, et appellerait une suite sous une forme ou une autre.

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